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Les
textes
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| Somme (du
latin summa), titre de certains ouvrages qui traitent en abrégé
de toutes les parties d'une science, d'une doctrine. Le plus célèbre
est la Somme de St Thomas d'Aquin |
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| La Somme du Pseudo-Geber.
- Les ouvrages latins qui portent le nom de Geber
n'ont, pour ainsi dire, rien de commun avec ses ouvrages arabes et ne portent
pas le caractère de traductions. Ils sont inconnus des chimistes
arabes; et même des traducteurs latins de livres attribués
à Razhès et à Avicenne.
Aucune mention précise de ces ouvrages n'est faite dans les auteurs
latins authentiques du milieu du XIIIe
siècle, tels que Albert le Grand et
Vincent
de Beauvais Les opuscules De Investigatione perfectionis,
De lnventione veritatis et le Liber fornacum ne sont pas autre
chose que des extraits et des résumés de la Summa,
qui y est citée à plusieurs reprises. Ils reproduisent les
mêmes préparations et opérations, avec addition de
noms et de faits plus modernes, tels que les noms du salpêtre, du
sel de tartre, de l'alun de roche et de plume, la mention des eaux dissolvantes
obtenues en distillant un mélange de vitriol de Chypre « Voici bien longtemps que cette science est poursuivie par des gens instruits; s'il était possible d'en atteindre le but par quelque voie, on v serait parvenu déjà des milliers de fois. Nous ne trouvons pas la vérité, sur ce point, dans les livres des philosophes qui ont prétendu la transmettre. Bien des princes et des rois de ce monde, avant à leur disposition de grandes richesses et de nombreux philosophes, ont désiré réaliser cet art, sans jamais réussir à en obtenir les fruits précieux; c'est donc là un art frivole. »Parmi les arguments contraires, je transcris le suivant, qui est resté un principe de philosophie expérimentale: « Ce n'est pas nous qui produisons ces effets, mais la nature; nous disposons les matériaux et les conditions et elle agit par elle-même : nous sommes ses ministres. »L'auteur attribue aux anciens cette opinion que les principes sur lesquels la nature opère, sont : l'esprit fétide et l'eau vivante (soufre et mercure, auxquels il ajoute l'arsenic); chacun de ces principes doit être changé en une terre correspondante. Puis de ces deux terres, la chaleur développée dans les entrailles de la Terre extrait une double vapeur subtile, qui est la matière immédiate des métaux. Il expose une série de faits positifs, parfois défigurés par les interprétations de l'auteur. « Le soufre perd la majeure partie de sa substance par la calcination [...]. Tout métal calciné avec lui augmente de poids [...]. Uni au mercure, il produit du cinabre, etc. »Puis viennent les six métaux. L'auteur les énumère et les définit avec une grande netteté : « Le métal est un corps minéral, fusible, malléable, etc. »,puis il traite de chacun d'eux, dans un chapitre séparé, en présentant d'abord la définition exacte : « L'orTout ceci est d'une fermeté de pensée et d'expression inconnue aux auteurs antérieurs, notamment au Geber arabe. Cependant l'auteur croit, comme tous les alchimistes La dernière partie reprend un caractère
plus clair et plus réel pour les modernes; elle expose l'analyse
et l'épreuve des métaux par coupellation (cineritium), cémentation,
ignition, fusion, exposition aux vapeurs acides, mélange et chauffage
avec le soufre, calcination, réduction, amalgamation. Tout cela
représente, je le répète, une science véritable,
qui poursuit un but réel, par des procédés sérieux,
sans mélange d'illusion mystique et de charlatanisme. Tel est cet
ouvrage, remarquable par l'esprit méthodique et rationnel qui a
présidé à sa composition, et par la clarté
avec laquelle sont exposés les faits chimiques relatifs à
l'histoire des métaux et des autres composés. Mais cette
méthode
même, ces raisonnements nets, cette
coordination logique des faits et des idées
trahissent le lieu et l'époque où le livre a été
composé. C'est là une oeuvre du XIIIe
siècle latin, et on ne saurait, en aucune façon, l'attribuer
à un auteur arabe du VIIIe ou IXe
siècle. La Summa ne contient aucun indice d'une semblable
origine, ni dans la méthode, ni dans les faits, ni dans les mots
ou les personnages cités, ni dans les allusions à l'islam L'hypothèse la plus vraisemblable, c'est qu'un auteur latin, resté inconnu, a écrit ce livre dans la seconde moitié du XIIIe siècle, et l'a mis sous le patronage du nom vénéré de Geber; de même que les alchimistes gréco-égyptiens avaient emprunté le grand non de Démocrite pour en couvrir leurs élucubrations. En raison de sa clarté et de sa méthode, supérieure à celle des traités traduits réellement de l'arabe, l'ouvrage latin du pseudo-Geber a pris aussitôt une autorité considérable; mais son attribution aux Arabes a longtemps faussé toute l'histoire des sciences, en conduisant à attribuer à ceux-ci des connaissances positives qu'ils n'ont jamais possédées. (M. Berthelot). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.