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| Ghazâlî
et non Ghazzâli (Aboû Hâmid Mohammed ibn Ahmed El-),
théologien arabe de la secte orthodoxe des Châfyites et de
l'école rationaliste d'Achari, philosophe sceptique,
l'un des plus grands moralistes musulmans Ghazâli, en
effet, se fit bientôt connaître par son rare talent de controversiste.
Il fut, suivant Ibn Khaldoûn, le premier qui appliqua la logique
à la scolastique. Le célèbre vizir seldjoûkide
Nizhâm el-Moulk ayant assisté à plusieurs de ses conférences,
l'encouragea dans son oeuvre de rénovation religieuse; il lui fit
de flatteuses ouvertures et le nomma professeur à la Nizhâmiya
de Bagdad Mais bientôt
fatigué de ces luttes incessantes, inclinant d'ailleurs au mysticisme A Damas, où
il étudia deux ans, il passait de longues heures au haut du minaret Esprit éminent, écrivain distingué, âme généreuse, Ghazâli cherche à garder une position intermédiaire entre les partis. Porté par ses goûts vers l'investigation philosophique, il s'efforce de spiritualiser l'islam. Par crainte de l'athéisme, il défend l'orthodoxie; mais il se réjouit aussi des progrès utiles et bienfaisants de la science humaine. Il n'est pas, toutefois, un défenseur étroit de l'orthodoxie; il juge avec douceur et bon sens l'opinion d'autrui, mais son but est nettement apologétique : il s'efforce d'établir la supériorité de l'islâm sur les autres religions et sur la philosophie. En outre un souffle mystique tempère dans ses écrits la rigueur de l'orthodoxe et le scepticisme du philosophe. C'est ainsi que dans son livre sur la Renaissance des Sciences religieuses (lhya Ouloûm ed-Dîn: Boulâq,1852, 2 vol. in-fol.), sorte d'encyclopédie théologique où il se montre théologien intelligent et profond moraliste, sa préoccupation est de perfectionner l'islam en empruntant aux Soûfis leur morale. Le Kitâb Maqâsid el-Falâsifa (Tendances des Philosophes) est un exposé des théories philosophiques dont Ghazâli montre le côté faible, sans distinguer le vrai du faux ni rien affirmer lui-même. Cet ouvrage a été publié et traduit en latin par Petrus Lichtenstein sous le titre Logica et philosophia Algazelis Arabis (Venise, 1504). Dans le Kitâb Tahâfout el-Falâsifa (Destruction des Philosophes) dont il existe une traduction hébraïque en manuscrit à la Bibliothèque nationale, Ghazâli déclare qu'il ne se porte le champion d'aucun système particulier, il range méthodiquement les opinions antiques des philosophes afin d'établir que tel système en détruit un autre. La plus suggestive
de ses oeuvres est peut-être son Kitâb el-Mounqid min edh-Dhalal
(= le Préservatif de l'Erreur), réfutée plus
tard par Averroès, édité
et transcrit par Sehmelders dans son Essai sur les Ecoles philosophiques
chez les Arabes et notamment sur la doctrine d'Algazzali (Paris, 1842),
traduit de nouveau par Barbier de Meynard dans le Journal asiatique
(janvier 1877). C'est là qu'il raconte, sorte d'examen de conscience
philosophique, son pèlerinage Un autre traité
de ce genre est celui intitulé Mizân et-Amal ( = la
Balance des Actions), traduit en hébreu par Rabbi Abraham ben
Hasdaï, publié par Goldenthal et traduit en latin : Compendium
doctrinae ethicae (Leipzig, 1839); le Kitâb el-Wâsit
est un ouvrage de jurisprudence; la Dourra el-Fakhîra ( =
la
Perle Précieuse) est un exposé de l'eschatologie musulmane,
publié et traduit par L. Gautier (Genève, 1878); le Michqat
el-Anwar et le Mirâdj es-Sâlikin sont des traités
où l'auteur examine les idées mystiques, fait l'histoire
et la critique du soufisme |
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