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| Classification | ||
| Les Crocodiliens |
| Les Crocodiliens constituent
un ordre de la classe reptiles (sous-classe
des Diapsidés), à plaques dermiques osseuses, à dents
implantées dans les alvéoles et n'existant que sur les maxillaires;
munis de quatre pattes en partie garnies de griffes et d'une longue queue
carénée. Tous les Crocodiliens actuels sont procéliens,
c.-à-d. que la face antérieure du corps de la vertèbre
est concave et la face postérieure présente une convexité
ou tête assez développée. Une particularité
propre aux Crocodiliens consiste dans la présence de cartilages
ventraux se prolongeant jusqu'au bassin; ils forment en quelque sorte la
continuation du sternum ou plutôt de l'appareil sternal. Les vraies
côtes en effet ou côtes dorsales se réunissent au sternum
par l'intermédiaire de prolongements recourbés et pliés
à angle aigu; ce sternum reste cartilagineux à l'exception
d'une seule pièce, plate, dont la partie antérieure se porte
sous le cou; c'est en arrière que se voient les cartilages ventraux
dont il vient d'être parlé.
Par une exception unique dans tout le groupe des vertébrés à sang froid, explique E. Sauvage, il existe chez les Crocodiliens un rudiment d'oreille externe. Il consiste en des replis de la peau du crâne circonscrivant une étroite fente transversale, au fond de laquelle s'ouvre la membrane du tympan. Par leur coeur, les Crocodiliens présentent, dit encore le même auteur, la réalisation d'une séparation complète non pas des deux sangs (artériel et veineux), mais des deux cavités du ventricule. Tout en conservant encore des caractères éminemment reptiliens, ce coeur n'en commence pas moins à représenter le type que l'on voit chez les oiseaux et les mammifères. |
| Crocodilidés
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| Alligatoridés
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| Gavialidés | Gavialis : Gavialis gangeticus. |
| Les
Crocodiliens actuels
Les Crocodiles
(Crocodilidés).
Crocodylus niloticus. Cette forme, connue depuis la plus haute
antiquité se trouve dans tous les fleuves d'Afrique; c'est elle
dont le culte était en honneur en Égypte Nous ne pouvons ici donner les renseignements sur les moeurs et les habitudes du Crocodile. Nous insisterons cependant sur un fait rapporté par Hérodote
Squelette de Crocodile. Les Alligators
et les Caïmans (Alligatoridés).
Alligator mississippiensis. Le plus commun et le mieux connu des Alligators (que l'on a aussi appelé Caïman à museau de Brochet) est l'Alligator Mississippiensis. Il se reconnaît à sa tête très déprimée, à son museau large, aplati, à l'arête longitudinale régnant sur le front; il porte deux écussons nuchaux et, derrière ceux-ci, six écussons disposés par parties sur trois rangées successives; les régions dorsales sont d'un vert brunâtre ou olive foncé, mouchetées de taches noirâtres, le ventre est d'un jaune sale. Chez les jeunes individus, on voit en travers du dos des bandes jaunâtres, ces bandes existent également sur la queue et sur la crête que porte cette dernière. Cet Alligator habite l'Amérique septentrionale. Longtemps chassé et rare aujourd'hui, il abondait jadis dans les fleuves, les lacs et les marais de la Caroline du Sud, de la Géorgie, du Mississippi et de la Louisiane. C'est avec peine qu'il se meut à terre, il marche avec lenteur, poussant une patte devant l'autre en laissant traîner sa longue queue. Dans l'eau, au contraire, il est vif et courageux, quelquefois il attaque l'humain, mais il fuit généralement quand ce dernier marche résolument à lui.
Alligator clerops. L'Alligator clerops, ou Caïman
à lunettes, est une forme voisine de la précédente,
dont elle se distingue par les paupières
supérieures mi-membraneuses et ossifiées,
par les sourcils reliés par une crête transversale, et par
les écussons nuchaux disposés seulement sur deux ou trois
rangées. Sa taille ne dépasse que rarement 3 mètres,
sa couleur générale est d'un noir profond, avec des bandes
jaunes transversales sur les parties supérieures; il est observé
au Brésil, au Pérou, etc.
