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Dictionnaire
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| Villa d'Hadrien.
- L'empereur Hadrien s'était fait construire,
à six lieues environ à l'Est de Rome, au pied des collines
de l'antique Tibur, aujourd'hui Tivoli, une villa aux proportions gigantesques,
où pendant les dernières années de sa vie il vint
se reposer des fatigues de l'empire. De cette magnifique résidence,
il ne reste plus aujourd'hui que des ruines, auxquelles on a conservé
le nom de villa Adriana : c'est un des ensembles les plus considérables
et les plus intéressants qu'il y ait en Italie. Cette villa a dû
être construite vers l'an 125 : elle traversa probablement tout l'empire
sans souffrir d'autres dommages, que ceux de l'abandon et du manque d'entretien,
car elle ne paraît pas avoir servi de résidence à un
autre empereur qu'à celui qui la fit construire. Lorsque Totila,
roi des Goths, ravagea Tibur au VIe siècle,
la somptueuse résidence impériale ne dut pas être épargnée
par les barbares.
Avec le temps, le souvenir même de
la villa finit par se perdre; ces ruines si considérables ne pouvaient
avoir appartenu qu'à une ville ancienne : on imagina que Tivoli
avait d'abord été bâtie à cet endroit dans la
plaine, et ces ruines éparses furent baptisées du nom de
Tivoli
vecchio (= le vieux Tivoli). Lorsque la Renaissance A partir du XIXe siècle, le gouvernement italien fait faire à la villa d'Hadrien des fouilles méthodiques pour reconstituer le plan de l'ancienne demeure impériale. D'autre part, Daumet, lors de son séjour à l'Ecole de Rome, en 1860, a fait, d'une partie de ces ruines, appelée le palais impérial, une excellente restauration.
Reconstitution de la Villa d'Hadrien selon Daumet. Les historiens anciens rapportent qu'Hadrien
fit construire sa villa de Tibur pour perpétuer le souvenir de ses
voyages, en groupant sous ses yeux des reproductions de tous les monuments
ou des lieux qui l'avaient le plus frappé; il voulait que sa villa
fût en quelque sorte un album L'on voit, au Nord-Est, la vallée de Tempé au milieu.de laquelle serpente un petit cours d'eau qu'on a décoré du nom de Pénée. Certes, les eaux ne se frayent pas un passage au milieu des parois étroites des rochers; mais l'endroit a bien son charme avec sa végétation puissante, avec son ombre épaisse, avec son panorama merveilleux; à côté, les montagnes de Tivoli, et Rome au fond du tableau. A l'ouest, on trouve le Poecile. On a donné ce nom à une énorme muraille de briques restée tout entière debout au milieu de ces ruines, longue de 230 mètres et haute de 40, De chaque côté, régnait un portique grandiose : on voit encore les bases des colonnes qui le supportaient. Au centre de la muraille, une porte monumentale permettait de passer d'un côté à l'autre. Les parois du mur devaient être couvertes de peinture, comme au Pœcile d'Athènes; rien ne manquait à se lieu de promenade de la cour impériale, ni le paysage pittoresque, ni les beautés artistiques. La vallée de Canope rappelait la
magnificence du temple de Sérapis de Canope Une villa impériale ne pouvait pas ne pas avoir des thermes; ceux de la villa d'Hadrien forment une des parties les plus curieuses et les mieux conservées de ces ruines, on leur a donné le nom de natatorium. Au centre d'une construction circulaire, voisine du Poecile, se trouve une île artificielle, complètement isolée par un canal de marbre blanc, sur lequel étaient jetés deux ponts mobiles et tournants. Au centre de l'île, un atrium corinthien décoré d'une fontaine; aux angles, des salles de bains et des salles de repos, le tout décoré des marbres les plus riches, mais avec plus de richesse que de goût. (G. L.-G.). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.