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Mésopotamie > Religion assyro-babylonienne

Nabu

Nabû est un dieu apparu tardivement dans le panthéon mésopotamien. On en a fait le fils de Marduk, et parfois, à partir du 1er millénaire, à voir en lui le successeur de son père à la tête des dieux. Il siégeait dans la ville de Borsippa. C’était le dieu mésopotamien de l’art d’écrire et protecteur des scribes. Ces fonctions étant aussi celles de Thot (chez les Égyptiens) et d’Hermès (chez les Grecs), on a tendu à l’associer comme eux à la planète Mercure.

Nabu ou Nébo est le dieu de l'inspiration prophétique et de l'éloquence, le gardien des secrets de l'écriture, celui qui veille à la conservation des vieux documents et des archives sacrées. Comme Nisruk, dont il est une manifestation secondaire, on le qualifie quelquefois d'« l'intelligence suprême »; dieu de l'onction royale et le protecteur spécial des princes, on l'appelle aussi « le dieu qui porte le sceptre, le dieu de la tiare », et le sceptre symbole de souveraineté est un de ses attributs. Il est encore le dieu « qui surveille les légions du ciel et de la terre  », c'est-à-dire qui veille, en sa qualité de dieu savant et d'astre précurseur, à la régularité des mouvements des corps sidéraux et des phénomènes terrestres. -

Nabu, dieu mésopotamien.
Nabu, découvert à Nimrud.
(British Museum).
Sous le roi Raman-Nirar III, le préfet de la ville de Kalah avait fait construire un temple au dieu Nabu, dont les ruines ont d'abord été fouillées par Loftus. On y a découvert plusieurs statues du dieu : c'est un vieillard vêtu d'une longue robe, les mains croisées sur la poitrine; ses cheveux et sa barbe sont arrangés à l'assyrienne; sa tiare est orné de cornes de taureau, symbole de la force et de la toute puissance divine; l'inscription qui est sur sa poitrine est ainsi conçue : 
« Au dieu Nabu, le gardien des mystères, le fils du E-Sagil, l'auguste, le directeur des planètes, le chef suprême, le fils du dieu des Nukimut (?), le protecteur, le recteur des astres brillants, le surveillant du ciel et de la terre; le tuteur de ceux qui bénissent son nom et lui prêtent une oreille attentive; celui qui tient la tablette des destinées ..., celui qui préside au lever et au coucher du soleil; celui qui marque le temps, le glorificateur de Bel; le seigneur des seigneurs dont la puissance est immuable et pour qui le ciel a été créé; le vainqueur, l'auguste, le vigilant qui fait bonne garde, le dieu qui habite le temple E-Zida, au milieu de Kalah ... Qui que tu sois, toi qui vivras après moi, mets ta confiance dans le dieu Nabu, et ne te confie pas à un autre dieu. ». 
Un autre hymne à la louange de Nabu le qualifie de la manière suivante :
Seigneur, à ta puissance, aucune puissance n'est égale ;
... à ta demeure, le temple E-Zida, aucune demeure n'est égale; 
A ta ville, Borsippa, aucune ville n'est égale;
A ta campagne, la Babylonie, aucune campagne n'est égale.
Ton arme est un ogre dont la bouche n'est jamais privée de venin.
Ton commandement est invariable comme les cieux; dans les cieux tu es sublime.

Enfin, nous citerons un dialogue mystique entre le roi Assurbanipal et le dieu Nabu :
« Je t'ai ouvert (mon coeur), ô Nabu, dans l'assemblée des [dieux].
Mes soucis n'ont pas diminué, le but de ma vie n'est pas atteint. Je t'ai présenté (mes trésors), ô héros parmi les dieux, tes frères.
(Et j'ai demandé) la gloire d'Assurbanipal pour longtemps, pour toujours.
Et j'ai embelli (tes sanctuaires), sans cesse, ô Nabu! (Je t'invoque), ô Nabu, dans le comble de mes soucis.
(Nabu) - Je suis ton soutien, ô Assurbanipal, pour l'éternité des jours. Tes pieds ne se fatigueront pas, tes mains ne se lasseront pas.
(Elles sont ta force, et ne se reposeront pas dans tes conquêtes.)
Tu ne retireras pas ta langue derrière tes lèvres,
Car je te ferai don d'une belle éloquence.
Je glorifierai ta tête, et j'ai glorifié tes images dans les temples divins. Nabu continue : « Que veut ta bouche? Pourquoi est-ce bon?
... tu as exposé au dieu ta crainte?
Ton oeuvre que j'ai rendue propice, les dieux me l'ont recommandée dans les décrets du temple Babur.
Ton destin que j'ai rendu propice, la déesse me l'a recommandé,
(Le bonheur) s'est assuré dans le temple de la souveraine du monde. Tes gloires, elle les fera grandir. oh! prolonge la vie à Assurbanipal ! »
Fouillant dans ses trésors, Assurbanipal supplia Nabu, son seigneur : 
« Moi, ton serviteur, ô Nabu, tu ne m'abandonneras pas,
Inscris-moi pour la vie. Devant toi, préserve mon âme de la mère des dieux.
Moi, ton esclave, tu ne m'abandonneras pas, Nabu impénétrable : sauve-moi au milieu de mes soucis ! »
Une parole consolante partit alors de Nabu, son seigneur :
« Ne crains rien, Assurbanipal, je te donnerai une vie longue!
Je prendrai soin de ta vie en lui envoyant des souffles propices.
Je ferai devancer pour toi le jour du bonheur matériel par décret de l'assemblée des dieux.-»
Et Assurbanipal ouvrit son bahut et présenta à Nabu, son seigneur,
Ce qu'il avait amassé, aux pieds de la reine de Ninive, la déesse de l'assemblée des dieux. 
« Dans le comble de mes soucis, tu ne m'abandonneras pas, Nabu! Dans le comble de mes passions, tu n'abandonneras pas ma vie! »
(Nabu) : « Tu étais petit, Assurbanipal, quand je t'ai confié aux soins de la reine de Ninive. Tu étais nourrisson, Assurbanipal, quand je t'ai laissé sur les genoux de la reine de Ninive. Elle a essuyé la bave du coin de ta bouche, elle t'a allaité, la reine de Ninive, elle t'a abreuvé de son lait.
Tes soucis, Assurbanipal, s'en iront comme l'écume sur la face des eaux, Comme ... ils fuiront le talon de tes pieds.
Tu disparaîtras à la fin, Assurbanipal, en présence des dieux, et tu célébreras le dieu Nabu!
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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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