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Magnence, empereur romain (350 - 353 ). - Magnus ou Maximus Magnentius, né de parents établis comme lètes dans l'Empire, homme de stature athlétique, instruit, éloquent, mais cruel et de mauvaise foi, était arrivé par ses talents militaires à la dignité de chef des Joviens et des Herculiens (d'après Zonaras, il aurait été comte de deux légions); il se fit proclamer empereur à Autun dans un grand festin, avec l'aide du comte des finances Marcellin (18 juin 350); l'empereur Constant, qui avait pu s'enfuir, fut tué à Elne, près des Pyrénées. Magnence se fit reconnaître en Gaule, en Bretagne, en Espagne, en Afrique, en Italie, utilisant l'antipathie des populations et de l'armée contre Constant, se donnant comme défenseur de l'orthodoxie contre les Ariens, mettant sur ses monnaies le signe des antiariens et promettant à Athanase d'Alexandrie, qu'il avait connu dans son exil, à Trèves, de faire triompher le symbole de Nicée. Plusieurs inscriptions le célèbrent comme liberator orbis, restitutor libertatis et rei publicae conservator militum et provincialium. Il avait gagné, d'autre part, les païens en consultant les mages, les devins, en autorisant de nouveau les anciens sacrifices. Un concurrent, qui s'était élevé contre lui à Rome, Népotianus, fils d'Eutropia, soeur de Constantin, fut battu et tué, après un règne de vingt-sept jours, par le maître des offices de Magnence, Marcellin (juillet 350).

Magnence eût été à l'abri de toute attaque et eût pu fonder en Gaule une domination durable s'il avait pu s'assurer l'alliance et l'appui de Vetranio que les légions d'Illyrie, de Pannonie et de Thessalie venaient de proclamer empereur; mais Vetranio rendit la pourpre à l'empereur légitime Constance, dans l'entrevue de Naissus, et, après avoir réuni ses troupes aux siennes, Constance se trouva assez fort pour attaquer l'usurpateur gaulois. Celui-ci avait eu longtemps l'espoir que Constance le reconnaîtrait; beaucoup de ses monnaies portent la légende Augustorum comme s'il eût voulu faire croire qu'il était d'accord avec lui; devant les menaces de Constance, il utilisa les sommes énormes qu'il avait réunies au moyen de confiscations, d'emprunts forcés, de ventes de terres publiques, pour former une grosse armée de mercenaires barbares, francs, saxons, prit hardiment l'offensive et pénétra jusque dans la Pannonie où il détruisit Siscia et Sirmium; mais déjà commençaient les défections; la principale fut celle du Franc Sylvanus; les deux armées de Constance et de Magnence se livrèrent à Mursa (Eszeg) une des batailles les plus meurtrières du siècle (28 septembre 351); 50 000 hommes, dit-on, la fleur des armées romaines, y périrent; Magnence put repasser les Alpes et se réfugier à Aquilée; mais la plupart des villes italiennes l'abandonnèrent; Trèves ferma ses portes à son frère Decentius; Magnence essaya de revenir en Gaule, remporta un léger succès à Pavie, fut battu à Mons Seleucos dans les Alpes Cottiennes et se tua, avant d'être arrivé à Lyon, après avoir tué sa mère et son plus jeune frère Desiderius (août 353). Decentius, battu par l'Alaman Chnodomar, recula jusqu'à Sens où il se tua (18 août 353). Constance se livra sur les partisans de Magnence à des vengeances implacables que raconte longuement Ammien Marcellin. (Ch. Lécrivain).

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