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Delille
(Jacques). - Poète didactique,
né à Aigueperse en 1738, était fils naturel d'un avocat
du présidial de Clermont .
Il fut successivement professeur à Beauvais ,
à Amiens ,
puis au Collège de la Marche à Paris .
Il donna en 1769 une traduction des Géorgiques
en vers qui fut reçue avec une admiration universelle et qui lui
valut la chaire de poésie latine au Collège de France. Il
fut admis à l'Académie française en 1774. Il publia
en 1782 son poème des Jardins, qui eut aussi beaucoup de
succès. En 1784, il accompagna Choiseul-Gouffier
dans son ambassade à Constantinople
: en visitant le beau sol de l'Asie et les ruines de la Grèce ,
il conçut le plan du poème de l'Imagination. Ruiné
par la Révolution, il s'éloigna de Paris, alla d'abord en
Lorraine ,
puis parcourut la Suisse ,
l'Allemagne ,
l'Angleterre ,
marquant son séjour dans chaque pays par quelque oeuvre nouvelle.
Il revint en France
en 1802, s'y maria, reprit sa chaire au Collège de France, publia
plusieurs ouvrages, fruit de son exil et mourut en 1813, travaillant au
poème de la Vieillesse, Il était depuis plusieurs
années affligé d'une cécité complète.
On refuse généralement à
Jacques Delille des qualités d'invention, mais on le met au premier
rang pour l'art de la versification et pour le talent descriptif. Outre
les Géorgiques (1769) , et les Jardins (1782), on
a de lui : l'Homme des Champs, 1800; un Dithyrambe
sur l'immortalité de l'âme, 1802; la Pitié,
1803; une traduction en vers de l'Énéide ,
inférieure à celle des Géorgiques ,
la traduction en vers du Paradis Perdu ,
de Milton,1805; L'Imagination, 1806; les
trois Règnes de la Nature, 1809, la Conversation, 1812;
des Poésies fugitives; une traduction de l'Essai sur l'Homme,
de Pope, 1821, posthume. Ses oevures ont été
publiées par Michaud, 1824, 16 vol. in-8, et éditées
par Lefèvre, avec notes, 1833, 1 vol. grand in-8. On les a réunies
en un seul volume compact dans le Panthéon littéraire.
Delille porta quelque temps le titre d'abbé parce qu'il possédait
l'abbaye de Saint-Séverin; mais il
ne suivit pas la carrière ecclésiastique et même obtint
une dispense pour se marier. |
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