|
|
|
|
Les
textes
|
|
| Encyclopédie.
- On appelle encyclopédie un ouvrage embrassant l'ensemble des connaissances
humaines; ces enseignements sont distribués sous une forme méthodique,
de manière à faire ressortir la cohésion intime des
diverses sciences et des divers arts et à
les ordonner selon des cadres rationnels. Une
encyclopédie est donc plus et mieux qu'un dictionnaire Le mot d'encyclopédie ne fut appliqué
à ces traités universels qu'à partir de la seconde
moitié du XVIe siècle; cependant
le mot et la chose remontent à l'Antiquité. Ce que les anciens
appelaient encyclopédie (Egkyklios paideia), c'était
l'ensemble des connaissances générales que tout humain instruit
devait posséder avant d'aborder la vie pratique ou de se consacrer
à une étude spéciale. On y comprenait la grammaire,
la musique Au Moyen âge An temps de la Renaissance L'Encyclopédie
de Diderot et d'Alembert
L'Encyclopédie
fut un instrument de guerre, en même temps qu'une oeuvre de science.
Tous les novateurs, les libres penseurs qui voulaient modifier la société
au point de vue religieux et politique s'y rencontrèrent pour élaborer
les principes nouveaux et détruire les croyances du passé.
Bornée d'abord à dix volumes, l'Encyclopédie
élargit son cadre; elle ne fut achevée qu'après une
série de tribulations. En 1749, Diderot
est enfermé à Vincennes L'Encyclopédie
méthodique.
Agriculture, par l'abbé Tessier, Thouin, Fougeroux de Bondaroy, Bosc et Baudrillard (1787-1821, 7 vol. in-4). - Anatomique (système), par Vicq d'Azyr et Cloquet (Termes d'anatomie et de physiologie. Quadrupèdes,mammifères et oiseaux, reptiles, mollusques, poissons, etc.) (1792-1830, 4 vol. in-4 et 1 vol. de pl., 1825). - Animaux (histoire naturelle des), par Daubenton, Mauduit, Latreille, Godard, Lamarck, Bory de Saint-Vincent, Bonnaterre, etc. (1782-1832, 14 vol. in-4 et 16 t. en 14 vol. de pl.). - Antiquités, mythologie, diplomatique et chronologie, par Mongez (1786-an II, 5 vol. in-4 et 1 vol. de pl.).- Aratoire (art) et jardinage, par Jacques Lacombe (an V, in-4, et 1 vol. de pl., 1802). - Arbres et arbustes. - Architecture, par Quatremère de Quincy (1788-1825, 3 vol. in-4). - Art militaire, par Kéralio (1784-1797 et 1 vol. de pl.). Le 4e vol. renferme un Supplémentt par Lacuée de Cessac et Joseph Servan. - Artillerie, par la colonel H. Cotty (1822, in-4). - Arts et métiers mécaniques (1782-1794, 8 vol. in-4 et 8 t. en 6 vol. de pl.). - Assemblée nationale constituante, par Peuchet (t. II, seul paru, 1792, in-4). - Atlas encyclopédique contenant la géographie ancienne et la géographie moderne, par Bonne et Desmarets (17871788, 2 vol. in-4). - Beaux-Arts, par Watelet et Lévesque (1788-1791, 2 vol. in-4 et un vol. de pl.). - Blason et Chronologie (1787-1804, 6 vol. in-4 et 1 vol. de pl.). - Botanique, par Lamarck et Poiret (17831823, 11 vol. in-4 et 4 vol. de pl.). - Chasses et Pêches (dictionnaire de toutes les espèces de) (an III, in-4 et 1 vol. de pl.). - Chimie, pharmacie et métallurgie, par Guyton-Morveau, Maret, Duhamel, Fourcroy, Chaussier, Vauquelin (1786-1815, 6 vol. in-4 et 1 vol. de pl.). - Chirurgie, par La Roche et Petit-Radel (1790-1792, 2 vol. in-4 et 1 vol. de pl.). - Economie politique et diplomatique, par Démeunier (1784-1788, 4 vol. in-4) Encyclopaediana ou Dictionnaire encyclopédique des Ana (1791, in-4). - Equitation, escrime, danse et art de nager (1786, in-4). - Finances, par Rousselot de Surgy (1784-1787, 3 vol. in 4). - Forêts et bois, arbres et arbustes, par L.