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Ariane

Ariane, Ariadne (personnage de la mythologie grecque). - Héroïne qui joue un grand rôle dans la légende de Dionysos à Athènes et dans les îles de la mer d'Icarie, notamment à Naxos, d'où son culte semble être originaire. Née en Crète, Ariane est la fille de Minos et de Pasiphaé; lorsque Thésée entreprend de délivrer Athènes du tribut imposé par le Minotaure, Ariane s'éprend d'amour pour lui, comme Médée pour Jason dans la légende des Argonautes. Elle lui donne le fil conducteurs qui le fait sortir sain et sauf du labyrinthe. Mais Thésée ne ramène pas son amante à Athènes; il l'abandonne à Naxos, les uns disent volontairement, les autres par nécessité et sur l'ordre des dieux. Une tradition consacrée par quelques vers de l'Odyssée raconte même qu'Ariane y fut tuée par Artémis, sur l'ordre de Dionysos. 
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Pompéi : Ariane abandonnée par Thésée.
 Thésée abandonnant Ariane. Peinture murale 
de la maison des Vetii à Pompéi.

La légende généralement connue raconte, au contraire, qu'Ariane abandonnée à Naxos par Thésée est recueillie par Dionysos dont l'amour la console de la perte de l'infidèle. C'est le thème exploité par Catulle dans les vers célèbres de l'Epithalame de Thétis et de Pélée et par Ovide dans ses Héroïdes. On concilie les deux versions en disant que Dionysos oblige Thésée à lui abandonner Ariane; les dieux lui conférèrent l'immortalité; la couronne d'or, que Dionysos lui a donnée comme cadeau de noces, est echangée en étoiles et placée parmi les constellations (la Couronne boréale).
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Noces de Dionysos et d'Ariane.
Les noces de Dionysos et d'Ariane. 
Vase de Ruvo (musée de Naples).

Il semble qu'originairement Ariane, dont le nom signifie : « la très sainte » ou « la bien aimable » ait été une personnification de la terre fertile comme Sémélé, avec cette différence que celle-ci est la mère, celle-là l'amante de Dionysos. Elle se présente dans la légende sous deux formes, l'une triste, qui nous la représente ou infidèle à Dionysos et tuée par lui, ou ravie à son amour; l'autre riante, qui met en relief l'amour du dieu la consolant et la remplissant d'une joie divine. Ainsi comprise, Ariane est une doublure de Coré (Perséphone), image de la nature qui s'endort et semble mourir avec l'hiver, pour renaître pleine de charmes au printemps. Coré, fille de Déméter, exprime cette idée par rapport à la culture du blé, Ariane par rapport à celle du vin. Parmi les enfants de Dionysos figurent Oenopéon, Staphylos, Evanthes, Maron qui sont tous des personnifications bacchiques. 
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Ariane et Dionysos.
Dionysos consolant Ariane. Bas-relief antique (musée du Vatican, Rome).

Il est probable que l'Ariane de Naxos était d'abord différente de celle de Crète; plus tard, l'identité des noms a fait confondre la légende de Thésée et du Minotaure avec celle de Dionysos et d'Ariane. Dans la première, l'héroïne était sans doute une personnification de l'éclair, comme Thésée est le Soleil qui entre dans la caverne du nuage ou de l'hiver. Quand il en est sorti triomphant, il abandonne son amante et lui donne une rivale dans Aéglé, le ciel étincelant. La poésie et l'art sous toutes ses formes ont beaucoup exploité la légende d'Ariane; l'amour de Thésée et la lutte contre le Minotaure ont fait l'objet d'une tragédie perdue d'Euripide. Les deux gravures que nous reproduisons représentent, l'une Ariane endormie sur le rivage de Naxos où Thésée l'a abandonnée et où Dionysos vient la surprendre pour lui offrir son amour; l'autre Dionysos et Ariane assis sous un vaste cep de vigne et l'amour volant au-devant d'eux. (J-A. H.).
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Carrache : Triomphe de Bacchus et d'Ariane.
Le Triomphe deBacchus et d'Ariane, par Annibal Carrache (ca. 1600).


Les aventures mythologiques de cette fille de Minos ont été fréquemment reproduites par l'art antique. Selon Pausanias (Attic., XXII), des peintures du temple de Dionysos à Athènes représentaient Thésée s'éloignant d'Ariane endormie; dans un tableau du Lesché de Delphes (Phoc., XXXIX), on voyait Ariane assise sur un rocher; on l'avait figurée, sur le coffre de Cypsélus (Elide, I, 19), tenant une couronne, près de Thésée qui avait une lyre à la main. Des bas-reliefs, des vases peints, des pierres gravées, reproduisent l'histoire de Thésée et d'Ariane (cf. Musée Pio-Clémentin. t. IV, pl. 24; Musée du Louvre, de Clarac, t. II, p. 456 et suiv.; Millin, Galerie mythologique, pl. 48, 64 et 66). 
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