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Raymond d'Agiles
ou d'Aguilers, chroniqueur de la fin du XIe
siècle, auteur d'une histoire de la première croisade .
Chanoine de l'église du Puy, il prit
part à la première croisade comme chapelain de Raymond de
Saint-Gilles, comte de Toulouse. Il se lia avec Ponce de Balazun, chevalier
du comte, et tous deux formèrent le projet d'écrire un récit
de l'expédition. Ponce ayant été tué, Raymond
poursuivit et acheva seul l'oeuvre commencée. Au siège d'Antioche,
lors d'une sortie des croisés le 28 juin 1098, Raymond précédait
la colonne tenant dans ses mains la sainte lance. Il assista à la
prise de Jérusalem;
il accompagna le comte de Toulouse dans son pèlerinage
au Jourdain; on le retrouve à la bataille d'Ascalon ;
nous ignorons ce qu'il devint ensuite.
Son Historia Francorumn qui ceperunt
Hierusalem est particulièrement précieuse parce qu'il
a été témoin oculaire des événements
qu'il raconte et qu'il prend soin d'avertir le lecteur lorsqu'il rapporte
un fait qu'il tient d'un autre. Cette histoire, publiée pour la
première fois par Bongars (Gesta Dei,
pp. 139-180), a été republiée en 1866, au t. III,
pp. 231-309 du Recueil des historiens occidentaux des croisades;
une traduction en a été donnée par Guizot,
en 1824, dans les Mémoires sur l'histoire de France (t. XXI,
pp. 227-397). (M. Prou). |
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Raymond de Peñafort
(Saint), moine et écrivain, né au château de Peñafort
(Barcelone)
en 1175, mort à Barcelone en 1275. Il était d'une famille
très distinguée de la Catalogne .
Il s'adonna de très bonne heure aux études philosophiques
et littéraires. Pour achever son instruction il se rendit, comme
bien d'autres Espagnols, à l'Université de Bologne. Rentré
en Espagne, on lui accorda un canonicat à Barcelone et plus tard
la charge d'archidiacre de la cathédrale. En 1222, il entra dans
l'ordre de Saint-Dominique dont il fut élu général
en 1238.
A cause de ses connaissances extraordinaires
en droit canon, il fut appelé par le pape Grégoire
IX pour former la collection des Décrétales.
Il composa en effet en livre qui est le cinquième Corpus juris
canonici, et une Somme (Somma)
sur la pénitence et le mariage. On lui doit l'établissement
en Catalogne
de l'ordre religieux de la Merced (1248). approuvé par le pape en
1235. Il travailla aussi beaucoup pour l'établissement de l'Inquisition
dans le Sud de la France et en Aragon .
Il fut canonisé par le pape Clément
VIII en 1601. (R. A.). |
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Raymond (Sebonde,
Sebond,
Sabonde,
Sabunde,
Sebeyde,
de
Sebonde), né à Barcelone
vers la fin du XIVe siècle, mort
à Toulouse
en 1432. Professeur de théologie
et de médecine à Toulouse, il est l'auteur d'une Théologie
naturelle (Theologia naturalis, sive liber creaturarum) «
bastye d'un espaignol baragouiné en terminaisons latines »,
dont il donna lui-même un abrégé
(De Natura hominis dialogus). La Théologie, mise en
français par Montaigne en 1569, antérieurement
traduite en latin, comme l'abrégé, eut un grand succès
jusqu'au milieu du XVIIIe siècle,
Ce qui en fait l'originalité, c'est qu'elle a pour objet de démontrer
tous les dogmes .
Le livre de l'universel ordre des choses ou de
la nature nous a été donné
à l'origine; le livre des Écritures
nous a été octroyé par la suite. L'un et l'autre s'accordent,
et il n'y a pas un seul mystère
de la religion
qui ne puisse et ne doive être expliqué par la philosophie.
La philosophie est donc l'interprétation de la nature, qui se réfléchit
dans l'humain.
La nature nous
présente quatre groupes d'êtres : les
uns n'ont que l'existence; d'autres ont l'existence
et la vie; d'autres ajoutent la sensibilité
à la vie et à l'existence, enfin il en est qui possèdent
en plus la raison et la liberté. De la
considération de ces êtres, on s'élève à
l'idée d'une cause
première, source de toute existence, de toute vie, de toute sensibilité,
de toute liberté, de toute intelligence.
C'est par un acte de liberté que Dieu
produit l'univers pour lut communiquer une partie de ses perfections et
de sa béatitude. Raymond prouve de même, par la lumière
de la raison, la Trinité ,
l'Incarnation, le péché originel, la grâce, la résurrection
des morts
: l'humain, dit-il, naturellement porté vers son bien, vers la plus
grande satisfaction qu'il puisse concevoir, doit attacher sa foi à
tous ces dogmes plus avantageux pour lui que l'opinion
contraire. Faut-il voir ici l'argument du pari de
Pascal?
Il n'est pas impossible que Pascal en ait pris l'idée chez Raymond.
Faut-il affirmer, comme on l'a fait, qu'il
y a dans la préface, où Raymond annonce l'intention de démontrer
les dogmes par la raison « un souffle avant-coureur de la philosophie
moderne ? » Il est beaucoup plus exact d'y voir, avec Turnèbe,
quelque «-quintessence de saint Thomas
d'Aquin
», ou, mieux encore, de remonter par saint Anselme,
Gerbert,
Scot
Erigène et Alcuin, jusqu'à saint
Augustin,
où la raison est plus ou moins utilisée pour établir
les dogmes qui s'imposent à la foi
du chrétien .
La morale de Raymond, fondée sur l'amour
qui nous convertit en bien ( Procession);
sa politique, qui commande aux « princes terriens de respecter et
de servir la puissance spirituelle, dont leur autorité tire sa force
et sa vie », sont bien aussi d'un penseur du Moyen âge
et non d'un moderne, d'un théologien
catholique
et non d'un savant et d'un rationaliste.
(F. Picavet). |
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Raymond (Jean-Michel),
chimiste né à Saint-Vallier (Drôme) le 24 mars 1766,
mort à Saint-Vallier le 6 mai 1837. Il fit d'abord sa médecine
à Montpellier, puis vint étudier la chimie à Paris
et fut l'élève de Fourcroy, de
Vauquelin,
de Berthollet. De retour dans son pays natal,
il y fonda un grand établissement pour le blanchiment des toiles,
mais le comité de Salut public l'envoya dans le Midi comme inspecteur
général des poudres et salpêtres, et, par la suite,
il devint tour à tour répétiteur à l'École
polytechnique, professeur à l'École centrale de l'Ardèche
(1802), professeur de chimie tinctoriale à Lyon.
En 1818, il retourna de nouveau à Saint-Vallier et y dirigea jusqu'à
sa mort une fabrique de produits chimiques. Il a fait faire d'importants
progrès à la chimie industrielle. On lui doit notamment la
découverte d'une couleur nouvelle, le bleu Raymond. Il a
publié : Essai sur le jeu (Lyon, 1816); Souvenirs d'un
oisif, sorte d'autobiographie (Lyon, 1836, 2 vol.). |
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