-M. Blanquart de Septfontaines et Jean Senebier (Physiologie végétale) (1791-1815, t. Ier). - Géographie ancienne, par Mentelle (17871792, 3 vol. in-4 et p1. dans l'Atlas de Bonne et Desmarest). - Géographie moderne, par Robert et Masson de Morvilliers (1782-1788, 3 vol. in-4 et pl, dans l'Atlas de Bonne et Desmarest). - Géographie et physique, par N. Desmarest, Bory de Saint-Vincent, Doin, Ferry et Huot (an III-1828, 5 vol. in-4 et un atlas). - Grammaire et littérature, par Marmontel (1782-1786, 3 vol. in-4). - Jeux mathématiques (et jeux de société), par Jacques Lacombe (an VII, in-4). - Jurisprudence, par Lerasle et Peuchet (1782-1791, 10 vol. in-4). - Logique, métaphysique et morale, par Lacretelle (17861791, 4 vol. - Manufactures, arts et métiers, par Roland de La Platière, Doin et Pontet (1785-1828, 4 vol. in-4 et 2 vol. de pl.).- Marine, par Vial de Clairbois (1793, 4 vol. in-4 et 175 pl.). - Mathématiques, par d'Alembert, l'abbé Bossut, Lalande, Condorcet, Charles, etc. (1784-1789, 3 vol. in-4). - Musique, par Framery, Ginguené et de Momigny (1791-1818, 2 vol. in-4). - Pêches. - Philosophie ancienne et moderne, par Naigeon (1794-an II, 3 vol. in-4). - Physique, par Monge, Cassini, Bertholon, Hassenfrantz (1793-1822, 4 vol. in-4 et 1 vol. de pl. en deux parties). - Théologie, par l'abbé Bergier (1780-1790, 3 vol. in-4).Les Encyclopédies aux XVIIIe et au XIXe siècle. L'oeuvre des encyclopédistes français du XVIIIe siècle L'ordre alphabétique, mis à
la mode par l'Encyclopédie de Diderot avait été
employé déjà par les lexicographes byzantins En Allemagne, Koester et Roos commencèrent une Deutsche Encyklopaedie (Francfort, 1778-1804. t. I à XXIII) qui demeura inachevée; Ersch et Gruber en entreprirent une autre à Leipzig, en 1818 l'Allgemeine Encyklopaedie der Wissenschaften und Künste, divisée en trois sections, à laquelle participeront Brockhaus et Leskien (en 1886, il en avait déjà paru 162 volumes). Sur un plan différent, conservant l'ordre méthodique, Snell, moins ambitieux, avait été plus heureux, et il put mener à bien son Encyklopaedie soemmtlicher Kenntnisse oder Schulwissenschaften (Giessen, 1805-1815, 19 vol.). Mais, dès ce moment, un plan un peu différent et un titre nouveau avaient été adoptés en Allemagne. Loebel publia un Konversations-Lexikon (1796) dont Brockhaus fit l'acquisition en 1808. La treizième édition publiée en 1882 en atteste le succès persistant; il est d'ailleurs très mérité par le soin apporté à la rédaction et l'abondance des renseignements. A titre de complément, le même libraire a publié Bilder-Atlas (Leipzig, 1868-1874. 2e éd., 8 vol.) et une revue intitulée Die Gegenwart (1848-1856), puis Unsere Zeit (1857 et suiv.). Un résumé en deux volumes du Konversations-Lexikon de Brockhaus s'est aussi beaucoup vendu (4e éd., 1885). La concurrence suscita des dictionnaires encyclopédiques analogues à celui de Brockhaus. Pierer publia Universal-Lexikon oder vollstaendiges encyklopaedisches Waerterbuch (Altenburg, 1822-1836, 26 vol.; 14 vol. de supplém. parurent de 1840 à 1856). La sixième édition en a été donnée (Oberhausen, 1873-79, 18 vol.); le dictionnaire de Pierer est complété par des revues annuelles : Jahrbücher der Wissenschaften, Künste und Gewerbe. La librairie juive a oppose au Brockhaus un Konversations-Lexikon au moins aussi bien fait et dont la dernière édition est plutôt supérieure, celui de Meyer (Hildburghausen, 1840-1852, 46 vol., plus 6 vol. supplém.), réédité à Leipzig (18571860, 15 vol.; 4e éd., 1885-87, 16 vol.); il est complété par des suppléments annuels et un abrégé en a été donné (Meyers Handlexikon des allgemeinen Wissens., 2 vol.; 3e éd., 1885). Les grands dictionnaires
de la conversation de Brockhaus et de Meyer étaient des ouvrages
très remarquables et répondant pleinement au but que se proposait
l'acheteur d'avoir sous la main un magasin de renseignements sur toutes
les questions. Ils faisaient une très grande place à la géographie
et à l'histoire contemporaine. Ils étaient relativement courts,
se composant d'une quinzaine de volumes in-8 de 1000 pages sur deux colonnes,
mais, en raison de leur format, très maniables et d'un usage facile.
