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Calais, Caletum, Itius ou Ulterior portus?. - Ville et port de France, dans le département du Pas-de-Calais, sur la Manche, à 31 kilomètres au Nord-Est de Boulogne-sur-Mer, à 272 km au Nord de Paris par Abbeville, 281 par Amiens. Calais n'est séparé de Douvres (en Angleterre) que par un canal étroit nommé Pas-de-Calais, qui a 31 kilomètres seulement de largeur. 

La ville, 77 400 habitants en 2007, et qui  était autrefois défendue par une citadelle très forte, se partage en haute et basse ville; au Nord-Est est le faubourg de Courgain. Elle est en général bien bâtie : hôtel de ville, avec un élégant clocher, place d'Armes, église Notre-Dame, phare, etc.

Calais fut érigée en commune vers le XIIe s. Elle fut prise par Édouard III en 1347, après un siège que la légende du dévouement d'Eustache de Saint-Pierre et de ses compagnons a rendu célèbre.

Le siège de Calais. - Il commença pendant la guerre de Cent Ans, quelques jours après la bataille de Crécy (26 août 1346), et dura onze mois, du 3 septembre 1346 au 3 août 1347. Édouard III, roi d'Angleterre, fit construire devant la place une ville en bois, bien protégée par des retranchements, des fossés, des marécages, et bloqua étroitement Calais par terre et par mer. Le gouverneur, Jean de Vienne, vaillamment secondé par la garnison et par les habitants, résista même à la famine. Une flotte envoyée pour ravitailler la ville fut mise en déroute près du Crotoy, le 26 juin 1347. Après avoir mangé tous les animaux et jusqu'au cuir de boeuf « avec le poil », les assiégés résistèrent encore plus d'un mois. 

Le roi de France, Philippe VI, arriva enfin, vers le 27 juillet avec 80 000 hommes, mais il repartit au bout de quelques jours, après avoir essayé de négocier, et il fallut capituler. La garnison et les habitants eurent la vie sauve, à l'exception, dit la légende, de six bourgeois, des plus notables, qui durent venir, en chemise, tête et pieds nus, la corde au cou, apporter au vainqueur les clefs de la ville. D'après les chroniqueurs J. Le Bel et J. Froissart, Eustache de Saint-Pierre et cinq autres bourgeois se seraient dévoués et auraient été sauvés par la reine d'Angleterre, qui aurait obtenu leur grâce. S'il faut en croire Voltaire et le savant Feudrix de Bréquigny, Édouard III se montra plus généreux que cruel; toutefois - et quelle que soit l'histoire derrière la légende -, si Eustache de Saint-Pierre put rester à Calais, en conservant ses biens, les autres habitants furent expulsés et la ville reçut une population anglaise.

Les Traités de Calais. - Conclus le 28 septembre 1347 et le 24 octobre 1360. Le premier fut une trêve entre la France et l'Angleterre; le second fut la ratification du traité de Brétigny. Ce traité, qui avait été signé le 8 mai 1360, fut révisé et corrigé à Calais par Jean Il et Édouard III, le 24 octobre. Le traité définitif est donc celui de Calais et non celui de Brétigny.

Calais resta plus de deux siècles entre les mains des Anglais; François de Guise la leur reprit en 1558. Les Espagnols s'en emparèrent en 1595; le traité de Vervins 1598 la rendit à la France.

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