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| Encyclopédie | |
| Au sens le plus
large, les déserts sont des régions de la surface émergée
de la terre où la population humaine est très clairsemée
ou bien manque totalement en raison des conditions climatiques qui lui
rendent la vie presque impossible, de la stérilité du sol
qui ne lui fournit pas d'aliments et accessoirement de l'insalubrité.
Toutefois toutes les régions inhabitées ne sont pas toutes
inhabitables, et elles peuvent présenter en tout cas, des caractères
biogéographiques très divers. En n'envisageant que l'occupation
humaine, on peut ainsi parler de déserts à propos des toundras,
des steppes, etc., et même des forêts denses. Mais ce qu'on
entend en général par déserts ce sont certaines zones
arides, hostiles mêmes à la pousse de la végétation.
On est alors conduit à distinguer les déserts froids, qui sont essentiellement dans les régions polaires où ils prolongent vers le Nord les toundras, et dans les hautes régions de montagne, et les déserts chauds, dus à l'absence des pluies. On admet ainsi qu'une région où il ne tombe dans l'année entière qu'une hauteur de pluie de 20 centimètres (la moyenne de la France dépassant 80 centimètres) se range dans la catégorie des terres désertiques, surtout si ces pluies tombent par vastes averses, et non en longues et fines bruines. De 20 à 40 centimètres de précipitation annuelle donnent à une contrée la nature et l'aspect de la steppe. Le trait fondamental des déserts, c'est l'insuffisance de la vie végétative, peu féconde ou limitée à une saison, ne comportant pas d'arbres; la vie animale y est nécessairement encore plus restreinte, et les humains, n'y trouvant que peu d'aliments, ne peuvent guère s'y fixer, ou, du moins, y former des groupements denses. Les déserts autres que ceux du trop froid et du trop sec ne sont pas des déserts essentiels, et l'humain les a transformés en de nombreux endroits : par exondation, quand ce sont des marais immenses, comme le désert humide et fangeux de Pinsk en Russie, et la Brenne et la Dombes en France; par sylviculture, arboriculture , amendements, comme les Landes et la Sologne; par arrosages, comme la Crau et maints paramos (plans élevés), maintes plaines sèches d'Espagne. Les
déserts polaires.
Les terres polaires arctiques comprennent le Groenland, les archipels du nord de l'Amérique et les plaines septentrionales de ce continent, la Sibérie septentrionale, les îles du nord de l'Europe (Nouvelle-Zemble, Spitzberg, etc.). Toutes ces contrées sont sinon complètement inhabitées, du moins habitées par une population très clairsemée. Du Groenland les côtes seules sont habitées; l'archipel nord-américain est absolument désert; la plaine septentrionale de ce continent ne renferme guère de population sédentaire jusque vers le 60e parallèle; non pas qu'elle soit couverte comme les terres polaires d'un manteau de glaces éternelles, mais la rigueur de la température y est presque égale. Entre vrai désert et toundra, à travers la région des lacs où les eaux douces couvrent de leur inextricable réseau une partie considérable du sol, errent quelques populations, qui vivent surtout de la chasse. Les ressources de ces contrées sont pourtant assez grandes. A partir du passage du désert proprement dit à la toundra, la végétation de la zone arctique, où l'on ne trouve pas d'arbres en Amérique au-delà du 64e degré de latitude Nord, tandis qu'en Europe ils vont jusqu'au 71e degré, est une végétation naine; les quelques arbustes n'ont pas grande importance, mais les mousses, les lichens, les graminées s'y développent avec une grande puissance et fournissent un aliment aux boeufs musqués et aux rennes. La présence de mines a justifié au Spitzberg la présence d'établissements permanents. Mais en somme le désert arctique comprend non seulement les îles toujours inhabitées du nord de l'Amérique et de l'Europe, l'intérieur du Groenland, mais aussi les pays, qui se prolongent par de vastes toundras, comme le Labrador, l'Alaska, où l'on peut faire des centaines de kilomètres sans trouver un humain; de même la Sibérie septentrionale. La densité de la population du Labrador oriental est de 1 h/km². De même la Russie septentrionale et la presqu'île de Kola sont de véritables déserts. Déserts
chauds.
