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| Prison
du Temple, à Paris
(IIIe arrondissement).
- On désigne ainsi la tour de la Maison
du Temple à Paris, en tant qu'elle a servi de lieu de détention.
Après la chute des Templiers Au XVIe siècle, divers corps de troupe y furent fréquemment logés. De 1538 sans doute à 1664, la grosse tour fut utilisée comme arsenal pour les poudres et munitions de guerre. Elle fut ensuite affectée à la conservation des papiers du Temple, d'où le nom qu'elle porta en dernier lieu de tour des Archives, l'archiviste habitant la petite tour. Mais de tout temps, ce domaine appartenant aux hospitaliers, le premier étage servit aux réunions des chapitres et assemblées provinciales.
Le donjon du Temple au XIXe s. Avec la Révolution,
la tour redevint une prison, et elle garda jusqu'à sa disparition
ce caractère. Après que la Commune de Paris eut imposé
le choix de la tour du Temple, en se faisant charger de la garde et du
gouvernement de la prison, la famille royale y fut amenée le 13
août 1792 et d'abord logée dans la petite tour, dont le deuxième
étage ou entresol du premier avait été occupé
en dernier lieu par le garde des archives de l'ordre de Malte Le 29 septembre, Louis
XVI fut définitivement transféré au deuxième
étage de la grosse tour, et la reine au troisième, le 26
octobre Le dauphin occupa la chambre qu'avait eue son père, pendant
le temps qu'il vécut avec Simon, puis une seconde fois, avec ses
nouveaux gardiens, après être resté six mois dans une
pièce voisine transformée en cachot; il passa ses trois derniers
jours dans la petite tour, là où sa mère avait été
d'abord emprisonnée. Lorsque sa soeur, unique survivante, qui était
demeurée au troisième étage de la grosse tour, eut
été rendue à là liberté, les tours du
Temple devinrent comme un lieu de pèlerinage, situation à
laquelle le gouvernement mit fin en défendant de laisser pénétrer
personne dans cette prison.
Le Donjon et la Rotonde du Temple (tableau J.-C Nattes, 1808). Le Directoire fit de la prison du Temple une prison d'Etat. C'est là que furent enfermés Babeuf et ses coaccusés; en 1796, le commodore Sidney Smith, qui réussit à s'échapper, et le capitaine Wright, trente-cinq personnes à la suite de l'affaire du camp de Grenelle, puis, après le 18 fructidor, un grand nombre d'autres, dont Pichegru et le directeur Barthélémy; de même encore Jos.-Alex. de Ségur et Fiévée. Le vicomte de Rivarol, Esménard, l'administrateur Rémusat et Toussaint-Louverture passent pour y avoir été pareillement détenus. La prison du Temple, qu'on appelait alors généralement maison-d'arrêt, reçut enfin, en 1804, le général Moreau avec Pichegru qui, à cette deuxième incarcération, s'y suicida, Cadoudal et les frères Polignac, Il paraît que, pour ceux qui n'étaient pas des détenus au secret, le régime fut presque toujours très doux dans cette prison les visites y étaient fréquentes et les détenus avaient même pu établir un jeu de paume; ils s'entretenaient eux-mêmes, et le gouvernement attribuait une solde à ceux qui ne pouvaient subvenir à leurs besoins, par exception le concierge ne fournissant ni mobilier ni aliments. A partir de l'an VI, la chapelle
de l'Hôtel servit au casernement des brigades de gendarmerie de Paris,
destination qui avait pour but de garantir la sûreté de la
prison. Mais, le 3 juin 1808, les prisonniers furent transférés
au donjon de Vincennes,
et le Temple cessa d'être une prison d'Etat. Les tours furent démolies
en 1811. Les pèlerinages ayant recommencé, lorsque, mises
en vente, elles eurent été adjugées au prix de 33
100 à un royaliste, Robert Morel, le ministre dut s'y opposer, en
objectant que l'adjudication avait été faite avec obligation
de les raser. Il n'y eut pas d'édifice élevé sur leur
emplacement. Une barrière en bois mise à la Restauration
pour en marquer la place dura jusqu'en 1848. Suivant la tradition, il y
eut dans le square du Temple, près
de la rue des Archives, une petite allée de tilleuls sous lesquels
Louis
XVI se promena pendant sa détention et un saule pleureur qu'aurait
fait planter en 1814 Madame Royale, devenue duchesse
d'Angoulême [Ce quare] contient quelques vieux arbres, conservés avec soin, et une pièce d'eau qu'alimente une cascade tombant d'un rocher factice. |
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