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Médée
(personnage de la mythologie grecque).
- Célèbre magicienne légendaire,
l'un des principaux personnages du cycle des Argonautes.
Elle était fille du roi de Colchide -Aiétès
(ou Aéetès), fils d'Hélios;
sur le nom de sa mère les versions varient : on cite l'Océanide
Idya, Neaera, Eurylyte, Hécate. Cette
dernière généalogie en faisait la soeur de père
et, de mère de Circé, l'autre grande
magicienne. On lui donne une autre soeur Chalkiopé et un frère
Absyrtos. La légende de Médée est inséparable
de celle de Jason et des Argonautes, par suite
d'origine thessalienne
ou minyenne.
Voici la tradition
courante : les Argonautes parvenus dans le pays d'Aia ou Colchide, dont
le roi gardait la Toison d'or, furent sauvés
des embûches d'Aietès par sa fille Médée, amoureuse
de Jason. Elle endormit le dragon, gardien de
la toison du bélier doré, la livra
à Jason et à ses compagnons, puis s'enfuit avec eux, entraînant
son jeune frère Absyrtos; comme ils étaient poursuivis par
Aietès, pour le retarder, Médée ou les Argonautes
tuèrent l'enfant, le déchirèrent et jetèrent
les lambeaux de son corps dans le Phase. Tandis que le père recueillait
ces débris, ils s'échappèrent. Médée
et Jason arrivèrent à lolcos.
Diverses légendes
additionnelles racontent que Circé aurait purifié sa soeur
du meurtre, que Jason et Médée se seraient arrêtés
à l'île des Phéaciens pour s'y marier. Le mariage de
Médée et de Jason s'accomplit sous l'influence d'Aphrodite,
leur protectrice dès la Colchide. Le théâtre de cette
union aurait été Corcyre
identifiée avec l'île des Phéaciens, ou lolcos. La
magicienne en eut un ou deux enfants, Medeios d'après la Théogonie ,
Mermeros et Phérès, d'après d'autres sources; on rattacha
ensuite ces héros aux légendes locales des cités d'Ephyra
(Thesprotie) et de Phérès (Thessalie).
Pélias
ne voulant pas restituer à son neveu Jason le royaume de son père,
Médée le fit périr avec le concours de ses propres
filles, les Péliades. Elle leur persuada que pour rajeunir leur
père il fallait le découper en morceaux et le faire bouillir
dans un chaudron magique. Une expérience préalable tentée
sur un bélier réussit; les Péliades égorgent
leur père, mais Jason ne profite pas du crime; le trône d'lolcos
passe à Acaste, fils de Pélias.
La légende
transporte ensuite Jason et Médée à Corinthe ,
un des centres du culte d'Hélios, où la tradition locale
place le lieu du mariage des héros et maintient un culte de Médée.
On lui attribuait divers bienfaits, la fin d'une famine; elle devenait
l'amie et protégée d'Héra.
Jason la répudie pour épouser Glaucé ou Créüse,
fille du roi de Corinthe Créon. Médée
envoie à sa rivale une couronne et une robe imprégnée
de poison qui la brûle ainsi que son père accouru à
son secours. La magicienne fait pleuvoir le feu sur le palais de Créon,
égorge ses propres enfants, Mermeros et Phérès, et
s'envole sur son char attelé de dragons. Elle se rend à Athènes
où le roi Égée l'épouse;
de leur union naît un fils, Mèdos. Mais quand elle veut empoisonner
son fils Thésée, revenu de Troezen,
Égée l'expulse. Un nouveau voyage permet de rattacher les
légendes thessaliennes, corinthiennes et attiques à celle
qui fait de Médée ou de son fils Médos l'éponyme
de la Médie, le grand royaume asiatique. La magicienne serait rentrée
en Colchide où régnait Persès, frère d'Aietès,
qui avait chassé ce dernier. Médos tue Persès et restaure
son grand-père ; une variante ramène en Colchide Jason avec
Médée.
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Médée,
peinte par Delacroix.
Le caractère
essentiel de ces légendes, c'est la puissance magique de Médée,
petite-fille du dieu du Soleil. On la figure
toujours avec sa cassette magique. Elle joue d'abord le rôle de bonne
fée,
protectrice des Argonautes. A mesure qu'elle se rapproche de l'âge
historique, sa physionomie s'assombrit;
Euripide
en fait une barbare prêtresse d'Hécate; la fantaisie des Alexandrins
renchérit encore. Les principaux récits littéraires
consacrés à Médée sont ceux de Pindare
et des Métamorphoses d'Ovide. Elle
est l'héroïne de tragédies d'Euripide
et de Sénèque (qui sont conservées),
d'Eschyle et d'Ennius qui sont perdues, de Corneille,
Benda, Cherubini,
Longepierre, Legouvé, etc. Timomaque l'avait, en un tableau fameux,
représentée au moment où elle va égorger ses
enfants. Le thème sera également repris par Delacroix
(ci-dessus), et en opéra par Charpentier. Nous possédons
des peintures murales, des sarcophages, des vases figurant des scènes
étendues de la légende de Médée.
De même que
Circé, et parce que magicienne, Médée était
censée immortelle; Homère, Hésiode
le disent. Ibycus en fit aux Champs-Elysées
l'épouse d'Achille. Les Romains l'assimilèrent
à Angitia ou Bonadea. Les principaux centres de son culte étaient
la Thessalie, terre classique de la magie; puis les diverses Ephyra d'Elide,
de Thesprotie, et Corinthe (d'abord appelée Ephyra). (A19).
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En
librairie - Euripide, Médée,
J'ai Lu (Librio), 2002. - Sénèque, Médée,
Flammarion, 1999.
Palimpsestes
: Laurent Gaude, Médée Kali, Actes Sud, 2003. Pasolini,
Médée, Arléa, 2002. Hans Henny Jahn, Médée,
José Corti. Marc-Antoine Charpentier, Médée,
Premières loges (livret), 1998. - Pierre Silvain, Dans la nuit
de Médée, Hors commerce, 1998. - Jean Anouilh, Médée,
La Table Ronde, 1997. Pour les plus jeunes : Goudot, Médée
la Colchidienne, L'Ecole des Loisirs, 2002.
Alain
Depaulis (préf. Alain Molas), Le complexe de Médée,
quand une mère prive le père de ses enfants, De Boeck
université, 2003. - Florence Dupont, Médée de Sénèque,
ou comment sortir de l'humanité, Belin, 2000. - Michel Fardoulis-Lagrange,
Apologie de Médée, José Corti, 1999. - Ludmila
Oulitskaïa, Médée et ses enfants, Gallimard,
1998.
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