Le Sahara est traversé par des vents alizés du Nord-Est qui sont d'une sécheresse absolue et soufflent avec violence; les plaines rocheuses dites hammada et les dunes sablonneuses ou ergs occupent la plus grande superficie; mais certaines parties sont habitées : les vallées des oueds qui, par moment, ont de l'eau et de la verdure, les plateaux et les oasis. La principale oasis est la Vallée du Nil. Si on en fait abstraction, le Sahara est très peu peuplé et reste une des régions du globe où la population est le moins dense. Au delà du Nil et de la mer Rouge s'étendent les déserts d'Arabie; ceux-ci sont les déserts classiques de l'histoire ancienne; ils ne sont presque en nul point tout à fait inhabités; desséchés, comme le Sahara, par les alizés du Nord-Est, ils n'ont presque aucune végétation, sauf après les pluies du printemps; la presqu'île de l'Arabie Pétrée, avec ses pierres noires et son simoun, est à peu près déserte; dans les Nefoud pierreux et sablonneux du Nord, dans le désert de Dahna au Sud, même les Bédouins nomades ne s'aventurent que rarement. Au delà de la vallée de la Mésopotamie, le désert recommence au Sud de l'Iran. Le long de la mer d'Oman et dans toute la région centrale du plateau iranien s'étend le grand désert de Perse (Dést salé et Loût), qui passe pour le plus effroyable de tous, aux environs du lac salé de sa dépression centrale; la couche d'argile superficielle qui accumule le chlorure de sodium à fleur de terre et ne donne nulle issue aux eaux bientôt évaporées, est cause de la stérilité absolue de ce sol; aucune plante n'y pousse, pas même les graminées. On y peut rattacher le désert du Baloutchistan méridional, où faillit périr l'armée d'Alexandre le Grand. Il se relie au désert de Thar par la vallée de l'Indus. C'est une plaine sablonneuse, avec des lacs salés qui, surtout au voisinage de la mer, est une des régions les plus insalubres du globe. Ce qui caractérise cette région, c'est l'alternance des régions absolument stériles et désertes avec les oasis ou les vallées fluviales (Nil, Euphrate, Indus) où s'accumule une population très dense. L'Afrique australe possède un désert qui fait pendant au Sahara, le désert du Kalahari avec ses dunes arides et son sol sablonneux, à fond imperméable; balayé par des vents d'Est, qui ont perdu leur humidité sur les montagnes côtières, il est tout à fait aride; il a cependant une végétation vivace et est relativement peuplé; les mammifères les plus grands parcourent ces solitudes et nourrissent les Boshimans, Betchouanas, Namaquas, etc., qui promènent leurs troupeaux sur les confins. Le désert d'Atacama est le seul vrai désert de l'Amérique du Sud. Il se situe au Nord du Chili et se prolonge au Sud du Pérou, entre la Cordillère des Andes et le Pacifique. Des déserts existent également à l'Ouest des Etats-Unis où les plateaux du centre du massif montagneux (Arizona, par exemple), entre les Rocheuses et la chaîne côtière, sont eux aussi très secs desséchés; les rivières coulant au fond des canyons ne peuvent fertiliser les régions d'alentour. Le sol est sablonneux et argileux avec des efflorescences salines; ce désert est aussi inculte et désolé que celui de l'Arabie et de l'Iran, sans verdure ni vie; le nom de Vallée de la mort donné à une dépression inférieure au niveau de la mer, qui s'y trouve, pourrait aussi bien s'appliquer à toute cette région plus vaste que la France. Ces régions désertes de l'Amérique n'ont toutefois que rarement le caractère désolé de celles de l'Afrique ou de l'Asie. Ce n'est pas le cas, en revanche de l'Australie, le plus déshérité des continents, qui possède au centre et à l'Ouest de véritables déserts (Désert de Gibson, Grand désert de Victoria, Grand désert de Sable, Désert de Simpson); le manque d'humidité atmosphérique explique les fâcheuses conditions du désert australien, dont la médiocre végétation, présente par endroits, ne peut guère offrir de nourriture aux animaux. (A. -M. B.). |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.