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On connaît
sous le nom des sept Merveilles du monde des monuments de l'Antiquité
réputés comme les plus magnifiques et les plus célèbres;
l'expression est devenue proverbiale. Les monuments désignés
sous ce nom l'ont été surtout depuis le règne d'Alexandre.
On en trouve la description dans le traité De Septem orbis miraculis,
attribué faussement à Philon de Byzance,
ingénieur du IIe siècle av.
J.-C., et traduit du grec en latin
en 1640, par Léon Allatius : il a été
inséré dans le Thesaurus antiquitatum Graecarum de
Gronovius.
Les sept merveilles étaient :
1° les jardins suspendus de
Sémiramis
les murs de Babylone;
2° les Pyramides
d'Égypte ;
3° la statue de Zeus
olympien, de Phidias;
4° Le tombeau du roi Mausole, dans
la ville d'Halicarnasse .
5° le temple d'Artémis
à Ephèse;
6° le colosse de Rhodes ;
7° le phare d'Alexandrie
On dissocie parfois les murs et les
jardins de Babylone ,
ce qui fait retirer de la liste le phare d'Alexandrie. D'autres auteurs
substituent à ce phare le temple
de Jérusalem comme septième merveille. A l'exception
des Pyramides, tous ces édifices
ont disparu. Les descriptions que les Anciens
ont fait de ces monuments sont souvent mêlées de légendes
et de quelques exagérations.
Les murs et les
jardins de Babylone.
Babylone,
dont Ninus, selon la légende, avait conçu
le plan et qui fut achevée par Sémiramis,
son épouse, avait une trentaine de kilomètres de circonférence
et elle était environnée d'un fossé large, profond
et plein d'eau. En creusant le fossé, on convertissait aussitôt
en briques la terre qu'on en retirait et avec ces briques on construisit
un rempart de 111 mètres de hauteu
ret épais de 27 mètres 50, c'est-à-dire que trois
chars pouvaient aisément y passer de front. Les briques étaient
liées avec du bitumeà mesure qu'on les posait. Les tours
qui s'élevaient sur ce rempart étaient au nombrede 250 et
hautes de 33 mètres 30. Enfin, la ville avait 100 portes d'airain
massif.
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Les
jardins supendus de Babylone.
Lithographie
de Ferdinand Knab (1886).
Les jardins
suspendus, nous racontent les anciens auteurs, furent imaginés par
la reine Nétocris, épouse de Nabuchodonosor.
Ils formaient un carré dont chaque côté avait 135 mètres,
et étaient composés de plusieurs larges terrasses placées
les unes au-dessus des autres, en forme d'amphithéâtre. La
plus élevée égalait la hauteur des murs de la ville,
et on montait d'une terrasse à l'autre, par un escalier
large de 3 mètres. La masse entière était soutenue
par de grandes voûtes bâties l'une sur l'autre, et fortifiées
d'une muraille de 7 mètres d'épaisseur, qui l'entourait de
toutes parts. Sur le sommet de ces voûtes,
on avait posé de grandes pierres plates,de 6 mètres de long
et de 1 mètre 40 de large; puis, par-dessus, une couche de roseaux
enduits d'une grande quantité de bitume, sur laquelle il y avait
deux rangs de briques liés fortement ensemble avec du mortier. Tout
cela était couvert de plaques de plomb; et, sur cette dernière
couche, se trouvait posée la terre du jardin. Ces plates-formes
avaient été ainsi construites, afin que l'humidité.
de la terre ne perçât pas en bas, et ne s'écoulât
pas à travers des voûtes. La couche de terre qui y avait été
jetée, était si profonde, que les plus grands arbres pouvaient
y prendre racine; aussi toutes les terrasses étaient-elles couvertes
de végétaux à haute futaie et de toutes sortes de
plantes propres à les embellir. Sur la plus haute de ces terrasses,
il y avait une pompe qui ne paraissait pas et qui servait à arroser
tout le jardin. On avait ménagé, dans l'espace qui séparait
les voûtes sur lesquelles était appuyé tout l'édifice,
de grandes et magnifiques salles qui étaient fort bien éclairées,
et avaient une vue des plus agréables.
Les pyramides
d'Egypte.
