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Millet

Millet (Jean). - Poète dauphinois, né à Grenoble vers 1600, mort à Grenoble vers 1675. On lui doit un certain nombre de poésies en patois du Dauphiné, dont on trouvera la liste dans Rochas (Biographie du Dauphiné, t. II, pp. 146-147). La plus connue de ses oeuvres est la Pastorale ou Tragi-comédie de Janin (Grenoble, 1633, petit in-4 de 122 pages; nombr. réimpr.).
Millet (Frédéric). - Peintre français, ne à Charlieu (Loire) en 1786, mort à Paris le 20 octobre 1859. Il se fit une grande réputation par ses miniatures et ses aquarelles
Millet (Mme). - Epouse du précédent, née en 1800, morte en 1873. Elle fut l'une des fondatrices des salles d'asile en France. Tandis que son mari faisait le portrait de Cochin, F. Millet parla un jour devant elle du projet d'instituer en France des écoles pour les petits enfants à l'image des Infant schools anglaises et du besoin qu'on aurait d'une personne qui voulût bien aller les étudier sur place. Elle s'offrit, bien qu'elle ne sût pas l'anglais, disant qu'elle n'en verrait que mieux les choses, n'étant pas distraite par les mots. 

Elle passa deux mois à Londres et publia, au retour, Observations sur le système des écoles d'Angleterre pour la première enfance établies en France sous le nom de salles d'asile (Paris, 1828, broch. in-8), où, non contente d'exprimer parfaitement en dix-huit pages l'esprit et les meilleurs traits de ces institutions, elle indiquait déjà les améliorations dont elle les croyait susceptibles. Ces améliorations, elle les réalisa dans les salles d'asiles qu'ouvrit et que lui confia successivement le « Comité des dames » présidé par Mme de Pastoret. Ce même comité la nomma, en février 1830, inspectrice générale des salles d'asile de la ville de Paris, titre qu'elle conserva quand l'ordonnance royale du 21 décembre 1837 fit des salles d'asile une institution publique. 

Les rapports qu'elle rédigea dans cette fonction sont des documents d'un vif intérêt historique et pédagogique. Elle insistait notamment sur la nécessité de former un personnel d'élite pour une mission si nouvelle et si délicate, et, dès le principe, elle avait organise un cours normal à cet effet. Plusieurs départements, dont le Rhône et le Bas-Rhin, l'appelèrent pour présider à l'installation de leurs salles d'asile. En 1855, peu après le décret qui mettait les salles d'asile sous la protection de l'impératrice, Mmme Millet fut mise à la retraite. Elle refusa avec fierté une « pen sion de secours » que lui vota le conseil municipal; et le conseil s'honora en lui attribuant la même pension annuelle à titre d'indemnité pour ses services. Elle l'accepta alors comme une récompense méritée. (H. M.).

Millet (Jean-François). - Peintre français, ne à Gréville (Manche) le 4 octobre 1815, mort à Barbizon (Seine-et-Marne) le 20 janvier 1875. Elève de Paul Delaroche, il ressentit d'abord très vivement l'influence de son maître, et le futur interprète de la vie rustique débuta par des tableaux assez classiques, tels que Oedipeet les Juifs à Babylone. Vers trente-cinq ans, Millet sentit se développer son amour des champs, et c'est à Barbizon, près de Fontainebleau, dans ces solitudes que ne déflorait pas trop le voisinage de Paris, qu'il alla étudier les paysans et la campagne. Là il fut lié avec Français, avec Th. Rousseau et d'autres confrères qui devinrent célèbres à des titres différents. Son Semeur et ses Botteleurs firent sensation, et Théophile Gautier consacra au peintre des pages éloquentes où il célébrait son réalisme tout imprégné d'idéal. Citons du maître peintre : les Moissonneurs (1852); la Greffe (1855); les Glaneuses (1857); la Tondeuse de moutons (1861); la Cardeuse (1863); la Bergère (1864); la Gardeuse d'oies (1867); puis l'Angélus, la Leçon de tricot et le Parc aux moutons au clair de lune
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Millet : l'Angélus.
L'Angélus, par Jean-François Millet.
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Jean-François Millet sait exprimer admirablement dans des tons éteints des silhouettes de travailleurs au crépuscule. Il nous dit le recueillement des paysans aux premiers tintements de l'Angélus et peint avec sincérité des intérieurs, des batteuses de beurre, des femmes donnant à manger à leurs enfants ou bien vaquant aux soins du ménage. Il paraît avoir mieux réussi dans les effets de pénombre, de nuit et de lune que dans ceux de pleine lumière; sa facture un peu cotonneuse et parfois même irisée quand il s'agit du plein jour s'adapte mieux aux effluves ouateux de la lune ou aux demi-teintes et au vague du soir. Ce n'est ni la brutalité prosaïque de Courbet, ni la poésie parfois voulue de Jules Breton; il semble que sa vie patriarcale et familiale se reflète dans la grande simplicité de ses oeuvres, et ses paysans ont souvent une sorte de grandeur sacerdotale comme s'ils étaient les prêtres du travail. Millet est mort pauvre, et la fièvre spéculative des marchands et des marchands s'est emparée de ses oeuvres après sa mort.(Ch. Grandmougin).
Millet (Aimé). - Sculpteur français, fils de Frédéric Millet (V. plus haut), né à Paris le 27 septembre 1819, mort à Paris le 15 janvier 1891. Son père lui enseigna le dessin et David d'Angers la sculpture. Ses premiers dessins furent exécutés d'après des maîtres, tels que Raphaël, Vinci et Ribeira. A trente ans, il se donna complètement à la sculpture et suivit la tradition classique, tout en mettant dans ses oeuvres une note moderne et originale. Sa Bacchante, son Narcisse, et surtout son Ariane, contribuèrent à le classer parmi les interprètes les plus vivants de l'Antiquité. Sans posséder la verve et le mouvement extraordinaires de Carpeaux, sans être doué de l'élégance de Chapu, Millet sut s'élever au-dessus de la moyenne, et dans des bustes comme ceux du maréchal Magnan et de Pauline Viardot, manifester un sens non prosaïque de la vie contemporaine. 

