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Les Iguanes
Iguanidés
Tableau récapitulatif.
Les Iguanidés sont des Sauriens. Ils représentent  pour le Nouveau monde ce que représentent les Agamidés pour l'Ancien monde et pour l'Australie; les deux groupes se répètent très exactement par des formes représentatives.

Les caractères généraux que présentent les Iguanidés sont les suivants : la tête est recouverte d'un grand nombre de petits écussons; les paupières sont bien développées; la langue est plate, libre à sa pointe et il n'y a pas de fourreau dans lequel elle puisse rentrer.

Les dents sont appliquées contre le bord interne des sillons creusés dans les mâchoires et rapprochées les unes des autres; elles diminuent graduellement de hauteur à mesure qu'elles se rapprochent davantage de l'extrémité antérieure de la rangée; aucune n'est réellement pointue et conique, contrairement à ce que l'on voit dans la famille des Agamiens; dans la plupart des genres, ces dents ont leur sommet plus ou moins trilobé; chez quelques autres elles portent des dentelures sur leurs bords; il existe presque toujours des dents au palais.
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Lézard à collier.
Lézard à collier (Crotaphytus collaris). Photo : Laurence Gamble. 

Le corps est généralement svelte, élancé, la queue très longue; chez le Phrynosome toutefois le corps est déprimé, les membres et la queue étant très courts. Le dos et la queue sont assez ordinairement pourvus d'une crête parfois, haute et dentelée; la queue peut être armée d'écailles épineuses disposées par anneaux, ainsi qu'on le voit chez les Trachycycles, les Oplures, les Doryphores, les Strobilures, les Sténocerques; la queue est parfois préhensile, et cela chez des espèces arbori coles, telles que les Urostrophes. Certaines espèces ont un fanon sous la gorge, comme les Iguanes (Iguana); les Norops, les Brachylophes; d'autres peuvent gonfler leur gorge, tels que les Métopoceros. Certains animaux ont des pores fémoraux disposés suivant une ou deux rangées (Iguane, Polychre, Scélopore, Amblyrrhinque), d'autres manquent de pores aux cuisses (Norops, Basilic, Anolis, Laimancte). Nous rappellerons enfin que c'est parmi les Iguanidés pleurodontes ou Iguanidés proprement dits que l'on trouve des espèces à doigts élargis à peu près de la même manière que ceux de certains Geckotiens

Les Iguanidés, dont on connaît environ 300 espèces, sont des animaux caractéristiques de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale où ils présentent une grande variété de genres et d'espèces; ils se répandent aussi jusque dans les parties chaudes de l'Amérique septentrionale; on les trouve, vers l'ouest, en Californie, dans la Colombie britannique, vers l'est à peu près jusqu'aux limites septentrionales des États-Unis; les îles de la mer des Caraïbes en nourrissent de nombreuses espèces; ils se retrouvent également aux îles Galapagos. Le Brachylophe à bande est la seule espèce qui vive en dehors du Nouveau monde; elle a été recueillie à la Nouvelle-Guinée et dans les îles environnantes.
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Iguane noir (Ctenausaura pectinata) du Mexique. Photo : Sean Varner. 

Les Iguaninés

Le genre Iguana.
Les espèces qui rentrent dans, le genre Iguana (Iguanes proprement dits) sont principalement remarquables par le prolongement cutané qui constitue, sur toute l'étendue du dessous de la tête et du cou, un très haut fanon fort mince, dont le bord libre décrit une ligne courbe et présente des dentelures à la partie voisine du menton. La queue est très longue, grêle, comprimée dès son origine; les membres sont longs. Une crête règne sur le dos, et se continue en s'abaissant sur la queue. Les dents qui garnissent les mâchoires sont finement dentelées sur les bords; il existe deux rangées de petites dents à la voûte palatine. La membrane du tympan est grande, tendue à fleur du trou de l'oreille; les pores fémoraux sont disposés suivant une rangée.

Distribution géographique. 
On connaît plusieurs espèces d'Iguanes. L'Iguane tuberculeux habite une grande partie de l'Amérique méridionale et se trouve aussi aux Antilles; l'Iguane rhinolophe est commun au Mexique et dans l'Amérique centrale; c'est dans le nord du Brésil, à la Martinique, à la Guadeloupe, que vit l'Iguane à cou nu. 

