Les gens

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Pline le Naturaliste ou l'Ancien, C. Plinius Secundus, né à Côme ou plutôt à Vérone l'an 23 de J.-C., servit d'abord dans les armées, puis suivit le barreau, cultivant en même temps les lettres, et n'entra que tard dans la carrière des emplois publics. Il fut nommé en 68, à 45 ans, procurateur ou gouverneur en Espagne, et en 74 préfet de la flotte de Misène. Il jouit de l'intime amitié de Vespasien et de Titus. Avide de science, il utilisait ses moindres instants : au bain, à table, en litière, il lisait ou se faisait lire et prenait ou faisait prendre des notes. Lors de l'éruption du Vésuve; en 79, il se hâta d'y courir pour observer ce phénomène; mais, s'étant approché trop près du volcan, il fut asphyxié par la fumée et les vapeurs sulfureuses.

Pline avait écrit une Histoire de Rome (qui continuait celle d'Aufidius Bassus), une Histoire des guerres de Germanie, le Studiosus (l'ami de l'étude), traité en 3 livres destiné à former L'orateur, 8 livres de Dubii sermones, tous ouvrages qui sont perdus; mais nous possédons son Histoire naturelle, en 37 livres. Ce n'est pas seulement, comme le titre le ferait croire, un traité d'histoire naturelle telle que nous l'entendons : c'est une espèce d'encyclopédie : le 1er livre est un tableau général; le IIe traite de l'astronomie, de la météorologie et de la théorie de la Terre; les IIIe IVe, Ve et VIe de la géographie les cinq suivants de la zoologie; les livres XIIe à XXIIe de la botanique et d'une foule de points d'agriculture et d'industrie; les livres XXIIIe à XXVIIe de la matière médicale botanique; les livres XXVIIe à XXXe de la matière médicale zoologique; les livres XXXIIIe à XXXVIIe de la minéralogie, et accessoirement de la métallurgie des monnaies, de la sculpture, de la peinture et de l'art du ciseleur.

En 1831, L. de Jan, professeur à Schweinfurt, a découvert dans un manuscrit de Bamberg un fragment inédit qu'il a donné comme étant la fin du XXXVIIe livre. On sent combien un tel ouvrage doit contenir de faits précieux qui, sans lui, nous seraient restés inconnus; mais aussi il a tous les défauts d'une compilation faite à la hâte : l'auteur fait de fréquents doubles emplois, il se contredit, il ne puise pas toujours aux meilleures sources et manque souvent de critique. Le style en est quelquefois obscur et incorrect, mais il a de la vigueur et de l'originalité; Pline excelle surtout dans la description de la nature : ses tableaux, comme ceux de Buffon ont quelque chose de majestueux. Il est à regretter que trop souvent il professe une philosophie chagrine, accusant également l'humain, la nature et les dieux.



Éditions anciennes - Les meilleures édit. de Pline l'Ancien, après l'éd. princeps, Venise, 1477, sont celles dite Variorum Leyde, 1669, 3 vol. in-8; de Hardouin, 1685 et 1723, 3 vol. in-fol., à peu près reproduite par Théod. Gronovius, Leyde, 1778; de Brotier, Paris, 1779 6 vol, in-12; de Franz, Leipzig, 1788-91, 10 vol. in-8; de M. Alexandre, dans la Bibliothèque latine de Lemaire, 1827-28, 13 vol. in-8; de Sillig, Hambourg et Gotha, 1851-57, 8 v. in-8 (avec le fragment nouveau, tiré d'un ms. de Bamberg). Il a été traduit par Poinsinet de Sivry, 1771-82, 12 v. in-4; par Ajasson de Grandsagne et V. Parisot, 1827-33, 20 vol. in-8 (dans la Bibl. lat.- franc. de Panckoucke), par Littré, 1848, 2 v. gr. in-8. (dans la collect. Nisard). Gueroult a donné des Morceaux choisis de Pline, avec une excellente traduction, 1809, 2 v. in-8. Rezzonico a publié, sous le titre de Disquisitiones plinianæ (Parme, 1762-67), de savantes recherches sur la vie et les ouvrages de Pline.
Pline le Jeune (Caïus Caecilius Plinus Secundus), neveu et fils adoptif du précédent, naquit à Côme l'an 61 ou 69. Disciple de Quintilien, il eut des succès au barreau dès l'âge de 19 ans, s'éleva par son mérite aux premières charges sous l'empire de Trajan, et devint consul l'an 100 de J.-C. C'est pendant son consulat qu'il prononça dans le sénat le panégyrique de son bienfaiteur. Quelque temps après il fut envoyé dans le Pont et dans la Lithynie en qualité de proconsul. Il gouverna ces provinces avec douceur, diminua les impôts, rétablit la justice, et fit régner le bon ordre. II mourut en 115. (Weiss).


Editions anciennes - Les plaidoyers de Pline le jeune ne sont pas venus jusqu'à nous, non plus qu'une histoire de son temps, qu'on doit encore plus regretter. II ne nous reste de lui que ses Lettres et son Panégyrique de Trajan, trad. par Sacy. Cette traduction souvent réimpr. a été retouchée par Pienot dans l'édition de 1828-33, 3 vol. in-8, qui fait partie de la Biblioth. latine de Panckouke. L'édit. Princeps des Lettres de Pline est de Venise, 1471, in-fol.; et la prem. complète, celle des Aldes, 1508, in-8. Nous citerons, parmi les meilleures, celles d'Elzevir, 1640, in-I2; - Variorum, 1669, in-8; Oxford, 1703; Amsterd., 1734; Nuremberg, 1746, in-4.

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