Les Pyramides
d'Egypte
sont des monuments de forme carrée à la base, se composent
d'assises de plus en plus étroites, et se terminent par une petite
plate-forme qui, à distance, fait l'effet d'une pointe. Les Pyramides
étaient consacrées à la sépulture des rois
ou des animaux sacrés; on y entrait par
des ouvertures fort étroites, placées à une certaine
hauteur. Celles que l'on a rangées au nombres de Merveilles sont
les trois grandes pyramides de Gizeh
: celle de Khéops, large de 233 m à la base et haute de 142
m (volume de son volume est de 2,56.2,576 mètres cubes). ; de Khéphren
(215 m à la base, 133 m de haut); de Mykérinos (107 m de
base, 54 m de haut). Elles se trouvent sur la rive gauche du Nil ,
près de l'ancienne Memphis.
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Les
Pyramides de Gizeh.
Toutes les phrases
qu'après Hérodote on a faites
sur la haine que ces rois s'étaient attirée, par suite des
corvées imposées aux Égyptiens
qui travaillaient aux pyramides, peuvent être réduites à
néant; les monuments contemporains, témoins bien plus croyables
qu'Hérodote lui-même, nous montrent en effet que de leur vivant,
et après eux, Khéops, Khephren et Mykérinos étaient
honorés par un culte tout spécial. Parmi les spéculations
et les rêveries qu'on fait naître ces pyramides, on ne mentionnera
que celles qui les ont faites servir soit à conserver les blés,
soit à combattre, l'irruption des sables du désert.
Les pyramides, quelles
qu'elles soient, sont des tombeaux, massifs, pleins, bouchés partout,
même dans leurs couloirs les plus soignés, sans fenêtres,
sans portes, sans ouvertures extérieures. Elles sont l'enveloppe
extérieure et à jamais impénétrable d'une momie,
et une seule d'entre elles aurait montré à l'intérieur
un chemin accessible, d'où, par exemple, des observations astronomiques
auraient pu être faites comme du fond d'un puits, que la pyramide
aurait été ainsi contre sa propre destination. En vain dira-t-on
que les quatre faces orientées dénotent une intention astronomique;
les quatre faces sont orientées parce qu'elles sont dédiées,
par des raisons mythologiques, aux quatre points cardinaux et que, dans
un monument soigné comme l'est une pyramide, une face dédiée
au Nord, par exemple, ne peut pas être tournée vers un autre
point que le Nord.
La statue de Zeus
olympien.
Le temple de Zeus,
à Olympie,
était d'ordre dorique et hypètre,
c'est-à-dire découvert dans son centre. Sa profondeur était
de 37 mètres 025, sa largeur de 29 mètres 25, et sa hauteur
de 20 mètres 80. Ses façades
étaient soutenues chacune par d'énormes colonnes,
et ses parois latérales ceintes d'une colonnade. Au-dessus de chaque
fronton
était placée une victoire en or, ayant à ses pieds
l'égide d'Athéna avec la tête
de Méduse au centre, et à chaque
extrémité se trouvait un trépied doré. La sculpture
du fronton antérieur représentait
Oenomaos,
roi d'Elide ,
et Pélops se disposant à commencer
la course de char; sur le fronton postérieur était figuré
le combat des Centaures et des Lapithes.
Un portail, ayant une porte de bronze à
deux battants donnait entrée dans le temple, et autour de ce portail
on avait représenté les travaux d'Héraclès.
Dans le péristyle
intérieur, des bas-reliefs offraient Iphitos
couronné par son épouse Echeria. Le naos ou nef n'était
pas couvert et à son extrémité apparaissait
la statue de Zeus, ouvrage de Phidias
et exécutée en or et en ivoire.
Le dieu était représenté assis sur son trône.
Dans cette position, il avait 10 mètres de hauteur, le soubassement
4 m et le marchepied 1 m. Une couronne d'olivier ornait la tête de
Zeus;
sur sa main droite, le maître de l'Olympe
soutenait une Victoire était aussi d'or
et d ivoire, dans la gauche, il tenait un sceptre composé d'or,
d'argent, d'airain, de pierres précieuses, et surmonté
d'un aigle; sa chaussure était d'or ainsi
que le manteau, sur lequel des lis avaient été ciselés;
et enfin 4 lions couchés supportaient le marchepied.
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Zeus
Olympien, par Phidias.
Le trône, semblable
à un fauteuil, avait 13 mètres de hauteur. Sur les quatre
pieds, Phidias avait figuré des victoires,
des sphinx, Artémis
et Apollon, perçant de leurs traits les
enfants de Niobé; les traverses représentaient
des athlètes combattant, et Héraclès
triomphant des Amazones; enfin, sur le fronton
qui décorait ce trône, au-dessus de la tête de Zeus,
étaient les Charites, les Heures
et les saisons, dans l'attitude de danseuses; et tous les bas-reliefs
de ces figures se trouvaient taillés dans l'ivoire,
l'ébène, et rehaussés de pierreries.
