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| Hérodote,
historien grec né en 484 av. J.-C., à Halicarnasse L'Histoire d'Hérodote se
compose de 9 livres auxquels les Grecs dans leur admiration ont donné
les noms des neuf Muses |
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| Le
monde d'Hérodote
Trois ou quatre siècles s'étaient écoulés depuis Homère. Les poètes tels qu'Hésiode, Pindare, Eschyle; les historiens et les philosophes tels qu'Hécatée de Milet Les opinions géographiques d'Hérodote ne forment pas un tout unique et complet; il ne les expose que lorsque sa méthode de raconter l'exige, et sa méthode est de ne jamais séparer la géographie de l'histoire, la scène de l'action : elles sont donc éparses dans toutes les parties de ces admirables livres associés par l'enthousiasme de tout un peuple aux noms des neuf Muses. Nous allons les en extraire, afin de les présenter dans leur ensemble. "Pour moi, dit-il, je ne puis m'empêcher de rire quand je vois quelques gens qui ont donné des descriptions de la circonférence de la Terre prétendre, sans se laisser guider par la raison, que la terre est ronde comme si elle eût été travaillée au tour, que l'océan l'environne de toutes parts, et que l'Asie est égale à l'Europe. Mais je vais montrer en peu de mots la grandeur de chacune de ces deux parties du monde et en décrire la figure.Nous avons reproduit ces passages en entier : il est réellement curieux d'y suivre la marche des idées, et des opinions, en même temps que celle des découvertes. Nous venons de voir quelles sont les idées générales d'Hérodote sur le monde; il les complète, toutes les fois que l'occasion s'en présente, par des détails que nous allons grouper autour des noms des trois parties de la Terre. Europe.
Il ne sait rien de certain sur l'extrémité occidentale de
l'Europe, vers le nord, si ce n'est que l'étain et l'ambre viennent
de là; l'Eridan (peut-être, ici, l'Oder) et les îles
Cassitérides Une exploration complète du bassin de l'Istres (le Danube) lui a permis non seulement de décrire tous les affluents de ce fleuve, mais encore elle lui a fait connaître les Keltes (les Gaulois), les derniers peuples de l'Europe du côté du couchant, si l'on excepte les Kynètes (les habitants de l'AIgarves, Portugal). Ce qu'il dit de la Skythie est très complet. C'est un pays plat, abondant en pâturages, et qui est coupé d'innombrables rivières, dont il décrit avec détail les principales. "Le pays au-delà du Tanaïs n'appartient pas à la Skythie. Il se partage en plusieurs contrées : la première est aux Sauromates, qui occupent l'extrémité du Palus-Maiotide; la seconde, aux Boudines, qui se peignent le corps en bleu et en rouge; au-delà est un, désert. Après ce désert, en appuyant vers l'est, on trouve les Tyssaghètes (une des tribus du grand peuple Gheate ou les Gètes), qui, ainsi que leurs voisins les Iyrques, ne vivent que de gibier. Au-delà des Iyrques, à l'est, on trouve d'autres Skythes; puis, plus loin, au pied de hautes montagnes, les Argippéens, peuples chauves qui n'ont aucune arme offensive, et que, pour cette raison, leurs voisins regardent comme sacrés. Les Argippéens racontent que les montagnes au nord de leur pays (les monts de l'Oural) sont habitées par des Aegipodes ou hommes aux pieds de chèvre; mais cela ne me paraît mériter aucune sorte de croyance. Ils ajoutent aussi que, si l'on avance plus loin, on trouve d'autres peuples qui dorment six mois de l'année. Pour moi, je ne puis absolument le croire. On sait que le pays à l'est des Argippéens est occupé par les Issédons; mais celui qui est au-dessus, du côté du nord, n'est connu ni des uns ni des autres, qui n'en disent que ce que je viens d'en rapporter. Quant au pays en arrière des Issédons, il est habité, disent-ils, par les Arimaspes, hommes qui n'ont qu'un oeil, et par des Gryphons, qui gardent l'or."Deux assertions dont Hérodote rit dédaigneusement, tout en admettant l'abondance de l'or dans cette région de l'Europe, abondance mise hors de doute, aujourd'hui que la Russie tire de l'Oural 3 à 4000 kilogrammes d'or annuellement. Au midi des Issédons il place les
Massaghètes (grande tribu des Ghêates), dans une plaine immense
et à perte de vue, qui bornait la mer Caspienne à l'est.