Alligator sinensis, représenté sur une table de pierre découverte dans l'île d'Argent (Sinkiang). Les Gavials (Gavialidés).
Gavial du Gange. Le Gavialis gangeticus,
Mudela
des Indiens, a la tête petite, le museau très long, aplati
et dilaté à l'extrémité antérieure,
la nuque est recouverte de deux forts écussons ovalaires et carénés,
les écussons du cou sont au nombre de quatre, formant une bande
longitudinale étendue du cou au bouclier dorsal. Celui-ci est formé
de dix-huit bandes de plaques osseuses à carènes égales;
la queue est entourée de 30 à 40 cercles écailleux.
La partie supérieure du corps est d'un vert jaunâtre, parsemé
d'un grand nombre de taches irrégulières et irrégulièrement
disposées, d'un jaune verdâtre; le ventre et le dessous du
cou sont d'un jaune pâle, les mâchoires piquetées de
brun. C'est dans cette espèce que l'on rencontre les Reptiles vivants
connus atteignant la plus grande taille le Gavial du Gange Le Gavial un animal- La paléontologie des Crocodiliens La distribution géographique actuelle des Crocodiliens, est la conséquence de ce fait que les trois types modernes (Crocodilus, Alligator, Gavialis) descendent d'une souche commune et ont coexisté, à l'époque tertiaire, sur tous les points du globe. Les premiers Crocodiliens devaient avoir des moeurs beaucoup plus franchement marines que celles des Crocodiles actuels qui s'écartent peu des estuaires et vivent par conséquent dans l'eau saumâtre ou dans l'eau douce. H. de Meyer a désigné sous le nom de Belodon (étendu à un genre) à un Crocodilien (Belodon Plieningeri) trouvé dans la partie supérieure des terrains triasiques du Württemberg, chez lequel le museau est allongé, comme chez les Gavials; les dents sont coniques, légèrement recourbées à l'extrémité, qui est peu pointue. Ce Crocodilien avait été antérieurement décrit par Jaëger sous le nom de Phytosaure (Phytosaurus cylindricodon), Jaëger ayant considéré ce Reptile comme herbivore, par suite d'une erreur due à la fossilisation. Par la position de l'ouverture externe des fosses nasales, situées près des orbites, le genre Belodon est absolument distinct des autres Crocodiliens et forme le type de la famille des Belodontidées. Les genres Paloeosaurus, Stoganolepis, Parasuchus, etc., présentent,eux, la même conformation. Les genres Aetosaurus, Dyoplax et Typothorax sont de la même époque et prennent place dans un second groupe éteint où les narines sont latérales. Les Crocodiliens à narines terminales, c.-à-d. réunies à l'extrémité du museau, sont les seuls qui aient survécu. Les Teleosauridae, à museau long et étroit comme celui des Gavials, sont du lias et du jurassique supérieur : les genres Teleosaurus, Metriorhynchus, Steneosaurus, Aelodon, Pholidosaurus, Thoracosaurus, Tomistoma, se rattachent à ce groupe. Les Gavials se montrent dans le crétacé d'Europe (Rhamphostoma), et se continuent dans le tertiaire du même pays, émigrant en Asie à l'époque pliocène. Les Crocodiles à museau gros et
court ont eu pour précurseurs, dans les mers jurassiques, les genres
Atoposaurus et Alligatorellus qui sont représentés en Europe.
Theriosuchus, genre du Purbeckien d'Angleterre, était de petite
taille (40 centim. de long), et Nanosuchus était seulement un peu
plus grand. Goniopholis atteignait 2 mètres de long. A l'époque
tertiaire, les deux familles Crocodilus et Alligator sont déjà
nettement séparés. A la première appartient le
Crocodilus toliapicus de l'argile de Londres
Crocodile du parc de la Venta, à Villahermosa (Mexique). © Serge Jodra. |
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