Sur les bas-reliefs
du soubassement, étaient représentés
le Soleil, montant sur son char; Zeus et Héra;
une Charite, Hermès et Hestia
se tenant par la main; Eros recevant Aphrodite
sortant de l'Océan et couronnée par Pitho; Apollon, Artémis,
Hermès et Héraclès; puis Poséidon
et Amphitrite,et Artémis montée
sur un cheval.
Le pavé, devant
la statue, était de marbre
noir, et entouré d'un rebord circulaire de marbre de Paros, destiné
à recevoir l'huile versée sur ce pavé, dans le but
d'empêcher l'humidité d'approcherla statue; et une inscription,
placée sous les pied de celle-ci, portait : Phidias, fils de
Charmidès, Athénien, m'a fait.
Le mausolée
d'Halicarnasse.
Ce tombeau avait
été élevé à Halicarnasse par
Artémisse
II, reine de Carie ,
pour éterniser sa douleur et la mémoire de Mausole, son époux.
Il était au centre d'une grande rue, et consistait en un carré
long, entouré de 36 colonnes. Des bas-reliefs,
œuvres des artistes les plus illustres, décoraient ses quatre faces;
et, au-dessus. s'élevait une pyramide surmontée d'un char
à quatre chevaux.
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Le
tombeau de Mausole à Halicarnasse.
Lithographie
de Ferdinand Knab (1886).
Le temple d'Artémis,
à Ephèse.
Le temple d'Artémis
à Ephèse
offrait un rang de colonnes sur chaque côté, et 8 de profondeur
aux faces de devant et de derrière. La longueur totale de l'édifice
était de 138 mètres 125, et sa largeur de 51 mètres
50. Cent vingt-sept rois, disait-on, avaient fourni pour le construire
autant de colonnes, dont chacune était
haute de 19 mètres 50. Il y en avait 36 richement ornées.
La statue de la déesse était
d'ébène, suivant Pline, de bois de
cèdre, selon Vitruve. Les portes
du temple étaient de cyprès qui, au dire de Pline, avait
été trempé, durant quatre années, dans une
sorte de colle ou d'enduit préservatif. Toute la charpente était
de cèdre. On accédait au haut de l'édifice par un
escalierl formé d'un seul cep de vigne apporté de Chypre ,
et l'intérieur du monument était d'une richesse infinie.
On mit 220 ans à l'achever et a l'orner, et, prétendait-on
encore, toute l'Asie contribua aux frais de sa construction.
On racontait, chez
les Anciens, que son architecte désespérant
un jour de réussir à placer au-dessus de la porte une pierre
d'une énorme dimension, vit la déesse lui apparaître
en songe, pour l'engager à ne pas perdre courage, et qu'il viendrait
à bout de son entreprise. En effet, la pierre se plaça d'elle-même;
le lendemain matin; à l'endroit qu'elle devait occuper.
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Le
temple d'Artémis à Ephèse.
Lithographie
de Ferdinand Knab (1886).
Le temple était
situé à quelque distance de la ville, et autour de lui était
un grand nombre d'édifices destinés à ceux qui le
desservaient. Il jouissait du droit d'asile et de plusieurs autres prérogatives.
Un nommé Erostrate, voulant s'immortaliser,
incendia ce temple le jour même de la naissance d'Alexandre
le Grand, c'est-a-dire en 356 av.J.-C.. Lorsque le conquérant
macédonien entra en Asie Mineure
pour attaquer la Perse ,
il offrit aux Éphésiens, qui
alors s'occupaient de relever leur temple, de se charger des frais de ce
travail, s'ils voulaient consacrer par une inscription qu'il était
l'auteur de cette réédification; mais ces offres furent adroitement
écartées par les habitants d'Éphèse, jaloux
de relever eux-mêmes le monument qui avait été si longtemps
la gloire de leur cité.
Le colosse de
Rhodes.
Ce colosse était
en bronze, dédié au soleil
et fut exécuté vers 280 av. J.-C. Ses pieds reposaient sur
d'énormes rochers placés des deux côtés du port
de Rhodes ,
et les vaisseaux pouvaient passer à pleines voiles entre ses
jambes. Il avait, au dire de Pline, 70 coudées
de hauteur ou 38,85 m; peu de gens pouvaient embrasser son pouce de leurs
bras, et ses doigts avaient des dimensions aussi grandes que les statues
ordinaires.
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Le
colosse de Rhodes.