Mœurs, habitudes, régime.
Les Iguanes, qui sont des reptiles essentiellement arboricoles, se tiennent presque constamment sur les arbres situés près des cours d'eau; leur longue queue comprimée est, en effet, admirablement disposée pour la natation. Ce sont des animaux très agiles qui sautent rapidement de branche en branche; vers le soir, ils descendent souvent sur le sol pour y chercher leur nourriture. Si on les surprend, ils s'empressent de grimper jusqu'à la cime des arbres et se cachent dans le feuillage ou se précipitent à l'eau; ils nagent avec rapidité en appliquant les membres contre le tronc et en se servant de la queue, qui constitue une rame puissante.

Les Iguanes sont exclusivement herbivores et frugivores; ils se nourrissent de jeunes bourgeons, de feuilles, de baies molles qu'ils coupent à l'aide de leurs dents finement dentelées en scie sur les bords. Le sac intestinal acquiert parfois, grâce à la quantité de feuilles qui y est entassée, un développement extraordinaire, ainsi que l'a constaté Sumichrast. Les Indiens prétendent toutefois que les Iguanes sont des animaux carnassiers, qu'ils chassent non seulement les insectes, mais encore de petits Lézards. Belcher dit avoir vu de véritables troupeaux d'Iguanes qui dévoraient avec avidité des oeufs de reptiles, des insectes, des intestins d'oiseaux; Schomburgk rapporte également qu'aux Guyanes il a vu les Iguanes donner la chasse aux sauterelles et à d'autres insectes.

Le mâle se choisit ordinairement une femelle qu'il ne quitte pas pendant un certain temps de l'année, et qu'il défend avec rage contre les individus de son espèce qui voudraient s'en approcher; ils se battent alors avec fureur.

A Sainte-Lucie, la ponte a lieu pendant les mois de février, mars et avril. Les oeufs ont à peu près la grosseur des oeufs de pigeons; ils sont d'un jaune paille clair ou d'un blanc sale; la coque est molle. Les femelles déposent ces oeufs dans un trou creusé dans le sable et les recouvre soigneusement. Les femelles âgées pondent beaucoup plus que les jeunes; Il arrive assez souvent que plusieurs femelles pondent en commun, de telle sorte qu'on peut trouver jusqu'à deux douzaines d'oeufs dans une même fosse.

Beaucoup d'oeufs sont détruits, non seule ment par les fourmis, mais encore par des rongeurs, principalement, par le rongeur désigné à Sainte-Lucie sous le nom de Rat musqué. Après l'éclosion, les petits semblent demeurer assez longtemps ensemble. Après leur sortie de l'oeuf ces animaux ressemblent à des Lézards; ni la crête dorsale, ni le fanon qui donnent un aspect si particulier à l'adulte, n'existent alors.
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Cyclure (Iguane rhinocéros).
Un Iguane de Mona (Cyclura cornuta stejnegeri) de Porto Rico
Ce Cyclure est une sous-espèce d'Iguane rhinocéros. Photo : Mike Morel.

Le genre Cyclura.
Les Cyclures diffèrent des Iguanes par l'absence de véritable fanon, bien que la peau de la gorge soit lâche et plissée en travers; la queue est garnie d'écailles verticillées, alternant avec des anneaux d'épines; les dents sont tricuspides, et non-dentelées sur les bords. Suivant les espèces, la queue peut être à peu près ronde ou comprimée.

Les Cyclures se trouvent en Caroline du Sud, au Mexique, aux Antilles, en Amérique centrale; ils habitent la zone que l'on connaît sous le nom de terres chaudes.

Les Iguanes des Galapagos (Amblyrhynques et Conolophes).
Les îles Galapagos représentent un monde à part; leur faune et leur flore est, en effet, toute spéciale. Ce sont les Tortues géantes et les grands Lézards qui contribuent à donner à cette faune son cachet particulier.

Parmi ces Reptiles, les plus curieux et les plus caractéristiques sont, à coup sûr, deux espèces d'Iguaninés qui diffèrent des Iguanes proprements dits par plusieurs particularités de leur anatomie, par l'écaillure de la tête, par l'absence de fanon.

De ces deux espèces, l'une habite les parages de la mer; elle est le type du genre Amblyrhinque (Amblyrhinchus), caractérisé par une crête, continue, depuis la nuque jusqu'à l'extrémité de la queue, et la présence de dents au palais; pour la seconde espèce, essentiellement terrestre; on a admis le genre Conolophe (Conolophus), cette espèce manque, en effet, de dents à la voûte palatine.

Le genre Amblyrhinchus.
L'Amblyrinque qui peut atteindrer près de 1 mètre de long et qui pèse jusqu'à 12 kilogrammes, a le corps élancé, un peu arrondi, la queue longue, fortement comprimée, la tête courte, le museau large et tout à fait arrondi. La nuque, le dos et la queue sont surmontés d'une crête qui est plus basse au-. des épaules et des reins que dans aucune autre, partie de sa longueur. 