D'autre part, le côté encyclopédique était un
peu sacrifié; la philosophie générale
y tenait peu de place; les différents groupes de connaissances
sont isolément bien exposés, mais n'étaient guère
reliés les uns aux autres. C'étaient, comme leur titre l'indique,
d'excellents lexiques En Angleterre, l'imitation de Diderot
et d'Alembert a produit un chef-d'oeuvre, la
célèbre Encyclopaedia Britannica publiée à
Edimbourg Aux États-Unis, on publia d'abord : Encyclopaedia Americana (Philadelphie, 2e éd., 1829-1846, 14, vol.) ; l'ouvrage le plus remarqué fut celui d'Appleton, New American Cyclopaedia (New-York, 1858-1863,16 vol.), complété depuis 1861 par des suppléments annuels, d'après le système allemand (Annual Cyclopaedia); on peut encore mentionner la National Encyclopaedia de L. Colange (New-York, 1872 et suiv.), l'Illustrated Universal Cyclopaedia de Johnson (New-York, 1874-78, 4 vol. in-4), l'Encyclopaedia Americana de Stoddart (Philadelphie, 1883 et suiv.), enfin le Deutsch-Amerikanische Konversations-Lexikon de Schem (New-York, 1870-74). En France, il faut arriver au milieu du XIXe siècle pour retrouver des dictionnaires encyclopédiques originaux; ils se rapprochent autant du type de celui de Brockhaus que de celui de Diderot. L'Encyclopédie des gens du monde (Paris, 1833-1845, 22 vol.); l'Encyclopédie du XIXe siècle (Paris, 1836-1859, 75 vol. pet. in-8, rééd. en 1883; l'Encyclopédie moderne de L. Renier (Paris, 1846-1851, 30 vol., plus 12 vol. de supplém., 1856-62) reçurent un accueil assez médiocre; bien supérieur est le Dictionnaire de la conversation et de la lecture (2e éd., 1851-58, 16 vol., plus 5 vol. de supplém., 1864-1882) par la qualité de ses articles. Tous furent éclipsés par le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse (Paris, 1864-1876, 15 vol. et 2 vol. supplém., 1878-1890). Cette énorme compilation dut à son caractère anecdotique et aux facilités qu'elle offrait aux journalistes pour la rédaction de leurs chroniques une vogue très grande. Par la suite, elle sera encore considérée comme un très amusant dictionnaire, mais le manque de plan méthodique et de proportion entre les articles, l'absence presque complète d'esprit critique en rendront très vite l'usage hasardeux; ce n'était, d'ailleurs, en aucune manière, une encyclopédie. On a tenté de compléter le Dictionnaire Larousse et de le tenir au courant par une Revue encyclopédique qui paraîtra à partir de décembre 1890. Les éditions Larousse ont ensuite décliné sous diverses formes, tout au long du XXe siècle, et jusqu'à nos jours, cet ouvrage inaugural. Dans les autres pays
. - En Italie, nous trouvons Nuova Encyclopedia italiana (Turin,
1841-1851, 14 vol.; 6e éd., par
Boccardo, 1875 et suiv., 25 vol.); Dizionario universale di scienze,
lettere ed arti de Lessona et C.-A. Valle (Milan, 1873 et suiv.) et
l'Enciclopedia popolare economica de G. Berri (Milan, 1871 et suiv.).
- En Espagne, l'Enciclopedia moderna de Melledos (Madrid, 18481851,
34 vol.). - Au Portugal La
Grande Encyclopédie.