En 1865, son Vercingétorix colossal en cuivre repoussé, destiné au plateau d'Alise-Sainte-Reine (Alésia), produisit un grand effet, et le héros gaulois à moustaches tombantes, conçu dramatiquement à la façon des Gaulois de Luminais, retint l'attention publique par son allure martiale. L'Apollon qui surmonte le grand Opéra, et dont la tournure élégamment classique est fort décorative, est dû également à Aimé Millet. Sa statue de la Justice civile figure à la mairie du Ier arrondissement à Paris, et l'on remarque au Père-Lachaise le tombeau du représentant du peuple Baudin, ainsi que la Jeunesse sur le monument d'Henri Mürger. S'inspirant des grands événements contemporains, l'artiste exécuta pour le monument des mobiles et francs-tireurs de l'Eure, morts en 1870-1871, un jeune garde mobile en bronze d'une énergique allure, qui fait songer aux héros de de Neuville. 

Citons encore de lui parmi ses dernières productions : Cassandre sous la protection de Pellas, et les statues de Denis Papin à Blois, de George Sand à La Châtre, et d'Edgar Quinet à Bourg-en-Bresse. Le jardin du Luxembourg possède aussi un Phidias de Millet qui sut, comme on le voit. rendre avec autant d'aisance les types contemporains que les héros de la mythologie et de l'histoire. (Ch. Grandmougin).

Millet (Eugène-Louis). - Architecte né à Paris le 21 mai 1819, mort à Paris le 24 février 1879. Elève de Henri Labrouste et de l'Ecole des beaux-arts, Eugène Millet se passionna vite pour l'étude des monuments du Moyen âge français, fut attaché, dès 1848, par Viollet-le-Duc, au service des édifices diocésains comme architecte chargé de la restauration des cathédrales de Troyes et de Châlons-en-Champagne, et, dès 1849, à la commission des monuments historiques, pour laquelle il fit exécuter successivement les restaurations des églises de Souvigny, de Saint-Menoux et d'Ebreuil (Allier), de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), de Notre-Dame de Melun et de Saint-Quiriac de Provins (Seine et-Marne), de Notre-Dame de Boulogne (Hauts-de-Seine), de Mareil-Marly (Yvelines), et de l'abside de Saint-Pierre de Lisieux (Calvados). 

Eugène Millet fut de plus appelé à continuer les travaux d'agrandissement de la cathédrale de Moulins à la mort de Lassus, à succéder à Viollet-le-Duc dans les travaux de restauration de la cathédrale de Reims et à remplacer son maître, Henri Labrouste, comme inspecteur général des édifices diocésains. Mais l'oeuvre principale de cet architecte fut la restauration qu'il commença, dès 1855, du château de Saint-Germain-en-Laye et qu'il poursuivie jusqu'à sa mort. On doit en outre à Eugène Millet l'hospice Greffulhe, l'église de Maisons-sur-Seine, plusieurs tombeaux dont celui de Lance (Rambouillet) et celui de Félicien David (Saint-Germain-en-Laye), le Cercle des ouvriers maçons et tailleurs de pierre, etc. De 1863 à 1865, Millet avait été chargé du cours de construction à l'Ecole de beaux-arts. Son tombeau, la dernière oeuvre de Viollet-le-Duc et sur laquelle un médaillon de Chapu rappelle ses traits, s'élève dans le cimetière de Saint-Germain-en-Laye. (Charles Lucas).

Millet (René). - Publiciste et diplomate français, né le 14 septembre 1849. Tour à tour employé au ministère du commerce, sous-préfet, secrétaire général de Seine-et-Oise, chef de cabinet et sous-directeur au ministère des affaires-étrangères, ministre plénipotentiaire à Belgrade, il a été, à partir du 14 novembre 1894, résident général de France à Tunis. Il a donné dans la Revue des Deux Mondes, la Revue Bleue, l'Annuaire de la législation étrangère, le Bulletin de législation comparée, ainsi que dans le journal le Temps, de très intéressantes études sur le commerce de la France, le congrès des Etats-Unis, l'hypothèque maritime, etc. Il a publié à part : Progrès de la centralisation administrative en Angleterre (Paris, 1888), la France provinciale (Paris, 1888); Rabelais (Paris, 1892).
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Dictionnaire biographique
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