La face supérieure du crâne est protégée par des plaques tuberculeuses; les sourcils font une légère saillie en dehors; le trou de l'oreille à fleur duquel se trouve tendue la membrane du tympan, est assez petit; les dents sont nombreuses et distinctement trilobées. Les écailles qui garnissent les flancs sont plus petites que celles du dos; les unes et les autres ont une forme conique et un sommet assez aigu pour rendre la surface du tronc fort rude au toucher. Les membres sont proprotionnellement plus trapus, plus courts que ceux des Iguanes; les ongles sont crochus.

La coloration varie avec l'âge. Chez les individus. jeunes on remarque de nombreuses taches d'un gris clair se détachant sur un fond noir; sur le dos se voient des taches alternativement noires et d'un gris sale disposées en bandes ou en séries transversales plus ou moins régulières. Les adultes ont les parties supérieures du corps noirâtres, nuancées de teintes plus claires; quelques anneaux noirs brunâtres se voient sur la queue; le ventre est d'un brun jaune sale; lacrête présènte des bandes alternativement jaunes ou grises et noires. On rencontre parfois des individus complètement et uniformément noirs.
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Colonie d'Iguanes marins, aux Galapagos.
Une colonie d'Iguanes marins (Amblyrhinques), aux Galapagos.

Le genre Conolophus.
Le Conolophe, essentiellement terrestre, se distingue facilement du genre marin par ses formes plus massives, plus lourdes, les pattes plus trapues, les doigts absolument libres, la queue plus courte, presque arrondie; dépourvue de crête. Les écussons de la face supérieure de la tête sont plus petits et beaucoup plus nombreux que pour l'Amblyrhinque; parmi ces écussons, ceux qui occupent la région occipitale sont les plus gros et les plus pointus; les narines sont grandes. Le crâne est très fuyant. Les écailles du cou, du dos et des flancs sont petites et de forme conique; les écailles du ventre sont beaucoup plus grandes et lisses. Sur le cou se voit une crête assez élevée composée de tubercules coniques, allongés, éloignés les uns des autres; cette crête se continue sur une certaine longueur du dos où. elle est formée d'écailles en dents de scie auxquelles se mêlent de distance en distance des tubercules coniques.
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Iguane terrestre, aux Galapagos.
Iguane terrestre (Conolophe) des Galapagos. Images : The World Factbook.

La tête a une teinte d'un jaune citron plus ou moins vif; le dos, au voisinage de la crête, est d'un rouge brique ou d'un rouge de rouille parfois orné de bandes jaunes ou rougeâtres; vers les flancs la coloration passe au rouge foncé impur; çà et là se voient quelques petites taches brunes irrégulières et mal limitées. Les pattes de devant sont rougeâtres à leur partie supérieure; les membres postérieurs sont colorés en jaune brunâtre; les ongles ont une teinte noire.

Les Corythophaninés

Ces animaux habitent la Guyane, le Mexique, le Guatemala, les deux versants de la cordillère des Andes.

Le genre Basiliscus.
Une tête de forme quadrangulaire, surmontée, chez les mâles adultes, d'un lambeau de peau mince et flexible, le plus souvent triangulaire, dont la pointe est assez prolongée en arrière, le bord externe des doigts garni d'une frange, écailleuse dentelée, une crête dorsale soutenue dans son épaisseur par les apophyses épineuses des vertèbres, qui sont très élevées, sous le cou, un rudiment, de fanon suivi d'un pli transversal bien marqué,  tels sont les principaux caractères qui permettent de reconnaître les étranges reptiles que les zoologistes actuels désignent sous le nom de Basilics.

Mœurs, habitudes. 
Ils se tiennent sur les arbrisseaux situés près des ruisseaux et des rivières.

