|
|
|
|
Dictionnaire
|
|
| École
militaire, à Paris Le principal corps
de bâtiment est décoré d'un ordre de colonnes doriques,
surmonté d'un ordre ionique; au milieu s'élève avec
majesté un avant-corps d'ordre corinthien dont les colonnes embrassent
les deux étages : il est couronné d'un fronton et d'un attique,
avec un dôme orné de sculptures Le monument et l'institution qu'il était destiné à accueillir et dont il garde le nom remontent à Louis XV. Le préambule de l'édit du roi, de janvier 1751, portant création de l'École-Militaire est ainsi conçu : « Après l'expérience que nos prédécesseurs et nous avons faite de ce que peuvent sur la noblesse française les seuls principes de l'honneur, que ne devrions-nous pas attendre, si tous ceux qui la composent y joignoient les lumières acquises par une heureuse éducation? Mais nous n'avons pu envisager sans attendrissement que plusieurs d'entre eux, après avoir consommé leurs biens à la défense de l'État, se trouvassent réduits à laisser sans éducation des enfants qui auroient pu servir d'appui à leurs familles, et qui éprouvassent le sort de périr et de vieillir dans nos armées, avec la douleur de prévoir l'avilissement de leur nom, dans une postérité hors d'état d'en soutenir le lustre, [...]. Nous avons résolu de fonder une école militaire, et d'y faire élever sous nos yeux cinq cents gentilshommes, nés sans biens, dans le choix desquels nous préférerons ceux qui en perdant leurs pères à la guerre sont devenus les enfants de l'État. Nous espérons même que le plan qui sera suivi dans l'éducation des cinq cents gentilshommes que nous adoptons, servira de modèle aux pères qui sont en état de la procurer à leurs enfants; en sorte que l'ancien préjugé qui a fait croire que la valeur seule fait l'homme de guerre, cède insensiblement au goût des études militaires que nous aurons introduit. Enfin nous avons considéré que si le feu roi a fait construire l'hôtel des InvalidesLes conditions déterminées par cet édit de création divisaient les aspirants en huit classes : 1° orphelins dont les pères avaient été tués au service, ou qui étaient morts de leurs blessures soit au service, soit après s'en être retirés;Le produit des droits sur les cartes à jouer, le bénéfice d'une loterie et les revenus de l'abbaye de Saint-Jean-de-Laon, furent les seules ressources financières qui servirent aux frais de cet établissement. La construction de l'édifice fut commencée en 1752, sous la direction de Gabriel, architecte du roi. L'École-Militaire, dissoute en vertu de la déclaration du 1er février 1776, fut rétablie et réorganisée l'année suivante sur un plan plus vaste et mieux entendu. L'aliénation de l'hôtel et des biens provenant de cette école, fut ajournée; mais en 1778 le gouvernement remplaça son revenu par une dotation de 15 millions. Enfin un arrêt du conseil du 9 octobre 1787 supprima définitivement cette école; les élèves furent placés dans les régiments ou envoyés dans les douze collèges militaires établis dans les provinces, en vertu du règlement du 28 mars 1776. En 1783, l'École-Militaire était au nombre des quatre édifices qu'on destina à remplacer l'hôtel-Dieu. L'architecte Brongniart fut chargé d'y exécuter les changements nécessaires. La révolution vint encore modifier ces nouvelles dispositions. La Convention nationale décréta, le 13 juin 1793, la vente de tous les biens formant la dotation de l'hôtel, que l'on transforma en quartier de cavalerie et en dépôt de farine. Bonaparte en fit son quartier-général, et pendant quelques années, on a lu sur la frise de la façade de l'École-Militaire, du côté du Champ-de-Mars, ces deux mots : quartier Napoléon. Devenu empereur, il y établit des régiments de sa garde, qui furent remplacés en 1814 par la garde royale. Par la suite, les vastes bâtiments de cet édifice ont encore servi de caserne à différents corps de la garnison de Paris. L'École-Militaire
a été le théâtre de plusieurs événements
qui presque tous se rattachent à l'histoire du Champ-de-Mars |
|
© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.