|
|
||
| Arrière-plans | ||
|
|
Aperçu |
Au XVIIe
siècle déjà, l'Espagne avait amorcé
son déclin ( Le règne de Charles
II, entre 1665 et 1700,
avait été peut-être le plus désastreux. De plus,
de ses deux mariages, il n'avait pas eu d'enfant; sa santé faible
faisait dès 1696 prévoir
sa mort prochaine, et les familles d'Autriche et de France se préparaient
à recueillir son héritage, et à façonner ce
qui allait être l'essentiel de l'histoire de l'Espagne au XVIIIe
siècle. La guerre de la succession d'Espagne, 1701-1714,
qui plaça sur le trône un petit-fils de Louis
XIV, Philippe d'Anjou On assistera bien à un relèvement du pays au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle sous le règne de Charles III, assisté de ministres énergiques tels qu'Aranda ou Florida Blanca, que l'on retrouve d'ailleurs encore, avec un autre personnage, Godoy, sous le règne de Charles IV. L'Espagne restait cependant très fragile, et ses alliances extérieures ne firent qu'empirer sa situation. En 1808, Napoléon, profitant des dissensions de la famille royale, plaça sur le trône d'Espagne son frère Joseph. Dates clés :1700 - Philippe V, premier Bourbon à régner en Espagne. |
|
Jalons |
Les
premiers Bourbons
Il y avait eut, du vivant même de Charles II, des manoeuvres ouvertes afin de prendre le contrôle de l'Espagne : la France, l'Autriche, la Bavière, qui par des alliances de famille se reconnaissaient des droits, avaient chacune leurs partisans. Charles II voulut disposer lui-même de son trône; mais un testament qu'il avait fait en faveur du prince de Bavière devint caduc par la mort du bénéficiaire (1699), il défit lui-même un second, et enfin dans ses derniers jours il en fit un troisième en faveur de Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV. Philippe d'Anjou Philippe
V, en 1724, dégoûté
des tracas du pouvoir, abdiqua en faveur de son fils Louis Ier,
mais la mort de celui-ci, huit mois après (1724),
vint l'obliger à reprendre la couronne, au grand contentement de
la reine. L'aventurier Riperda avait remplacé
Alberoni
et repris un peu les plans de celui-ci; à la suite d'une courte
guerre avec l'Angleterre et de longues négociations, la reine obtint
enfin pour son fils don Carlos la succession du duché de Parme (traité
de Vienne, 1732); puis dans la guerre
de la succession de Pologne (1733-1739),
l'intervention de l'Espagne lui permit d'obtenir pour don Carlos Naples
et la Sicile, tandis qu'il repasserait à son frère Ferdinand
le duché de Parme. Le traité de Fontainebleau Le règne de Ferdinand VI, de 1746
à 1759, commencé au milieu
d'une guerre qui agitait toute l'Europe, fut surtout remarquable par les
tendances pacifiques et les efforts pour relever le pays à l'intérieur.
