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Jean-François Millet
sait exprimer admirablement dans des tons éteints des silhouettes
de travailleurs au crépuscule. Il nous dit le recueillement des
paysans aux premiers tintements de l'Angélus et peint avec sincérité
des intérieurs, des batteuses de beurre, des femmes donnant à
manger à leurs enfants ou bien vaquant aux soins du ménage.
Il paraît avoir mieux réussi dans les effets de pénombre,
de nuit et de lune que dans ceux de pleine lumière; sa facture un
peu cotonneuse et parfois même irisée quand il s'agit du plein
jour s'adapte mieux aux effluves ouateux de la lune ou aux demi-teintes
et au vague du soir. Ce n'est ni la brutalité prosaïque de
Courbet,
ni la poésie parfois voulue de Jules Breton; il semble que sa vie
patriarcale et familiale se reflète dans la grande simplicité
de ses oeuvres, et ses paysans ont souvent une sorte de grandeur sacerdotale
comme s'ils étaient les prêtres du travail. Millet est mort
pauvre, et la fièvre spéculative des marchands et des marchands
s'est emparée de ses oeuvres après sa mort.
(Ch. Grandmougin). |
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Millet (Aimé).
- Sculpteur français, fils de Frédéric Millet (V.
plus haut), né à Paris
le 27 septembre 1819, mort à Paris le 15 janvier 1891. Son père
lui enseigna le dessin et David
d'Angers la
sculpture. Ses premiers
dessins furent exécutés d'après des maîtres,
tels que Raphaël,
Vinci
et Ribeira. A trente ans, il se donna complètement à la sculpture
et suivit la tradition classique, tout en mettant dans ses oeuvres une
note moderne et originale. Sa Bacchante ,
son
Narcisse ,
et surtout son Ariane ,
contribuèrent à le classer parmi les interprètes les
plus vivants de l'Antiquité .
Sans posséder la verve et le mouvement extraordinaires de Carpeaux,
sans être doué de l'élégance de Chapu, Millet
sut s'élever au-dessus de la moyenne, et dans des bustes comme ceux
du maréchal Magnan et de Pauline Viardot, manifester un sens non
prosaïque de la vie contemporaine.
En 1865, son Vercingétorix
colossal en cuivre repoussé, destiné au plateau d'Alise-Sainte-Reine
( Alésia),
produisit un grand effet, et le héros gaulois
à moustaches tombantes, conçu dramatiquement à la
façon des Gaulois de Luminais, retint l'attention publique par son
allure martiale. L'Apollon qui surmonte le grand Opéra ,
et dont la tournure élégamment classique est fort décorative,
est dû également à Aimé Millet. Sa statue
de la Justice civile figure à la mairie du Ier
arrondissement à Paris,
et l'on remarque au Père-Lachaise
le tombeau du représentant du peuple Baudin, ainsi que la
Jeunesse
sur le monument d'Henri Mürger. S'inspirant des grands événements
contemporains, l'artiste exécuta pour le monument des mobiles et
francs-tireurs de l'Eure, morts en 1870-1871, un jeune garde mobile en
bronze
d'une énergique allure, qui fait songer aux héros de de Neuville.
Citons encore de lui parmi ses dernières
productions : Cassandre
sous la protection de Pellas, et les statues de Denis
Papin à Blois,
de George Sand à La Châtre ,
et d'Edgar Quinet à Bourg-en-Bresse .
Le jardin du Luxembourg
possède aussi un Phidias de Millet qui sut, comme on le voit.
rendre avec autant d'aisance les types contemporains que les héros
de la mythologie et de l'histoire. (Ch. Grandmougin). |
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Millet (Eugène-Louis).
- Architecte né à Paris
le 21 mai 1819, mort à Paris le 24 février 1879. Elève
de Henri Labrouste et de l'Ecole des beaux-arts, Eugène Millet se
passionna vite pour l'étude des monuments du Moyen âge
français, fut attaché, dès 1848, par Viollet-le-Duc,
au service des édifices diocésains comme architecte chargé
de la restauration des cathédrales
de Troyes et de Châlons-en-Champagne ,
et, dès 1849, à la commission des monuments historiques,
pour laquelle il fit exécuter successivement les restaurations des
églises
de Souvigny, de Saint-Menoux et d'Ebreuil (Allier), de Paray-le-Monial
(Saône-et-Loire), de Notre-Dame de Melun
et de Saint-Quiriac de Provins
(Seine et-Marne), de Notre-Dame de Boulogne
(Hauts-de-Seine), de Mareil-Marly (Yvelines), et de l'abside de Saint-pierre
de Lisieux
(Calvados).
Eugène Millet fut de plus appelé
à continuer les travaux d'agrandissement de la cathédrale
de Moulins
à la mort de Lassus, à succéder
à
Viollet-le-Duc dans les travaux
de restauration de la cathédrale de Reims
et à remplacer son maître, Henri Labrouste, comme inspecteur
général des édifices diocésains. Mais l'oeuvre
principale de cet architecte fut la restauration qu'il commença,
dès 1855, du château de Saint-Germain-en-Laye
et qu'il poursuivie jusqu'à sa mort. On doit en outre à Eugène
Millet l'hospice Greffulhe, l'église
de Maisons-sur-Seine, plusieurs tombeaux dont celui de Lance (Rambouillet )
et celui de Félicien David (Saint-Germain-en-Laye),
le Cercle des ouvriers maçons et tailleurs de pierre, etc. De 1863
à 1865, Millet avait été chargé du cours de
construction à l'Ecole de beaux-arts. Son tombeau, la dernière
oeuvre de Viollet-le-Duc et sur laquelle un médaillon de Chapu rappelle
ses traits, s'élève dans le cimetière de Saint-Germain-en-Laye.
(Charles
Lucas). |
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Millet (René).
- Publiciste et diplomate français, né le 14 septembre 1849.
Tour à tour employé au ministère du commerce, sous-préfet,
secrétaire général de Seine-et-Oise, chef de cabinet
et sous-directeur au ministère des affaires-étrangères,
ministre plénipotentiaire à Belgrade ,
il a été, à partir du 14 novembre 1894, résident
général de France
à Tunis.
Il a donné dans la Revue des Deux Mondes, la Revue Bleue,
l'Annuaire
de la législation étrangère, le Bulletin de législation
comparée, ainsi que dans le journal le
Temps, de très
intéressantes études sur le commerce de la France, le congrès
des Etats-Unis ,
l'hypothèque maritime, etc. Il a publié à part : Progrès
de la centralisation administrative en Angleterre
(Paris, 1888), la France provinciale (Paris, 1888); Rabelais
(Paris, 1892). |
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