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Les
gens
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| Vauquelin
(Jean de la Fresnaye), poète né à la Fresnaye-au-Sauvage,
près de Falaise, en 1536, mort en 1607. La noblesse de sa famille
remontait, si on l'en croit lui-même, à Guillaume
le Conquérant; son père, lieutenant des gens d'armes
sous le maréchal d'Annebaut, mourut à trente ans, laissant
la terre de la Fresnaye grevée. Heureusement sa mère, Barbe
de Boislichausse, put, à force d'économie, libérer
le patrimoine du futur poète. En 1549, elle envoya son fils à
Paris; il y resta jusqu'en 1554, étudiant les belles-lettres sous
la direction de Tournebu, de Baquet et de Muret,
et il connut à cette époque la plupart des poètes
de la jeune école. En 1554, après quelques hésitations,
il se décida à faire son droit et, accompagné de deux
amis, se mit en route pour Poitiers. Mais, avant même d'y être
arrivé, à Angers Vauquelin se remit en route pour aller
poursuivre ses études de droit à Orléans Vauquelin, d'ailleurs, ne s'en tint pas
aux vers : en 1574, on le retrouve, en qualité de commissaire des
vivres, aux sièges de Domfront, puis de Saint-Lô. C'est cette
même année qu'il fait le projet d'écrire un Art
poétique et fait part à Desportes de son projet. Après
la mort de Charles IX, Desportes, favori de
Joyeuse, fit recommander par lui Vauquelin au nouveau roi. Henri
III écrivit au poète une lettre flatteuse et le nomma
intendant des côtes de Normandie « Jamais je ne m'oubliay tant que je laissasse les affaires pour entendre à mes vers... Je n'escoutoy les Sirènes des Muses qu'à mon grand loisir et aux heures où d'autres s'ébattent à des exercices moins honnestes ».Pourtant, de 1581 à 1585. il avait écrit des Satires, des Idillies, une Israélide et une Pastorale, inédites. Député aux États de Blois Les poésies de Vauquelin ne sont pas sans valeur; la langue en est saine et pure, l'inspiration souvent sincère. Mais il leur manque l'originalité et la force. Elles ressemblent un peu trop à la poésie courante de cette époque. C'est par son Art poétique que Vauquelin occupe dans l'histoire de notre littérature une place importante. Boileau, qui n'a pas parlé de lui, l'avait lu et souvent imité. Vauquelin lui-même avait pris à tâche de suivre Horace pas à pas, et une grande partie de son ouvrage est consacré â formuler des préceptes généraux, fidèlement traduits du latin. Cependant, il s'y trouve aussi des jugements sur les poètes contemporains. L'Art poétique représente la doctrine de transition entre les théories de la pléiade et celles de Malherbe; Vauquelin ne formule pas encore nettement les règles sévères de Malherbe, mais il réagit avec vigueur contre la fantaisie excessive de Ronsard et de ses disciples. Oublié et dédaigné pendant le XVIIe et le XVIIIe siècle, Vauquelin a été, comme tant d'autres, réhabilité par Sainte-Beuve. (A. Bayet).
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| Vauquelin
des Yveteaux (Nicolas), poète
né au château de La Fresnaye, près Falaise, vers 1570,
mort à Brianval en 1649. Précepteur du duc de Vendôme,
fils de Gabrielle d'Estrées, il composa pour son élève
un poème, l'Institution du Prince, sa seule oeuvre sérieuse.
Il fut ensuite précepteur du Dauphin (plus tard Louis
XIII), mais son goût du plaisir le fit congédier. Vêtu
avec une extravagance que Tallemant a signalée, des Yveteaux présenta
à la cour son compatriote Malherbe. Il
vivait en épicurien dans sa belle résidence du faubourg Saint-Germain,
dont il avait fait un centre de vie élégante; tombé
dans la pastorale, on le vit errer dans ses jardins, la houlette à
la main, poussant des bergers enrubannés au milieu de bergères
fardées; il épousa une joueuse de harpe des carrefours, et
se fit jouer par elle une sarabande à son heure dernière,
pour passer plus doucement. Pendant trente-cinq ans, il mena cette vie
voluptueuse et ridicule dont il a laissé la philosophie
dans un sonnet |
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| Vauquelin
(Louis-Nicolas), chimiste né à Saint-André-d'Hébertot
(Calvados) le 16 mai 1763, mort à Saint-André-d'Hébertot
le 14 novembre 1829. Il alla se placer, à quatorze ans, comme garçon
pharmacien, à Rouen, puis, à seize ans, à Paris, où
il arriva avec un écu en poche, et, remarqué par Fourcroy,
parent de son patron, entra dans son laboratoire où il passa huit
années (1783-91). Reçu pharmacien en 1792 et envoyé
l'année suivante à Melun comme pharmacien en chef de l'hôpital
militaire, il fut rappelé en 1795 à Paris comme inspecteur
et professeur de docimasie à la nouvelle École des mines
et, quelques mois après, fut chargé d'une suppléance
de chimie à l'École polytechnique. En même temps, il
était nommé membre de l'Institut, qu'on venait de réorganiser.
Il devint par la suite professeur de chimie au Collège de France,
en remplacement de Darcet (1801). essayeur â
la Monnaie (1802), directeur de l'École spéciale de pharmacie
(1803), professeur de chimie au Jardin des Plantes Vauquelin fut un professeur peu brillant, mais très méthodique, qui forma d'illustres élèves, comme Chevreul, Orfila, Payen, Bouchardat. Il se montra, de plus, un expérimentateur fort sagace, doué au plus haut degré du sens analytique, et, sans pouvoir être rangé au même titre que les Lavoisier, les Fourcroy et les Berthollet, parmi les fondateurs de la chimie moderne, il a, du moins, notablement contribué à ses premiers progrès. On lui doit, notamment,
la découverte, en 1797, de deux corps nouveaux, le chrome et le
glucinium. Il a rendu, d'autre part, de signalés services à
l'industrie et à l'hygiène par ses multiples observations
sur le fer, l'acier, le plomb, la fabrication de l'alun, celle du laiton,
l'eau de couleur des bijoutiers, l'action oxydante du vin, de l'huile,
du vinaigre, etc. Enfin, il s'est livré, dans les règnes
végétal et animal, à de délicates recherches
sur les principes immédiats de nombreuses plantes, sur la sève
des végétaux, sur la respiration .
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.