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| Les bals |
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bal est une assemblée où des hommes et des femmes se livrent
à l'exercice de la danse et par extension
c'est le lieu où se tiennent ces réunions. Dès la
plus haute antiquité, il en est fait mention et c'est au dieu Pan
que les bals champêtres modernes doivent leur création : jeunes
gens et jeunes filles dansaient au son de sa flûte, comme dans quelques-uns
de nos villages la jeunesse vient se réjouir autour d'un orchestre.
Les premiers bals, en tant que réunion mondaine furent ce que les
anciens appelaient la danse des festins. Ils avaient lieu après
les repas et les convives y prenaient part. Philostrate en attribue l'origine
au dieu Comus.
Le premier bal dont
l'histoire fasse mention est celui donné, en 1385, à Amiens,
à l'occasion du mariage de Charles VI
avec Isabeau de Bavière; on ne
croit pas que les invités y aient figuré comme acteurs, bien
que, douze ans plus tard, ce même roi ait rempli un rôle dans
un bal donné à l'hôtel de la reine Blanche, dans le
faubourg Saint-Marceau. On connaît les tristes suites de cette soirée.
Le roi faillit être brûlé et ne dut la vie qu'au dévouement
de la duchesse de Berri qui éteignit le feu qui l'entourait en l'enveloppant
tout entier dans les plis de sa robe. Ce dénouement refroidit promptement
en France En 1581, principalement,
le mariage du duc de Joyeuse avec Marguerite de Lorraine
fut le signal, pour la cour, de nombreuses réjouissances dont la
danse fut le principal élément. La reine, les princes et
les princesses en firent les honneurs. Sous Henri
IV, le roi galant, les bals se multiplièrent. Louis
XIII eut également less siens, puis vint Louis
XIV qui les remplaça par la danse
plus pompeuse des ballets. Il donna cependant,
en 1688, à Versailles,
un véritable bal dont Molière nous
a conservé les détails. Le bal proprement dit reprit son
lustre quand le roi, devenu vieux, cessa de se donner en spectacle à
sa cour. En 1697, il y eut, dans la magnifique galerie de Versailles, un
bal splendide donné à l'occasion du mariage du duc de Bourgogne A partir de cette
époque, le bal devint le passe-temps de toutes les classes de la
société. Tous les événements heureux soit pour
l'Etat, soit pour les familles, se célébrèrent par
des réunions dansantes. Au plus fort moment de la Terreur on dansait
à Paris,
et personne n'a oublié ces bals des victimes, où l'on raconte
que nul n'était admis s'il n'avait eu au moins un parent décapité
par la guillotine. Sous le Consulat et sous le premier Empire, les bals
furent en grand honneur; on dansait entre deux campagnes, et Napoléon
encourageait ces réunions par sa présence. Le 2 juillet 1810,
quelques mois après le mariage de l'empereur avec Marie-Louise,
l'ambassadeur d'Autriche Avec le premier bal
de l'Opéra, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le goût
de la danse se propagea parmi la population
parisienne et un certain nombre d'industriels exploitèrent cette
passion naissante. Voici, dans l'ordre chronologique , les premiers bals
publics ouverts à Paris.
Le ,jardin Ruggieri, ouvert en 1766 aux Porcherons; le Waux-Hall, établi
par Torré en 1767, au coin de la rue de Bondy et de la rue de Lancry;
le Colisée, ouvert en 1771, aux Champs-Elysées, près
le carré Marigny; en 1774, le Ranelagh, à l'entrée
du bois de Boulogne Sous la Restauration, le jardin Labouxière, dit le Nouveau Tivoli (1826). Le Tivoli d'hiver, rue de GrenelleSaint-Honoré, le Prado, en face le Palais de Justice, fréquenté par les étudiants et ouvert peu de jours avant la révolution de 1830. Pendant le gouvernement de Juillet s'ouvrent successivement Valentine, qui fut célèbre sous le second Empire et sur l'emplacement du futur Nouveau-Cirque; le Château-Rouge, le Casino, la salle Sainte-Cécile, les bals Montesquieu, du Mont-Blanc, la salle d'Antin, le Salon de Mars, l'Ermitage-Montmartre, l'Elysée-Montmartre , très fréquentés, la Grande-Chartreuse, devenue Jardin Bullier, qui a remplacé le Prado pour les étudiants; le bal Mabille, fondé en 1840. A la fin du XIXe siècle, en dehors des établissements que nous avons déjà cités, nous citerons, parmi les plus fréquentés : le Moulin de la Galette, situé sur les hauteurs de Montmartre; la Reine-Blanche, qui a eu son heure de célébrité; le bal Dourlan, avenue de Wagram; le Tivoli-Waux-Hall, rue de la Douane; I'Elysée-Montmartre; la Boule-Noire; l'Elysée-Ménilmontant; le Grand-Turc; la salle Rivoli, dans la rue de ce nom; les Mille-Colonnes, dans la rue de la Gaîté-Montparnasse; les salons Frascati, devenus le Casino-Vivienne; le Jardin de Paris, aux Champs-Elysées. Ces divers établissements que nous avons énumérés plus haut ont produit des célébrités qui ont fait courir tout Paris pour leur voir exécuter leurs danses excentriques. Parmi les plus connus, citons à Mabille : Chicard, l'inventeur du fameux cancan; la leste Mogador, devenue comtesse de Chabrillan; la reine Pomaré, Putchard, Tortillard, Mercure, Mme Panache, Rose Pompon; Clara Fontaine à la Grande-Chaumière; Rigolboche. Un peu plus tard, Zouzou-Toquée, Mimi Taptape, Bébé J'ten Fiche, Tata Rigolo, qui ont été supplantées par Grille d'Egout, La Goulue, la Gueule Plate et Pas d'lapin, auxquelles on a fait les honneurs de la scène pour que le public admire leur façon de danser le quadrille. En dehors de ces établissements publics et du bal de l'Opéra, il a existé un certain nombre de salles où les sociétés de secours mutuels, de bienfaisance, donnaient (et donnent encore parfois) des bals dits de société, à entrée payante, dont le produit est destiné à soulager des misères; les salles du Grand-Hôtel, de l'hôtel Continental, de l'hôtel du Louvre, etc., étaient généralement les lieux choisis pour ces réunions philanthropiques qui étaient très suivies : faire la charité en s'amusant est une invention qui date du XIXe siècle. Aujourd'hui l'alibi charitable est devenu un ingrédient ordinaire de beaucoup de divertissements. (L. F. P.). |
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