Ce qui caractérise l'oeuvre, c'est
son impartialité complète; elle veut être l'inventaire
exact et précis des faits connus et des doctrines
acceptées ou discutées à son époque.
Sa publication a commencé en 1885 et elle a été achevée,
en 1896, comprenant alors 31 volumes de 1200 pages, chacune de ces
pages renfermant 146 lignes de 50 signes. (L'édition de 1902, dont
sont repris et adaptés dans des proportions diverses de très
nombres articles de ce site, comprend en outre un atlas Rien n'a été abandonné au hasard; l'oeuvre était dirigée par un comité de douze membres : Marcellin Berthelot pour les sciences physiques et chimiques; Laurent et Laisant pour les sciences mathématiques et leurs applications; le Dr Hahn pour les sciences naturelles et médicales; Camille Dreyfus pour les sciences politiques, l'administration et les finances; Glasson pour le droit; Marion pour la philosophie; Levasseur pour la géographie; Waltz pour l'Antiquité classique;Derenbourg pour la philologie orientale; Giry pour l'histoire de France et d'Europe; Müntz pour les beaux-arts. Avec l'aide de leurs collaborateurs et du secrétariat de la rédaction, les directeurs dressaient d'abord, pour chaque lettre de l'alphabet, la liste des articles qui devraient être traités; ce vocabulaire était imprimé; on savait d'avance quelle devait être la part de chaque lettre dans l'ensemble; on répartissait entre les directions le total des lignes disponibles. Chacun des directeurs procèdait alors à la distribution entre ses collaborateurs des articles à traiter, en indiquant à chacun le nombre de lignes qui lui est assigné et la date de livraison des articles. Ceux-ci étaient visés en manuscrit par le directeur; le secrétariat vérifiait ensuite s'ils ne dépassent pas les limites fixées, s'ils traitaient bien la question sans empiéter sur une spécialité voisine, ni sur un mot déjà traité ou qui devait l'être ultérieurement. Ils étaient alors envoyés à l'imprimerie. Après les corrections d'épreuves, on établissait une mise en pages provisoire qui était soumise à une double révision par chacun des directeurs, de telle sorte qu'ils puissent contrôler non seulement leur spécialité, mais ses rapports avec l'ensemble. Ces contrôles multiples assuraient l'homogénéité de la Grande Encyclopédie; les articles étaient groupés d'après un système de renvois tel que de chacun on puisse se reporter à tous ceux qui traitent d'une question et remonter aisément aux principes généraux et philosophiques de chaque art et de chaque science. La qualité de chacun des articles pris isolément était garantie par le fait que tous ceux de quelque importance étaient signés et que les collaborateurs de la Grande Encyclopédie comptaient parmi les auteurs les plus qualifiés. Outre les directeurs, qui tous ont, contribué largement à la rédaction, quelques-uns par de véritables ouvrages (art. Alchimie de Berthelot, Alpes de Levasseur, Cassation et Dot de Glasson, Commune de Giry, etc.), nous mentionnerons Liard (art. Descartes), Boutroux (art. Aristote), Sarrau (art. Energie), Brunetière (art. Boileau, Bossuet, Corneille, etc.), Oppert (art. Assyrie, Babylone), etc. Chacun des articles était d'ailleurs accompagné d'une notice bibliographique qui permettait de vérifier ses assertions et de trouver tous les renseignements complémentaires. Enfin, à côté de près de 15 000 gravures, l'Encyclopédie contenait plus de 200 cartes formant un atlas presque unique en France à cette époque. Elle réunisait les avantages des dictionnaires spéciaux ou des ouvrages comme le Conversations-Lexikon de Brockhaus à ceux d'une encyclopédie, car elle avait un vocabulaire plus riche qu'aucune autre. La Grande encyclopédie comptait plus de 200 000 articles; un grand développement étant donné à la partie biographique et, par une innovation remarquable, on fit autant de place aux personnalités de l'étranger (surtout occidentales!) qu'aux personnalités nationales; les biographies espagnoles, italiennes, anglaises, russes, scandinaves, étaient plus complètes que dans nul autre dictionnaire de France, ou de l'étranger. Ce qui était remarquable, c'est que le comité de direction avait pu donner cette abondance et cette variété de détails sans rien sacrifier du caractère encyclopédique de l'oeuvre. (MauriceTourneux / A.-M. B.). |
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.