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Coustou

Coustou (François), sculpteur sur bois, vivant à Lyon dans le milieu du XVIIe siècle, mort à Lyon vers 1690. Il épousa Claudine Coysevox, soeur du sculpteur Antoine Coysevox, dont il eut quatre enfants : Nicolas et Guillaume Coustou, les célèbres sculpteurs; Élisabeth Coustou, qui épousa le sculpteur Guillaume Hulot, et Eléonore Coustou, qui épousa le sculpteur François-Alexis Francin.
Coustou (Nicolas), sculpteur, fils aîné du précédent, né à Lyon le 9 janvier 1658, mort à Paris le 1er mai 1733, A l'âge de dix-huit ans, il vint à Paris étudier la sculpture, auprès de son oncle Antoine Coysevox. En 1682, il remporta le premier grand prix, sur un bas-relief représentant Caïn bâtissant la ville d'Hénoch, et reçut une médaille d'or de 200 livres. Puis au mois d'avril 1683, il partit pour Rome, où il séjourna pendant trois années; il y fit une copie en marbre de la statue de l'Empereur Commode en Hercule, qu'on plaça dans le parc de Versailles. A son retour en France, il resta quelques mois à Lyon; il les employa à sculpter des figures décoratives pour des particuliers. 

Au mois de février 1688, Nicolas Coustou fut reçu, comme agréé, à l'Académie royale de peinture et de sculpture; en 1692, il commença à travailler pour l'église des Invalides, sculptant des groupes de Prophètes, dans la chapelle Saint-Jérôme, une figure d'Ange tutélaire sous une tribune de la nef, ainsi que plusieurs figures destinées à décorer l'extérieur du monument. Le 29 août 1693, Nicolas Coustou fut reçu académicien; son morceau de réception était un bas-relief allégorique, au sujet du Rétablissement de la santé du roi (actuellement au Louvre). En 1695, il sculpta, pour le tombeau du maréchal de Créqui, placé dans l'église des Jacobins, à Paris, une figure en marbre de la Valeur et un bas-relief en bronze représentant une bataille; en 1696, les religieuses de Moulins lui commandèrent deux statues en pierre, Saint Joseph et Saint Augustin

En 1700, il travaillait, au château de Marly, à des motifs de décoration intérieure; en 1701, il terminait une statue que Girardon avait laissé inachevée, la statue de Saint Louis pour les Invalides. De 1701 à 1710, Nicolas Coustou fit, pour le parc de Marly, le groupe en marbre de la Seine et la Marne, une statue de César, un Chasseur au repos, deux figures de Nymphes, deux groupes placés de chaque côté du grand escalier, représentant la Chasse au cerf et la Chasse au sanglier, deux groupes de Tritons pour la cascade et la pièce d'eau des Vents, des Sphinx et des Enfants exécutés en plomb doré, les groupes de Diane et Endymion, de Mercure et Argus, des groupes de Bergers et Bergères, fondus en plomb; la statue en marbre d'Apollon poursuivant Daphné. En récompense de si grands et si beaux travaux, le roi lui accorda une pension de 2000 livres. 

Le duc d'Antin ayant chargé Nicolas Coustou et son frère Guillaume de l'exécution du Voeu de Louis XIII, pour Notre-Dame de Paris, Nicolas entreprit le groupe principal de la Vierge soutenant le corps du Christ; cet important ouvrage ne fut terminé qu'en 1725. En 1713, il sculpta, pour Mgr de Noailles, une statue en marbre de Saint Denis; en 1714, il fit la statue en marbre du Maréchal de Villars vêtu à la romaine; en 1715, il exécuta une figure de Minerve soutenant le médaillon du prince de Conty; ce groupe en marbre ornait le tombeau du prince, placé dans le choeur de Saint-André des Arts, à Paris. En 1720, le duc d'Antin fit accorder à cet artiste la pension de 4000 livres que Louis XIV avait donnée à Coysevox. Vers la même époque, Nicolas Coustou orna, de deux groupes en bronze, la place Bellecour à Lyon, l'un représentant la Saône assise sur un lion, l'autre un Trophée avec Minerve, ce dernier placé contre le piédestal de la statue équestre de Louis XIV. En 1731, il termina la statue en pied (en marbre) de Louis XV, placée d'abord à Petit-Bourg, puis dans le parc de Versailles (aujourd'hui au Louvre). 

On doit encore à ce grand sculpteur : une statue en marbre du Cardinal de Janson pour la cathédrale de Beauvais; un crucifix en marbre; les bustes en marbre de Colbert, de Bignon, de d'Argenson, garde des sceaux, une Flore et un Bacchus pour un parc à Saint-Maur. Quand il mourut, il laissait à l'état d'ébauche un grand bas-relief du Passage du Rhin. Nicolas Coustou a été successivement adjoint à professeur à l'Académie en 1695; professeur en 1702, adjoint à recteur, en 1715; recteur en 1720, chancelier en 1733. Il n'a exposé qu'au Salon de 1704 un Christ en bronze. On a transporté de Marly aux Tuileries la Seine et la Marne, Apollon poursuivant Daphné et le Chasseur au repos; au Louvre se trouve la statue de César. (Maurice Du Seigneur).

