|
|
|
|
Les
gens
|
|
| Ctésias,
médecin et historien grec du Ve
siècle av. J.-C. Il appartenait à la famille des Asclépiades
et était fils de Ctésiarchos ou Ctésiochos; il naquit
à Cnide Pendant son séjour en Perse, Ctésias avait réuni de nombreux matériaux historiques puisés aux archives royales (Diodore, II, 32), complétés par ses souvenirs personnels, par les récits qui lui avaient été faits. De retour à Cnide, il mit en oeuvre les documents de tout genre qu'il avait rassemblés et publia en vingt-trois livres, sous le titre de Persika, une histoire de l'Assyrie et de la Perse. Les six premiers livres comprenaient l'histoire des Assyriens et des Mèdes jusqu'à la fondation de l'empire perse; les sept suivants exposaient l'histoire de la Perse jusqu'à la mort de Xerxès et les dix derniers l'histoire de la Perse jusqu'au moment où Ctésias revint chez lui, c.-à-d. jusqu'en 398 av. J.-C. Cet ouvrage est perdu; Pamphila, une contemporaine de Néron, l'avait abrégé en trois livres (Suidas, s. v., Pamphila); cet abrégé a également disparu; nous avons en revanche un abrégé des livres VIIXXIII fait par Photius; nous pouvons, de plus, nous faire une idée des six premiers livres d'après Diodore, qui semble les avoir largement mis à contribution dans le deuxième livre de sa Bibliothèque historique; Plutarque, dans sa Vie d'Artaxersès, Athénée et quelques autres nous ont aussi conservé un certain nombre de fragments appartenant à divers livres. Ctésias avait aussi écrit sur l'Inde un ouvrage en un livre, 'Indika, dont Photius (Cod., 72) nous a aussi donné un abrégé. Cet ouvrage qui traitait surtout de la partie nord-ouest de l'Inde, avait pour objet principal la description du sol, de ses productions, des humains et des animaux. Outre ces deux ouvrages que nous connaissons
dans une certaine mesure, Ctésias en avait écrit plusieurs
autres dont il ne nous reste que le nom ou tout au plus un ou deux courts
fragments. Ces ouvrages sont : un Périple de l'Asie en trois
livres (Étienne de Byzance Ctésias avait écrit en dialecte
ionien; il fut célèbre dans toute l'Antiquité et jouit
de l'estime toute particulière des Alexandrins La sévérité des jugements
portés contre Ctésias s'explique par ce fait que le médecin
d'Artaxersès suit une tradition toute
différente de celle qu'ont suivie les autres historiens anciens,
et en particulier Hérodote, contre lequel
est, écrit l'ouvrage sur la Perse (Photius,
Bibl.,
p. 35); cette sévérité est peut-être excessive.
Ctésias représente en effet une tradition qui nous serait
tout à fait inconnue sans lui : Bérose
écrit d'après des sources sacerdotales, Ctésias d'après
des sources officielles; Hérodote puise à des sources grecques,
Ctésias à des sources orientales; par conséquent,
de ce seul fait qu'il rapporte des événements, des traditions
que ne connaissent pas les autres historiens ou que les autres historiens
contestent, il n'en faut pas conclure que Ctésias a méconnu,
ignoré ou falsifié la vérité, il faut seulement
voir dans cette divergence une raison d'examiner plus attentivement les
deux traditions; diverses recherches ont montré que pour l'Inde,
par exemple, Ctésias avait été trop facilement calomnié
par les anciens et par les modernes (
|
|
© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.