Cette mer a pour lui autant de longueur qu'un vaisseau qui va à
la rame peut faire de chemin en quinze jours, et, dans sa plus grande largeur,
autant qu'il en peut faire en huit. Elle est dominée à l'occident
par le Caucase Des observations personnelles lui avaient
d'ailleurs permis de reconnaître les dimensions du Pont-Euxin, du
Bosphore Dans cette narration si développée,
si animée des guerres médiques, après vous avoir fait
assister au passage en Europe des innombrables armées de Dariéouche
fils de Gouchtaspe, et de Kcherchès (Darius
ler et
Xerxès),
il vous conduit jusqu'aux Thermopyles Grec et parlant à des Grecs, Hérodote ne devait pas décrire la Grèce; mais la manière dont il en parle montre assez combien il la connaissait. Asie. Au Phase (aujourd'hui Rhione), il faut ajouter, comme limite de l'Asie, l'Araxe d'Arménie (l'Arras) et l'Araxe oriental (L'Amou-Daria ou Djihoun), qui, encore à l'époque d'Alexandre, la séparait de l'Europe. Sous Dariéouche fils de Gouchtape, l'empire persan, fondé par Kourousch-le-Grand (Cyrus), était à son apogée; il embrassait presque toute l'Asie alors connue; les îles de la mer Aighaié et le Sind (Indus), Babylone et l'Araxe oriental, étaient ses bornes extrêmes. Hérodote le vit encore dans cet état de grandeur sous Kcherkhès, et il nous a donné le tableau détaillé de la division de cette vaste monarchie en vingt-deux satrapies. Quelques unes des contrées placées dans ces divisions politiques ont même été de sa part l'objet d'études particulières : l'Assyrie, la Babylonie, la Médie, l'Asie-Mineure. En parlant des pays tributaires des grands rois, il rapporte quelques faits curieux de certains peuples de l'Inde. Ses connaissances sur cette région sont d'ailleurs peu étendues. Du côté du midi, l'Arabie est, pour lui, le dernier des pays habités. "C'est aussi le seul où l'on trouve l'encens, la myrrhe, la cannelle, le cinnamome, le lédanone. Les Arabes recueillent toutes ces choses avec beaucoup de peine, excepté la myrrhe." Suit le détail des procédés employés pour la récolte. C'est à peu près là tout ce qu'il sait de l'Arabie. Les anciens, ne considérant avec raison le golfe Arabique que comme un fleuve-golfe, une rivière de mer, étendaient l'Arabie sur l'un et l'autre de ses bords : aussi la rive orientale du Nil en était-elle, selon une expression encore employée aujourd'hui, la rive arabique. Libye ou Afrique. Il en résulte que le Nil séparait l'Asie et l'Afrique, délimitation qu'Hérodote trouve étrange, mais qui dura longtemps, et qui s'explique par l'étude de la nature et celle de l'histoire de l'homme. L'écrivain grec a consacré
tout son second livre et une petite partie du troisième à
la description et à l'histoire de l'Égypte. Il en recueillit
les détails pendant le long séjour qu'il y fit. Le Nil fixa
surtout son attention, et il examine une à une les diverses opinions
émises sur l'origine de sa crue annuelle. Quant aux sources du fleuve,
il poussa les recherches à ce sujet aussi loin qu'il put, et il
parvint enfin à connaître son cours jusqu'à quatre
mois de navigation au-dessus de l'Égypte. Le Nil, traversant le
pays des Aithiopiens, passait à Méroé Ses notions sur la Libye intérieure
indiquent une connaissance certaine du Sahara Entre cette longue ligne et la Méditerranée
habitent les Libyens, qu'il divise en Libyens nomades (Berbères
de l'est) et Libyens laboureurs (Berbères de l'ouest, Kabayles et
Ch'louhs), dont la limite respective est formée par le lac et le
fleuve Triton, aujourd'hui représentés par la grande lagune
marécageuse de Melghrighr et l'Ighrer-en-Idjidi, le fleuve du Sable
(Algérie La région la plus reculée de l'Afrique pour Hérodote est l'Aithiopie (la Nigritie centrale), qui s'étend au couchant de l'Arabie, mais en tirant vers le midi. Tel est le monde d'Hérodote. Le cercle des connaissances positives y a mille kilomètres ou deux cents lieues de rayon; celui des idées moins positives, environ deux mille kilomètres. Ce grand progrès est dû a ses seuls efforts, a son jugement exquis, à sa vaste intelligence. Il voyagea beaucoup; mais, comme il ne pouvait tout voir, cela le mit à même de beaucoup recueillir, et ce fut ainsi qu'il acheva son oeuvre. La postérité l'a surnommé le père de l'histoire; le premier aussi il a compris l'influence puissante de la terre sur la vie des sociétés humaines. (MP). |
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Editions anciennes - Les principales éditions d'Hérodote sont l'édition Princeps publiée en 1474 à Venise par Laurent Valla, grec-latin.; celles de Wesseling, Amst. 1763. in-fol.; de Schweighæuser, Strasb., 1816, 12 vol. in 8; de Bæhr, Leipz, 1835 et 1857, 4 vol. in-8, et de G. Dindorf, 1844 (dans la Bibl. grec. de Didot). L'Hist. d'Hérodote a été trad. en français par Saliat, Paris, 1575; par Larcher, 1786, 7 vol.; par Miot de Melito, 1822, 3 vol. in-8, et par Giguet, 1860, in-12. M. Bouchot a donné des Récits tirés de ses histoires, 1860. On attribue à Hérodote une vie d'Homèrequi ne paraît pas être de lui, mais qui est cependant d'une haute antiquité. En librairie - Hérodote, L'Égypte, Les Belles Lettres, 1997; Hérodote, Histoires, Les Belles Lettres (série grecque), une dizaine de volumes; Thucydide, Hérodote, Oeuvres complètes, Gallimard (La Pléiade), 1964.
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