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Chamo |
| Le Gobi ou Chamo
est un grand désert de l'Asie
centrale, situé sur le territoire de la Mongolie
et du Nord de la Chine Le Gobi est balayé par des vents secs. L'hiver souffle constamment un vent du Nord-Ouest sec et glacé, qui vient du pôle. Ce courant atmosphérique qui ne prend que peu d'humidité en parcourant la mer glaciale gelée et qui en perd toute trace en traversant les plaines sibériennes sur une étendue de plus de 3000 km, dessèche complètement le Gobi. La violence de ce vent est telle qu'elle force les voyageurs à se couvrir la figure d'un masque de feutre. En été, un courant aérien venant du Sud-Est emporte des nuages pluvieux mais perd son humidité dans les monts Khingan dont le versant chinois est humide, tandis que les pentes tournées vers la Mongolie sont arides et desséchées. Les soubresauts de la température
au Gobi sont extrêmes : en quelques heures le thermomètre
monte ou descend de 40 °C. Prjevalskij La température basse du Gobi pendant
l'hiver avait fait croire aux anciens voyageurs que son altitude s'élevait
à 2500 ou 3000 m, mais Fuss et Bunge en 1832, et ensuite Fritsche,
Prjewalskij Mais le Chamo proprement dit est un désert de gravier, lit, d'après Reichthofen, d'une ancienne mer salée intérieure; le sol est formé de graviers rougeâtres semés de cailloux quartzeux, d'agates, de carnéoles, de calcédoines. On y trouve des efflorescences de salpêtre appelées par les Mongols goutchir; le sel se dépose dans les creux. Quelques rochers s'élèvent au milieu des étendues jaunâtres. L'aspect du désert, malgré les différences de hauteur, est profondément monotone; on parcourt pendant des journées le même sol; on trouve des ondulations du même aspect. Le désert de Gobi se continue à l'Ouest par le désert de Takla-Makan et par les plaines de la Mongolie où se trouvent les dépressions qui forment des lacs ou nors. Le désert gagne sur ces régions, et les nors ne cessent de se déssécher au fil des ans. La flore et la faune du Gobi sont analogues à celle du bassin de la mer Caspienne. On y retrouve dans les fonds argileux le Lasiagrostis resplendens appelé par les Mongols dirisou, dont les brindilles sont dures comme du fil de fer. Ailleurs, on trouve l'oignon et le petite absinthe. Quand le sol est imprégné de sel, on trouve le Kalidium gracile, plante préférée du chameau. De Kalgan à Ourga, on ne voit que deux arbres rabougris; sur une autre route on en voit cinq; il y a au Gobi quelques ormeaux, au dire des Mongols qui ont ces arbres en grande vénération. Les herbes lisses et souples qui peuvent seules y pousser sont déracinées par le vent d'hiver. L'argal ou bouse de chameau est le seul combustible. La faune est représentée surtout par le lagomys ou lièvre noir que viennent poursuivre les loups et les renards, et par le dzeren ou Antilope gutturosa qui vit en troupes de 30 ou 40 et se réunit parfois en grandes troupes; l'alouette y abonde ainsi que le vautour. (Chofardet). |