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Gerbert,
devenu pape sous le nom de Sylvestre II. Né vers 930
à Aurillac
en Auvergne ,
d'une famille obscure, mort en 1003, reçut une éducation
solide à l'abbaye d'Aurillac, alla
se perfectionner en Espagne
près du savant Hatton, évêque de Vich, puis entra dans
l'ordre des Bénédictins. Il
s'attacha à l'empereur Othon I, qui lui confia l'éducation
de son fils (Othon II) et lui donna l'abbaye de Bobbio ;
il revint plus tard en France ,
où Hugues Capet le nomma précepteur
de son fils Robert et l'éleva à l'archevêché
de Reims
(992). Cette nomination ayant déplu au pape Jean XV, Gerbert retourna
en Allemagne .
Othon III, maître de l'Italie ,
lui donna l'archevêché de Ravenne (997), et le fit élire
pape en 599 : c'était le premier pape français. Gerbert possédait
des connaissances prodigieuses pour son siècle, ce qui le fit accuser
de magie ;
il savait la géométrie, la mécanique,
l'astronomie ,
et même la musique; on lui attribue (mais certainement à tort)
l'introduction en Europe
des chiffres dits arabes et l'invention de l'horloge à balancier.
Dans sa lettre
au frère Ada. Il y est question d'une sorte d'horloge (horologium)
annuelle, où se trouve, à partir des équinoxes ,
indiquée la durée variable du jour, comparativement à
la durée complémentaire de la nuit.
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Le malentendu
des tubes astronomiques
S'appuyant
sur un passage de la Chronique de Ditmar (évêque de
Mersebourg, mort en 1019), on a voulu faire passer Gerbert pour l'inventeur
du télescope. Voici ce passage :
G.
in Magdeburgo horologium fecit, illud recte constituens, considerata per
fistulam quamdam stella nautarum duce.
Mais
rien ne dit que ce tube, fistula, par lequel le constructeur de l'horloge
regardait l'étoile polaire, "guide du navigateur," stella nautarum
dux, fût une lunette d'approche ou tout instrument analogue.
Il s'agissait évidemment d'un simple tube d'orientation. On sait
que, pour s'orienter, les Anciens se servaient d'un tube en bois ou en
métal; d'abord, parce que ce tube, exactement dirigé sur
l'étoile polaire
immobile, pouvait, pendant le mouvement diurne ,
rester en place pour indiquer toujours le point nord; ensuite, parce que
par ce moyen on aperçoit plus nettement l'astre qu'on isole ainsi
par une sorte de pointage. Voilà, selon nous tout le secret de ces
tubes d'observation, dont avaient déjà parlé Aristote,
Strabon,
etc., et sur lesquels on a tant discuté[2].
[2]
La preuve qu'on se servait depuis longtemps de simples tubes sans verre,
c'est la comparaison qu'en fait Aristote (De generatione animalium,
lib. XV). Il compare les tubes avec lesquels on regardait les astres à
l'une des mains, à demi fermée avec les doigts, qu'on applique
sur l'œil pour mieux voir, ou à l'effet d'un puits du fond duquel
on voit les étoiles en
plein jour. C'est ce qui donne aussi l'explication de ce dessin d'un manuscrit,
cité par Mabillon, qui représente
Ptolémée
observant le ciel avec un tuyau. Quant au fameux passage de Strabon, où
il serait question "de rayons visuels se brisant comme s'ils passaient
par des tuyaux," il a été mal interprété
par les commentateurs.
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