La paix d'Aix-la-Chapelle, en 1748,
confirma les acquisitions des fils d'Élisabeth
Farnèse en Italie, et l'année suivante un traité
particulier fut signé entre l'Angleterre et l'Espagne. Cette puissance,
pour son malheur, ne pouvait rester neutre dans la lutte ardente entre
l'Angleterre et la France, et à la cour pendant dix années,
les partis anglais et français luttèrent pour entraîner
le roi chacun dans leur sens. Les ministres José de Carvajal y Lancaster,
La
Enseñada, Ricardo Wall, se succédèrent tour à
tour, favorisant l'un ou l'autre parti, tandis que le chanteur napolitain
Farinelli,
sûr de l'amitié du roi, combattait tour à tour le parti
prépondérant. La guerre de Sept ans était commencée,
et l'Espagne demeurait neutre, quand Ferdinand VI mourut (1759) A la nouvelle de la mort ce Ferdinand VI, Charles III quitta Naples, où il régnait depuis douze ans déjà, laissa cette couronne à son second fils Ferdinand, et partit avec son fils aîné pour prendre possession du trône d'Espagne. L'ambitieuse Élisabeth Farnèse put avant de mourir voir l'élévation inespérée de ses enfants. Charles III était déjà d'âge mûr, rompu aux affaires, et, en Toscane comme à Naples, il avait montré un esprit modéré et sagement réformateur. Il se rapprocha de la cour de France, signa en 1761 le pacte de famille, et prit ainsi part à la fin de la guerre de Sept ans, ce qui valut à l'Espagne de sérieux échecs sur mer. Sous son règne l'Espagne intervint
également dans la guerre de l'Indépendance des États-Unis
d'Amérique (1779-1783),
espérant reprendre aux Anglais Gibraltar. Quelques expéditions
contre le Maroc (1774) et Alger Comme roi, Charles
III se sera fait remarquer, sinon par des qualités éminentes,
du moins par du bon sens, de l'application, un certain sens de l'équité
et du bien public, et une certaine force de volonté. Une fois qu'il
avait pris un parti, il ne s'en détachait pas facilement; de là
une certaine suite dans la politique intérieure de l'Espagne pendant
son règne; au dedans cette façon d'agir aboutissait peut-être
à un certain despotisme des ministres longtemps maintenus au pouvoir,
mais il y avait par contre ce bénéfice qu'ils pouvaient poursuivre
l'exécution des réformes entreprises et les faire aboutir.
Tout compte fait, Charles III fut ainsi le plus remarquable et le meilleur
souverain qu'avait eu jusque là l'Espagne moderne Charles
IV (1788-1808),
qui succède à Charles III
n'avait aucune des qualités de son père; esprit étroit,
caractère faible, il laissa tout le pouvoir à la reine et
aux ministres, Florida Blanca, puis d'Aranda,
faisant déclarer aux Cortès, par une loi qui ne fut pas publiée,
le droit pour les infantes d'hériter de la couronne, principe qui
avait toujours prévalu en Espagne, mais avait été
ensuite répudié par les Cortès sous Philippe V. L'intrigue
et la faveur firent tout à la cour que dominait Godoy,
le favori de la reine. A l'extérieur, le gouvernement, fidèle
au pacte de famille, fut en bons termes avec la France tant que Louis
XVI régna; mais son procès et son arrestation, au commencement
de 1793, amenèrent de la part
de la cour de Madrid Les Espagnols, sous Caro et Ricardos, l'emportèrent d'abord sur la frontière des Pyrénées qu'ils envahirent, sur les Français commandés par Dagobert et Turreau (1793); mais, dans la campagne suivante, les armées de la République, sous Dugommier et Moncey, prirent le dessus et pénétrèrent en Espagne. Godoy, qui était devenu ministre et avait conseillé la guerre, signa le traité de Bâle (22 juillet 1795) et fut décoré pour cela du titre de prince de la Paix; même en 1797, au traité de Saint-Ildefonse, la France et l'Espagne conclurent une alliance offensive et défensive. Cependant il ne put rester longtemps ministre en titre et, sans perdre la faveur du roi, en 1798, fut remplacé par Urquijo. L'Angleterre faisait alors à l'Espagne
une guerre acharnée et ruineuse; Bonaparte
voulut resserrer l'alliance avec elle pour lutter contre la marine britannique,
et en faisant luire aux yeux de Charles
IV l'espoir d'un agrandissement notable de territoire pour son gendre,
prince de Parme, il l'entraîna à lui donner quelques-uns de
ses navires et à lui promettre l'entier concours de sa flotte. C'était
un terrible allié que s'était donnée l'Espagne; le
roi devint le jouet de Bonaparte et, quand il perdit sa flotte à
Trafalgar C'est alors qu'éclata une tragédie
domestique qui eut pour effet de faire arrêter le prince Ferdinand;
mais le 17 mars, à Aranjuez |
|
|