Bocourt nous apprend «qu'ils nagent très bien et sont d'une agilité extraordinaire; poursuivis, ils sautent de branche en branche, et il est à remarquer qu'étant ainsi en mouvement, ils portent toujours la queue relevée au-dessus du tronc. Les Basilics se nourrissent principalement d'insectes; aussi les rencontre-t-on communément près des habitations indiennes où ils trouvent plus facilement les coléoptères qu'ils recherchent. A la fin d'avril ou au commencement de mai, la femelle pond dans un trou, au pied d'une souche ou d'un tronc d'arbre, de 12 à 18 oeeufs, dont elle abandonne l'incubation au soleil. »
Sumichrast, qui a fréquemment observé le Basilic à bandes, s'exprime ainsi à propos de cette espèce : 
« Ce charmant animal, dont les moeurs ne rappellent en rien l'être fabuleux que les anciens avaient baptisé du nom de Basilic, est commun sur les bords de presque toutes les rivières des terres chaudes du Mexique c'est au printemps qu'il est plus facile de l'observer, et c'est alors que le mâle se fait remarquer par l'élégance de ses formes, la vivacité des couleurs de sa robe et la gentillesse de ses mouvements. Dès que le soleil à réchauffé l'atmosphère, il quitte sa retraite de nuit et se met en quête de sa proie. Si au bord de l'eau s'élève un tronc d'arbre sec, on peut être certain d'y rencontrer, aux heures brûlantes du jour, un Basilic en sentinelle. Le corps voluptueusement étendu, comme pour absorber le plus possible de chaleur solaire, il demeure dans une quiétude parfaite; mais si, quelque bruit vient à éveiller son attention, il redresse la tête, enfle sa gorge et agite rapidement le cimier membraneux dont son occiput est couronné. Son oeil perçant, à iris, d'un jaune sombre, pailleté d'or, interroge, les environs; si le danger est imminent, son corps, tout à l'heure flasque et mou, se détend comme un ressort, et; d'un, bond aussi; rapide, que, l'éclair, il se jette à l'eau. En nageant, il hausse la tête et la poitrine; ses pattes antérieures fouettent l'eau comme des avirons, tandis que sa longue queue la sillonne comme un gouvernail. De cette habitude lui est venu le nom de Pasarios, passe-ruisseaux. »

Les Polychrotinés

Le genre Anolis.
Les Anolis se distinguent facilement de tous les autres Iguanidés par ce caractère que les doigts, garnis d'ongles, sont élargis près de leur extrémité en un disque ovalaire garni de lamelles écailleuses, et imbriquées, qui rappellent ce que l'on voit, chez certains Geckotiens, chez les Hémidactyles, par exemple. Ajoutons que la tête est quadrangulaire, que les membres postérieurs sont plus longs que les antérieurs, qu'il n'existe pas de pores fémoraux, et que le palais est armé de dents. 

Les Anolis ont, comme plusieurs autres espèces d'Iguanidés, un appendice cutané qui, prenant naissance sous le menton, se termine quelquefois très en arrière de la poitrine. Cet appendice n'a aucune ressemblance avec un goitre, mais représente un fanon souvent plissé sous la gorge, qui peut, selon la volonté de l'animal, se déployer à la façon d'un éventail; alors il est très mince, et son contour, libre, semi-circulaire, est dentelé; dans cet état, les écailles dont il est garni restent espacées les unes des autres; les couleurs les plus vives, variables suivant les espèces, y apparaissent; c'est le rouge, le bleu, l'orangé, le violet ou le jaune doré; mais toujours une de ces teintes domine toutes les autres et se présente sous forme d'une tache circulaire, accompagnée de lignes plus claires, d'un ton rosé, dues à l'espacement des écailles.

Les mâles ont toujours cet appendice gulaire mieux développé que les femelles; de plus, ils sont reconnaissables en ce que leur queue est plus épaisse à sa base, et souvent armée, à la partie postérieures de l'anus, de quelques écailles plus grandes que les autres. Certaines espèces ont la queue comprimée, avec une forte dentelure ou une crête plus ou moins développée. qui, chez les adultes, est soutenue par les apophyses épineuses des vertèbres.

Leur coloration, quoique souvent uniforme, est brillante, et quelquefois relevée par des reflets métalliques. Les femelles ont le dessus du corps d'une teinte plus foncée, avec des taches rhomboïdales; ou bien elles portent seulement une bande claire parcourant la région médiane du dos; la tête est assez souvent pointillée de brun en dessous.

Distribution géographique
Les Anolis, dont on connaît une quarantaine d'espèces, habitent tous les parties les plus chaudes de l'Amérique et se retrouvent dans les îles de la mer des Caraïbes.

Mœurs, habitudes, régime.
Ces Sauriens si brillants, ordinairement si vifs, et entièrement diurnes, se plaisent au grand soleil; toutes les espèces peuvent, sous certaines influences, non seulement changer de forme, mais encore de couleurs; il est vrai que cette dernière faculté consiste seulement à faire varier celles qui leur sont propres. 

