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| Paul Scarron
est un écrivain né (baptisé) le 4 juilet 1610
à
Paris, sur la paroisse Saint-Sulpice,
mort (inhumé) à Paris le 7 octobre 1660. Issu d'une
famille piémontaise de Moncalieri remontant au XIIIe
siècle, déjà établie à Lyon
avant 1595, puis fixée à Paris où elle occupa des
fonctions de judicature, et fournit un évêque de Grenoble
(1621-1670), il était fils de Paul Scarron, conseiller d'abord à
la Chambre des comptes, puis au Parlement (1640), et de Gabrielle Goguet,
nièce de l'historien La Popelinière.
Son père, bizarre type du magistrat parlementaire exalté,
remarié peu après la mort de sa femme en 1613, avec Françoise
de Plaix, négligea fort son éducation. Après un an
passé dans les Ardennes, à Charleville,
chez un parent, il fut décidé, par l'influence de sa belle-mère,
qu'il serait d'Église; et en effet, en
1629, à dix-neuf ans, il fut «-ensoutané-»,
comme il dit, mais sans recevoir les ordres et en portant seulement le
petit collet.
Très mondain, spirituel, railleur sans fin, il fréquenta Marion Delorme et sa société, Gondi, Tristan l'Hermite, Georges de Scudéry, pour lequel il composa ses premiers vers placés en tête du Lygdamon de celui-ci (1631). Habile joueur de luth, dessinant agréablement, dansant à ravir, il était très apprécié dans cette société lorsqu'il dut la quitter pour suivre, dans son diocèse, Charles II de Lavardin-Beaumanoir, évêque du Mans, auquel il venait d'être attaché (1633). Pendant les sept années qu'il passa au Mans, s'il ne reçut en 1636 qu'un assez mince canonicat dans l'église de Saint-Julien (cédé par lui plus tard moyennant 1000 écus), il se lia du moins avec beaucoup de grands seigneurs ou de lettrés, la nombreuse famille des Lavardin, le comte de Tessé, le comte de Modène (l'ex-amant de Madeleine Béjard), la bonne et belle Marie d'Hautefort, qui devint et resta toujours sa protectrice, le spirituel comte de Belin, qu'il peindra plus tard sous le nom d'Orcé dans son Roman comique, le marquis de Tresmes trop lié plus tard avec sa soeur Françoise Scarron, Rotrou, Costar, et de plus il fit avec son évêque, en 1635, un agréable voyage à Rome, où il connut le poète Maynard, et le Poussin qui, en 1650, lui donna son magnifique tableau, le Ravissement de saint Paul, aujourd'hui au Louvre. L'année fut malheureuse pour lui, il eut sa première attaque du terrible rhumatisme qui devait le martyriser et le déformer. La cause en a été attribuée à un bain forcé que, dans une folie de carnaval, il avait dû prendre dans la Mayenne au cours de l'hiver, mais ce n'est pas très prouvé. Il eut cependant un premier répit de deux ans : ce ne fut qu'en 1640 qu'il fut « cloué sur sa chaise ». Il était alors revenu se fixer à Paris, rue de la Tixeranderie. Deux cures aux eaux de Bourbon-l'Archambault, en 1641 et 1642, n'adoucirent pas son mal, non plus qu'à son retour un traitement à la Charité par un empirique, pour lequel il avait quitté le Marais pour la rue des Saints-Pères. Des pilules qu'il prit, vers cette époque, de La Mesnardière, le médecin de Mme de Sablé, au lieu de le guérir, rendirent son état tout à fait incurable. A ces infirmités était aussi
venue s'ajouter la disgrâce de son père, qui avait vu sa charge
supprimée par Richelieu, en punition
de son vote contre un édit bursal, et exilé à Loches
(31 janvier 1640). Ce fut pour Scarron l'occasion de ses premiers vers
burlesques, adressés à Richelieu lui même : celui-ci
en rit, fut désarmé, et il allait pardonner au père
et pensionner le fils, lorsqu'il mourut (décembre 1642). Cependant
Louis
XIII rendit au vieux conseiller sa charge (28 avril 1643), mais quand
l'édit fut signé, celui-ci était mort (aux Forgerets
près d'Amboise). La finance de cette
charge revenait aux héritiers, en plus du patrimoine du défunt,
20.000 à 25.000 livres de rentes. Mais le sort poursuivait Scarron,
il avait eu la faiblesse de signer une donation à sa belle-mère,
de sa part et de celle de ses deux soeurs, et il hérita surtout
d'un procès, qui ne finit qu'en 1652. Cependant présenté
au Louvre, où il s'était fait porter en chaise, par Mlle
de Hautefort, il fut bien accueilli par Anne
d'Autriche, qui lui octroya le titre de malade de la reine en
titre d'office, qu'il lui avait plaisamment demandé, et, peu après,
une gratification de 500 écus, changée l'année suivante
en une pension de la même somme, grâce à l'intervention
du bailli de Souvré, dont la sollicitude avait, pour lui, succédé
à celle de Mlle de Hautefort, tombée en disgrâce et
même exilée.
Scarron. Ce fut aussi en décembre 1643 que
Scarron publia son premier recueil poétique sous ce titre : Recueil
de quelques vers burlesques (Paris, in-8). Le succès fut grand
: il avait presque créé en France Quoiqu'il fût jusqu'à cette
époque resté fidèle à la reine dans les troubles
de Paris, on l'accusait d'être frondeur.
Encore moins avait-il reçu le bénéfice, si petit qu'il
fût, sollicité toujours par lui; et il en était resté
sous ce rapport à son canonicat de Saint-Julien, qui, en 1646, occasionna
le voyage qu'il fit au Mans, et où il assista au mariage de Mlle
de Hautefort avec le duc de Schomberg. De frondeur imaginaire, devenu frondeur
en réalité, la Mazarinade C'est alors qu'il songea, tout cul-de-jatte
qu'il était, à aller chercher fortune en Amérique En 1655, Une Gazette burlesque sembla
promettre beaucoup, mais elle ne fournit que quinze numéros ou Epîtres
(14 janvier - 22 juin). Mais cette même année, acclimatant
en France Celui qui cy maintenant dort (E. Asse).
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