Ce colosse était
l'oeuvre de Charès (Charétès)
de Lindos ,
qui y travailla durant douze années, et il coûta 300 talents.
Renversé par un tremblement de terre au bout de ciquante-six ans,
il étonnait encore l'imagination par ses flancs entrouverts qui
offraient comme de vastes cavernes. Un roi d Egypte ,
qui s'empara de Rhodes ,
chargera 900 chameaux de ses débris qu'il fit transporter à
Alexandrie.
Le phare d'Alexandrie.
Cet édifice
fut élevé sur l'île de Pharos, près du port
d'Alexandrie
par ordre de Ptolémée Philadelphe,
à partir de 280 av. J.-C., et construit par le cnidien Sostrate.
Il était de pierre blanche et à plusieurs étages qui
allaient chacune en se rétrécissant, ce qui donnait à
l'édifice une forme pyramidale. Chaque étage avait une galerie
extérieure; et, des historiens arabes ont prétendu sans complexe
que le phare offrait à l'origine une hauteur de 535 mètres,
élévation que des tremblements de terre réduisirent
d'abord à moins de 222, puis que des réparations amenèrent
encore à 128,315 m, ce qui est déjà très haut
(sans doute proche de la hauteur maximale qu'il a eue réellement).
L'intérieur
contenait, dit-on, plusieurs centaines de pièces et un grand nombre
d'escaliers qui le faisaient ressembler
à un labyrinthe; et ces escaliers étaient construits
de telle manière que les bêtes de somme pouvaient les monter
facilement. En 1182, et après divers écroulements causés,
soit par des séismes, soit par la négligence de l'entretien,
le phare n'offrait plus que 27 mètres de haut, et une mosquée
avait alors été bâtie à son sommet; enfin un
dernier tremblement de terre le détruisit de fond en comble en 1303.
(DM).
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Le
phare d'Alexandrie.
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John
et Elizabeth Romer, Les
sept Merveilles du Monde, Editions Oxus, 2007. - Même
si certaines d'entre elles échappent à notre mémoire,
les Sept Merveilles du monde brillent toujours du même éclat
dans la part rêvée de notre histoire. Vers 225 avant J.-C.,
Philon de Byzance en avait dressé la liste : le Zeus d'Olympie,
le Colosse de Rhodes, le Phare d'Alexandrie, le Mausolée d'Halicarnasse,
les Jardins suspendus de Babylone, le temple d'Artémis à
Éphèse, les Pyramides de Memphis en Égypte. Le monde
des Sept Merveilles est celui d'Alexandre le Grand. Elles sont situées
dans les limites de son empire et pour les découvrir, on peut suivre
les pas de ce conquérant entré vivant dans la légende.
En historien documenté à l'extrême sur ce sujet, en
archéologue qui a suivi attentivement les travaux de ses pairs,
John Romer nous invite à retrouver l'histoire de ces merveilles
: celle de leur antique réalité et celle de leur destinée
ultérieure pendant laquelle elles sont devenues symboles d'un monde
d'autant plus magique que sa belle part se situe dans notre imaginaire.
Car, si les Pyramides de Memphis semblent défier le temps, il n'en
a pas été de même pour les autres Merveilles. Le Zeus
d'Olympie, le Colosse de Rhodes, le Phare d'Alexandrie ont disparu. Les
hospitaliers ont brisé l'ensemble du Mausolée pour le transformer
en chaux ou en incorporer les morceaux à la décoration de
leur forteresse. Les vestiges du Temple d'Artémis dont l'emplacement
a été retrouvé par Charles Newton participent à
la splendeur d'un site voué de toute époque au sacré.
Quant aux Jardins de Babylone, la longue enquête des archéologues
n'a pu vérifier leur existence. N'ont-ils été, dans
l'inconscient collectif, qu'un prolongement de l'Éden dont on trouve
la première mention dans l'épopée de Gilgamesh, près
de trois mille ans avant Jésus-Christ ?
Pour
les plus jeunes.
Anne
Pouget et Hippolyte (illust.), Les
Sept Merveilles du monde, contes et légendes, Fernand
Nathan, 2011 . - Voici l'histoire des plus incroyables
oeuvres architecturales de l'Antiquité ! Sept légendes vous
emmènent pour un voyage fabuleux au coeur du monde antique, de l'Egypte
à la Grèce, en passant par la Turquie. Elles racontent comment
les plus grands artistes de l'époque ont rivalisé d'ingéniosité
et de talents pour construire des édifices dont le souvenir habite
aujourd'hui encore esprits.
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Site
sur les 7 merveilles du
monde antique.
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