 |
Les dunes les plus connues
sont celles que le vent
amoncelle le long des rivages maritimes; toutefois, les plus considérables
paraissent être celles qui sont formées dans les déserts
où les agents atmosphériques désagrègent le
sol et fournissent au vent des masses de sables et de débris encore
plus considérables. Telles sont les grandes dunes ou Erg du Sahara,
celles du sud de l'Algérie ou du désert de Libye; on en retrouve
dans les autres déserts, en particulier dans celui de Gobi,
et, sur une moindre échelle, en Europe, dans le Banat et dans la
plaine de l'Allemagne du Nord. Les dunes maritimes se trouvent le long
de la mer Baltique, sur les rivages méridionaux
russe et polonais, dans la presqu'île danoise, dans les îles
de Sylt, Foehr, Helgoland, Nordernay, Borkum, sur la côte occidentale
de France; hors d'Europe, sur les côtes d'Egypte, sur les tôtes
occidentales d'Afrique, sur les côtes méridionales d'Australie,
en Floride, etc.
Les dunes se forment près de la
mer par l'action du vent
sur les sables du rivage; quand ce sable est sec et fin, le vent violent
venant du large, un nuage de sable est poussé vers l'intérieur
des terres. Ce sable forme des monticules, qui alors constituent jusqu'à
un certain point une défense contre l'entraînement des matières
de la plage; mais le sable qui les forme est pourtant emporté par
le vent, et le rideau de dunes qui s'est formé le long de la mer
s'avance dans les terres. Suivant l'état du sable, ce phénomène
est plus ou moins rapide, ou même ne tarde pas à s'arrêter,
La hauteur des dunes est couramment de
10 à 15 m, souvent de 30 à 40; on en cite de plus de 100,
de 180 m. Leur structure générale est sensiblement la même;
ce sont des collines dont la pente est beaucoup plus douce du côté
de la mer d'où vient le vent
que de l'autre; la pente est de 5° à 15° d'un côté,
de 30° et plus vers la terre. Les grains de sable abandonnés
par le reflux sont entraînés par le vent qui les amoncelle
jusqu'à ce qu'ils redescendent abandonnés à leur propre
poids. Une des formations typiques comporte trois rangées parallèles
et successives de dunes : la ligne maritime; la ligne médiane plus
haute que la précédente de qui elle reçoit ses matériaux;
la ligne intérieure plus basse. Tant que le sable de la dune n'est
pas fixé par la végétation, il est essentiellement
mobile et la dune se déplace on se modifie incessamment. Elle progresse
vers l'intérieur, des terres ou bien, dans les parages où
la mer recule, il se forme sans cesse de nouvelles dunes du côté
maritime. La marche des dunes varie selon les lieux. Dans l'île de
Sylt, elles s'avancent de 4 à 5 m par an; de 4 à 7 m à
la Frische Nehrung; de plus de 7 m (depuis 1666) en Bretagne, aux alentours
de Saint-Pol-de-Léon, elles ont dévoré déjà
plusieurs villages dont seuls les clochers émergent encore. Les
grandes dunes d'Allemagne sont celles de la Kurische Nehrung, hautes de
37 à 63 m, qui s'avancent de la mer vers
la lagune avec une vitesse moyenne de 5,5 m par
an et ont déjà enseveli plusieurs villages, et d'ici deux
à cinq siècles auront peut-être comblé la lagune.
Les dunes du Sahara, du désert de Gobi, celle des côtes orientales
de la mer Caspienne ont déjà
submergé de vastes surfaces cultivées autrefois.
-
Dunes
au bord de la Manche (Quend-Plage). ©
Photo : Serge Jodra, 2010.
Les dunes arrêtant l'écoulement
des eaux intérieures, on trouve également à leur pied
une zone de marécages, d'étangs, de tourbières. La
flore propre des dunes est très pauvre (Arundo arenaria, Arundo
baltica, Elymus arenarius, Triticum pinceum, Carex arenaria, etc.). Depuis
plus de deux siècle on a entrepris des travaux méthodiques
pour la consolidation et la fixation des dunes au moyen de plantations.
A ce point de vue comme aux autres, les dunes classiques sont celles du
golfe
de Gascogne.
Il existe des dunes, en France, près
de Boulogne, dans les départements de la Manche, du Finistère,
de la Loire-Atlantique, de la Vendée, de la Charente-Maritime, de
la Gironde, des Landes et de l'Hérault; elles occupent environ 110
000 hectares. Les dunes sont formées de sable calcaire
en Normandie, d'un mélange de calcaire et de silice en Bretagne
(surtout siliceux), de 69% de silice, 1,5% de calcaire et 29,5% de matières
organiques et diverses en Saintonge. Dans les Landes, on ne trouve que
du quartz, du mica, un peu de fer, des traces de coquilles. Les différences
de composition sont indiquées par A. Durand-Claye, dans son Cours
d'hydraulique agricole, comme la cause des variations dans les essences
choisies pour la fixation des dunes. Dans les Landes, il faut des espèces
silicicoles (pin maritime); en Normandie, des espèces calcaires
(peuplier blanc, céréales, légumes).
«
Le pin maritime trouve dans la quantité inappréciable de
chaux que contiennent les sables, la quantité qui lui est nécessaire.
Dans la tige, la chaux forme pourtant 20 à 40% de cendres; le même
fait se produit pour l'acide phosphorique, qui forme de 5 à 16%
de cendres. »
Dans les terrains trop calcaires, le pin maritime
pousse mal. Dans les Landes les dunes qui ont été entravées
dans leur marche par des travaux appropriés, forment, en épaisseur
perpendiculaire à la côte, des séries de collines occupant
plusieurs kilomètres, et s'élevant parfois à 80, 90
m au-dessus du niveau de la mer. Comme on l'a remarqué les collines
les plus hautes sont au centre, et en plan elles sont disposées
en quinconce. L'écoulement des eaux douces se trouve arrêté,
et il se forme des étangs à la limite des dunes, côté
de terre. Brémontier, à la fin du XVIIIe
siècle, ayant remarqué que les dunes fixes étaient
couvertes de végétation, essaya sur les autres des semis
protégés. Les lignes de protection consistaient d'abord en
piquets clayonnés, puis en palissades, en madriers on planches.
On établit aussi des cordons de défense formés de
deux lignes de branches fichées dans le sol, inclinées à
45° de l'Ouest vers l'Est sur deux rangs à 0,25 m l'un de l'autre,
avec des branches garnissant l'intervalle. On sème sur les dunes
des graines de pin, de genêt ou d'ajonc et l'on recouvre le semis
de fagots. On plante des gourbets dans la partie la plus voisine de la
mer. Des résultats favorables et économiques ont été
obtenus en plantant des touffes de genêt, de bruyères ou de
branches de pin sur des lignes régulières, distantes de 0,50
m, entre lesquelles le semis prospère. (GE). |
|