|
|
|
|
Les
gens
|
|
| Apollonius (ou
Apollonios) de Rhodes Outre les Argonautiques (5 835 vers
en 4 livres), Apollonius avait composé une suite de poèmes,
peut-être un poème unique formé d'épisodes variés,
sur la fondation des cités illustres d'Asie et de Grèce.
Ses oeuvres grammaticales, dont il reste peu de chose, préludaient
à la critique des anciens poètes, Homère,
Hésiode,
Archiloque,
peut-être Aristophane, suivant les
procédés qu'Aristarque allait
porter à leur perfection. En ce qui concerne les Argonautiques,
cette tentative épique, sévèrement jugée par
Callimaque, reproduit les fables antiques sur la conquête de la toison
d'or par Jason et ses compagnons; elle vise à les renouveler par
une science géographique récente, avec tout l'appareil de
l'érudition mythologique, si fort en honneur chez les poètes
alexandrins. Le souffle épique y fait absolument défaut;
il n'y a ni grandeur réelle chez les héros, ni naïveté
dans les sentiments, ni foi au merveilleux, que le poète exploite.
L'unité de l'oeuvre tient au nom du héros principal, et l'enchaînement
des épisodes résulte de la chronologie des faits. Le seul
caractère véritablement réussi est celui de Médée
|
||||
| Apollonius de Perge,
en Pamphylie, appelé par les Grecs le grand géomètre,
né sous le règne de Ptolémée III, vécut
vers la fin du IIIe et le commencement du IIe
siècle av. J.-C., surtout à Alexandrie, mais fit un séjour
à Pergame Toutefois, il a apporté à cette théorie des généralisations capitales, notamment en se posant le premier, sans restriction aucune, le problème de la section plane du cône oblique, et en transportant à l'hyperbole (grâce à la considération des deux branches) les théorèmes relatifs à l'ellipse. C'est d'ailleurs à Apollonius que l'on doit les noms particuliers d'ellipse, de parabole et d'hyperbole, mais il est à remarquer que, sous ce dernier terme, il n'entend qu'une des deux branches, et qu'il appelle l'autre l'hyperbole opposée. Les derniers livres des Coniques renferment au contraire des recherches originales; le cinquième traite des normales aux coniques et détermine leur enveloppe, le sixième de l'égalité et de la similitude des coniques, le septième, des cordes complémentaires et des relations entre deux diamètres conjugués. Le huitième livre, que les Arabes ne paraissent pas avoir connu, devait contenir des problèmes déterminés sur les mêmes sujets. En outre des Coniques, Halley a traduit de l'arabe en latin et édité (1706) deux livres d'Apollonios, De section rations, où est traité, dans tous les cas possibles, le problème de mener par un point donné une droite qui intercepte des segments dans un rapport donné sur deux droites données et à partir de deux points donnés. Richter (Elbing, 1836) a donné une édition allemande de ce même ouvrage. Pappus (Coll. math., VII) fournit sur une série, d'autres ouvrages perdus d'Apollonios des indications assez précises pour que les géomètres du XVIe et da XVIIe siècle aient pu les restituer avec assez de sûreté, au moins comme fond, sinon comme forme. Ces ouvrages sont : 1° Deux livres De spatii sections (Wil. Snell, 1607), où est traité le même problème que dans les livres De sectione rations, avec cette différence que les segments interceptés doivent former un rectangle constant;Pappus, dans son livre Il, a donné également une analyse très détaillée, malheureusement mutilée, d'un traité élémentaire d'Apollonius sur la multiplication; le système qu'il a adopté pour la numération des grands nombres, et qui est plus simple que celui d'Archimède, est resté classique chez les Grecs. Enfin, les manuscrits arabes conservent quelques traces d'un travail d'Apollonius sur les irrationnelles que Woepcke a essayé de restituer (Paris, 1856), Nous ne connaissons guère, en dehors de cette liste, que le titre et le sujet de quelques autres travaux d'Apollonius: l'Okytokion, procédés de calculs abrégés. Comparaison du dodécaèdre et de l'icosaèdre inscrits dans la même sphère. Sur la vis. Nous savons aussi qu'il s'était occupé de la quadratrice et qu'il avait calculé, pour le rapport de la circonférence au diamètre, une valeur plus approchée que celle d'Archimède. Apollonius ne fut pas simplement un géomètre;
il s'appliqua assez à l'astronomie et particulièrement à
la théorie de la Lune Apollonius paraît avoir été stoïcien et avoir essayé de réformer, au point de vue des théories de son école, les définitions et les axiomes d'Euclide. Il s'exprime, sur le compte des travaux de ses précurseurs, dans des termes assez dédaigneux qui ne préviennent pas en faveur de son caractère. Mais il est juste de reconnaître son immense supériorité dans le domaine de la géométrie de situation, supériorité qui cessa au reste bientôt d'être appréciée comme elle le devait, des que le déclin de la science fit restreindre les études et négliger les travaux les plus élevés. La perte de la plus grande partie de ses ouvrages et en tout cas des plus originaux, sauf le cinquième livre des Coniques, nous permet à peine de nous rendre compte de l'étendue de ses connaissances et de la portée de son génie. Après avoir excité l'enthousiasme des géomètres de la Renaissance, les Coniques sont rapidement tombées dans l'oubli, après l'invention de la géométrie analytique, et la longueur des démonstrations paraît aujourd'hui insupportable; il n'en est pas moins hors de doute qu'Apollonius devait posséder, sous une forme plus compliquée, mais équivalente, la plupart des résultats de la Géométrie supérieure des modernes. (Paul Tannery).