Sous l'empire de la peur, ils deviennent tout à coup méconnaissables; des tons ternes et terreux remplacent les teintes plus ou moins éclatantes dont ils étaient parés. Poursuivis ou observés, ils font leur possible pour disparaître derrière la branche qui les soutient; alors ils ont quelque ressemblance avec les Caméléons : leur corps s'allonge, leur marche devient lente et indécise, leur oeil excessivement mobile, ce qui leur permet de voir à la fois en avant et en arrière. Pour échapper plus facilement à leur ennemi, ils se laissent volon tiers tomber dans l'herbe ou sur la terre, pour reprendre aussitôt leur vivacité habituelle. Il est à noter que, lorsqu'ils courent, ils ne laissent jamais traîner leur queue, mais la relèvent en arc afin d'en préserver l'extrémité. On les trouve généralement dans les lieux cultivés; aux environs des habitations, sur les murs, les arbustes et souvent sur les buissons situés non loin des cours d'eau ou de la mer. L'Anolis cristatella, lorsqu'il est poursuivi, ne craint pas de se réfugier dans les eaux peu profondes de la plage, où il saute plus qu'il ne nage.

Quelques-uns de ces animaux portent une crête plus ou moins développée sur le cou, le tronc et la queue; sous certaines influences, ils ont la faculté de soulever la peau de ces régions, qui est peu adhérente aux muscles, et de former ainsi une ou deux crêtes factices, minces, assez élevées et, en apparence, légèrement dentelées, à cause des écailles un peu plus grandes qui les surmontent.

Extrêmement souples, très vifs, les Anolis font la chasse à tous les insectes et aux araignées, sur lesquels ils se précipitent avec la plus grande adresse.

Nicolson rapporte qu'à certaines époques de l'année les Anolis se livrent des combats acharnés. 

« Dès qu'un de ces animaux, écrit ce naturaliste, aperçoit un individu de son espèce, il court vivement sur son adversaire qui l'attend bravement. Avant le combat, les deux ennemis se tournent en face l'un de l'autre, à peu près à la manière des coqs, en agitant rapidement leur tête de haut en bas et de bas en haut, en gonflant leur gorge; puis ils se jettent l'un sur l'autre avec, fureur. Lorsqu'ils sont d'égale force, le combat, qui a lieu le plus souvent sur une branche d'arbre, ne se termine pas de sitôt. D'autres Anolis s'approchent des deux combattants, sans prendre nullement part à la lutte, à laquelle ils semblent prendre grand plaisir. Les deux champions se mordent de toutes leurs forces, avant que de quitter le champ de bataille; puis bientôt, après quelques instants de répit, reprennent le combat qui dure jusqu'à ce que le plus faible soit tué ou qu'il ait la queue cassée. »
Avec ses pattes de devant, la femelle creuse, au pied d'un arbre ou au voisinage d'un mur, un trou peu profond dans lequel elle dépose des oeufs d'un blanc sale qu'elle recouvre ensuite de terre, en confiant l'éclosion au soleil

Les Phrynosomatinés

Les Phrynosomes ont une forme tellement étrange qu'il est impossible de ne pas les reconnaître alors qu'on a vu un seul d'entre eux. Ils ont, en effet, le tronc court, ovalaire, fort déprimé, les membres courts, les doigts peu développés, dentelés sur les bords, la queue très courte, large à sa base; le dos hérissé de tubercules s'élevant au milieu de petites écailles imbriquées, la tête courte, à vertex incliné en avant, armée de forts piquants. Ajoutons que les dents des mâchoires sont petites et coniques, qu'il n'existe pas de dents à la voûte palatine, que le dos est dépourvu de crête et que chaque cuisse est garnie de pores.
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Phrynosome.
 Phrynosome (Phrynosoma macallii). Photo : Jim. Rorabaugh.

Toutes, les espèces offrent une preuve de la variété des modifications qui peuvent se ren contrer dans un même type, sans que l'uniformité de plan général soit modifiée; un Phrynosomatinés ressemble dans son ensemble à un autre Phrynosomatinés et cependant ces animaux, si semblables entre eux, présentent une série de modifications qui ont permis de les classer en plusieurs genres distincts; chez les uns, en effet, le tronc auriculaire est apparent, tandis, que chez les autres il est caché; cer tains ont les narines percées, sur la ligne sourcilière, d'autres en dedans de cette ligne; les écailles de la gorge sont. égales ou d'inégale grandeur; la queue est plus ou moins longue; les épines de la tête plus ou moins développées. 

La coloration est de couleur terre de Sienne, brunâtre ou gris roussâtre, souvent relevée de taches brunes ou noires liserées de jaune.

Ces animaux habitent la partie sud des États-Unis, le Texas, la basse Californie, le Nouveau Mexique, le Nebraska, le Kansas, les déserts du Colorado, le Sonora, le Rio-Grande, l'Utah, les plateaux du Mexique(E. Sauvage / A.E. Brehm).

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Dictionnaire Les mots du vivant
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