Coustou (Guillaume). - Sculpteur, frère cadet du précédent, né à Lyon le 25 avril 1677, mort à Paris le 22 février 1746. Élève de Coysevox, il obtint le second prix au concours pour Rome, en 1696, et le premier prix en 1697, sur un bas-relief représentant un Épisode de l'histoire de Joseph en Égypte. Il éprouva, en arrivant à Rome, quelques tracasseries qui l'empêchèrent de jouir de la pension royale; il allait, découragé, s'embarquer pour Constantinople, lorsque son ami le sculpteur Frémin vint à son secours et le détourna de son projet. Il entra alors chez le sculpteur Le Gros, auquel Frémin l'avait présenté, et travailla sous sa conduite à l'exécution du bas-relief de Saint Louis de Gonzague, placé dans l'église Saint-Ignace. En 1704, le 25 novembre, il fut reçu académicien; son morceau de réception représentait Hercule sur son bûcher (marbre, actuellement au musée du Louvre) : il fut nommé adjoint à professeur le 3 juillet 1706, professeur le 28 décembre 1715, adjoint à recteur le 26 octobre 1726, recteur le 10 janvier 1733, directeur du 3 février 1735 au 5 juillet 1738. 

En 1712, Guillaume Coustou sculpta, pour Marly, les statues d'Hippomène et de Daphné (aujourd'hui aux Tuileries); en 1730, il orna de trophées et d'enfants en bronze le piédestal de la statue de Louis XIV, place Vendôme; en 1731, il fit les sculptures d'ornement de la pyramide du pont de Blois et la statue en marbre de Marie Leczinscka (aujourd'hui au Louvre). En 1738, Guillaume Coustou décora le tapis vert de Marly d'un groupe en marbre représentant la Jonction des deux mers, groupe de 18 pieds de large sur 16 pieds de haut. Il exécuta pour la chapelle de Versailles : une statue de Saint Augustin; un groupe d'Anges; un autre groupe, la Foi et la Religion; les bas-reliefs de la Visitation, de Jésus chez les docteurs, du Christ mort sur les genoux de la Vierge; il termina aussi pour ce palais le bas-relief ovale, commencé par son frère Nicolas Coustou, représentant Louis XIV à cheval; et sculpta, pour le parc, une statue de Bacchus

On voyait de cet artiste, dans l'église du noviciat des jésuites à Paris, rue du Pot-de-Fer, les figures en marbre de Saint Ignace et de Saint Xavier; sur l'entablement de l'ancien Palais-Bourbon, un groupe important représentant le Char du soleil. Au grand porche de l'hôtel royal des Invalides, il fit toutes les sculptures, les figures en pierre de Mars et de Minerve placées de chaque côté de l'entrée; le masque d'Hercule ornant la clef de voûte, et enfin l'important bas-relief représentant Louis XIV à cheval, accompagné des figures de la Justice et de la Prudence. Le Louis XIV à cheval fut détruit pendant la Révolution, en 1793, mais il a été refait à peu près identiquement au modèle de Coustou, par Pierre Cartellier en 1815. Dans l'oeuvre du Voeu de Louis XIII, pour Notre-Dame de Paris, la statue du roi Louis XIII est de Guillaume Coustou. Il faut rappeler aussi le bas-relief qu'il exécuta pour la grand-chambre du Parlement et les figures décoratives dont il orna l'ancien château d'eau de la place du Palais-Royal.

Les oeuvres les plus importantes de Guillaume Coustou, celles qui ont consacré son nom, sont les deux fameux groupes en marbre des Chevaux de Marly exécutés pour remplacer, de chaque côté de l'abreuvoir de Marly, le Mercure et la Renommée de Coysevox. Le 25 fructidor an III (11 septembre 1795), ces deux groupes furent transportés de Marly à Paris en cinq heures, et placés, à l'entrée des Champs-Elysées sur les piédestaux élevés par l'architecte Delannoy. Le portrait de Guillaume Coustou a été peint par Jean-François Delyen vers 1724, et gravé par Larmessin en 1730. (Maurice Du Seigneur).

Coustou (Guillaume), le fils, sculpteur, fils du précédent, né à Paris le 20 mars 1716 , mort à Paris le 13 juillet 1777. Il remporta le premier prix de Rome en 1735, sur un bas-relief représentant Rebecca et Eliézer. Il fut reçu académicien le 28 juillet 1742; son morceau de réception, représentant Vulcain, est aujourd'hui au Louvre. En 1743, il eut le titre d'adjoint à professeur; en 1746, celui de professeur; adjoint à recteur en 1765, il devint recteur en 1770 et trésorier de l'Académie en 1774; il était, de plus, conservateur des sculptures du Louvre depuis 1764. En 1743, Coustou sculpta, pour le maître-autel de l'église des jésuites de Bordeaux, un groupe en marbre, représentant l'Apothéose de saint François Xavier. Au Salon de 1745, il exposa un groupe en terre cuite : le Dieu Pan enseignant à Apollon à jouer de la flûte; à celui de 1750, un bas-relief destiné au château de Bellevue, Galathée sur les eaux; dans le livret du Salon de 1769, une note indique qu'on pouvait voir, dans l'après-midi, à l'atelier de Coustou, le modèle du tombeau de feu Mgr le Dauphin et de feue Mme la Dauphine, exécuté pour le choeur de la cathédrale de Sens. Nous citerons encore, de cet artiste, une statue d'Apollon pour le château de Bellevue; les statues de Mars et Vénus exécutées pour le roi de Prusse; la statue de Louis XV, pour le château de Ménars; le bas-relief de la Visitation à l'autel de la Vierge dans la chapelle de Versailles; la statue de Saint Roch dans l'église de ce nom à Paris; le premier fronton de l'église Sainte-Geneviève (devenue par la suite le Panthéon) représentant une croix rayonnante adorée par des chérubins; deux des frontons des grands hôtels de la place Louis XV (place de la Concorde). Le portrait de cet artiste, peint en 1758 par F.-H. Drouais le fils, est conservé à l'École des beaux-arts de Paris. (M. d. S.).
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Dictionnaire biographique
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