|
||||
| Apollonius Molon, rhéteur
et orateur grec né à Alabanda |
||||
| Apollonius le Sophiste,
né à Alexandrie |
||||
| Apollonius de Tyane,
célèbre philosophe et thaumaturge du Ier
siècle de l'ère chrétienne. Il descendait d'une famille
ancienne qui avait fourni à la ville de Tyane Pendant cinq années, il pratiqua
la vie silencieuse, conformément aux prescriptions de Pythagore.
Il entreprit de longs voyages, en compagnie d'un certain Damis, qui fut
le Sancho Pança de ce Don Quichotte
Apollonius de Tyane. De tous ces voyages, de ces aventures extraordinaires, nous ne trouvons aucune mention chez les écrivains du temps. C'est seulement sous le règne d'Alexandre Sévère que Philostrate, rhéteur distingué, en composa une biographie fabuleuse qui est venue jusqu'à nous. Elle lui avait été demandée par Julia Domna, la femme de cet empereur. La valeur historique de cette oeuvre est à peu près nulle; les erreurs et les contradictions y sont fréquentes, le merveilleux, qui en fait le fond, tombe dans l'absurde et dans la puérilité. L'élément légendaire y semble fabriqué de toutes pièces par l'auteur, au lieu d'être emprunté aux récits populaires. L'étendue prodigieuse des voyages
d'Apollonius, qui visite à lui seul presque toutes les parties du
monde connu, est un argument contre leur réalité; le soin
avec lequel le biographe met son héros en relations avec tous les
grands personnages, le mêle aux événements les plus
marquants du siècle, sans qu'il en soit resté de traces dans
aucun monument contemporain des faits, prouve suffisamment que nous avons
affaire à un roman où presque tout est imaginaire, où
il est impossible, en tous cas, de distinguer le réel du fabuleux.
Il est probable que l'Antiquité en avait d'abord jugé ainsi;
et sans doute que tout le monde s'en serait tenu à ce jugement,
si un philosophe païen du IVe siècle,
Hiéroclès, ne s'était servi de la prétendue
biographie d'Apollonius par Philostrate, pour l'opposer au récit
des Évangiles Le XVIIIe siècle, par la plume des philosophes, au nombre desquels on range le roi Frédéric Il, qui aurait composé la dédicace ironique au pape Clément XIV de la traduction de la vie d'Apollonius par Castillon, reprit l'argumentation d'Hiéroclès réfutée dans son temps par Eusèbe, évêque de Césarée. Toutes ces querelles, aujourd'hui éteintes, ne reposent sur aucune base scientifique et l'on peut conclure, avec Chassang, que "le nom d'Apollonius de Tyane n'appartient plus à la polémique religieuse, qu'il est descendu dans la sphère plus modeste de la polémique relative au merveilleux". Peut-être que l'étude assez récente des phénomènes de suggestion et d'hypnotisme permettrait de renouveler la question, si dans le roman de Philostrate il était possible de déterminer la part historique; nous pensons, quant à nous, que cette tâche ne saurait aboutir. Apollonius paraît avoir composé un certain nombre d'ouvrages; Suidas lui attribue un traité des Initiations et des Sacrifices, un Testament, dont parle également Philostrate, des Oracles, des Épîtres, une vie de Pythagore, un Hymne à Mnemosyne, un traité de la Divination par les Astres. Une Apologie contre les accusations d'Euphrate et quatre-vingt-sept lettres qui nous ont été conservées sont apocryphes. Chassang remarque, en ce qui concerne ces dernières, qu'elles sont remplies de forfanteries indignes d'un philosophe, si maigre philosophe que l'on suppose qu'ait été Apollonius. Plusieurs sont d'ailleurs en opposition avec ses opinions connues, d'autres avec la biographie de Philostrate, ce qui prouve à la fois contre l'une et contre les autres. Au point de vue philosophique, la biographie et les fragments des ouvrages prétendus sont d'une médiocre importance. Denis (Hist. des idées morales dans l'antiquité, t. II) insiste avec raison sur la contradiction "entre le profond esprit de moralité d'Apollonius, qui se rapprochait beaucoup d'Epictète et de Marc-Aurèle, et le rôle de magicien et de charlatan qu'on serait en droit de lui prêter d'après les récits extravagants de son historien. Il est probable que la religiosité maladive du temps des Sévère a fait tort à la réputation de sagesse d'Apollonius, en y mêlant un merveilleux absurde et des jongleries ridicules. (J.-A. H.).
|
||||
De nombreux autres personnages
de l'Antiquité portent le nom d'Apollonius. Citons Apollonius
d'Athènes, un sculpteur de la fin du Ier
siècle de l'ère chrétienne; un Apollonius qui
était architecte, fils d'Ammonios d'Alexandrie
|
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.