|
|
|
|
Les
gens
|
|
| Bonnet
(Charles), philosophe et naturaliste né à Genève C'est séduit par la lecture du Spectacle de la nature de Pluche, de la Bible de la nature de Swammerdam, et des magnifiques recherches de Réaumur sur les insectes, que Bonnet se prit d'un amour si ardent pour l'histoire naturelle. Dès l'âge de dix-huit ans, il découvrit un fait extrêmement curieux, à savoir que les pucerons sont féconds pendant plusieurs générations sans accouplement; ce fait a reçu le nom de parthénogenèse. En 1741, ayant lu, d'après Abraham Trembley, que le polype d'eau douce présentait la singulière propriété de régénérer les parties qu'on lui a coupées, il répéta ces expériences, les multiplia et les étendit à un grand nombre de vers et d'insectes. Un an après, il reconnaissait que les stigmates des insectes sont les orifices de leurs organes respiratoires; il étudiait et décrivait avec soin le taenia. Le Traité d'insectologie, ou observations sur les pucerons (Paris, 1745, 2 vol. in-8, avec 4 pl.) renferme la plupart des curieuses observations de Bonnet. Nous devons encore citer de lui Rech. sur l'usage des feuilles dans les plantes, etc. (Goettingen, 1754, in-4), remarquable travail de physiologie végétale, et considérations sur les corps organisés (Amsterdam, 1762 ou 1768, 2 vol, in-8), ouvrage dans lequel se trouvent réunies et comparées les notions les plus certaines sur l'origine et la reproduction des êtres. Malgré sa modestie, Bonnet ne put échapper aux sarcasmes du philosophe de Ferney (Voltaire). Membre d'un grand nombre de sociétés savantes, il ne fut admis que tardivement parmi les membres de l'Académie de Paris qui lui pardonnait difficilement certaines attaques victorieuses contre les idées de Buffon. (Dr L. Hn.). Célèbre à vingt ans, Bonnet se vit arrêté, dans ses études positives, par la faiblesse de ses yeux qu'avait fatigués l'usage du microscope, et il se tourna vers la psychologie, la philosophie des sciences et la métaphysique : « On reconnaît toujours, dit avec raison Cuvier, dans les écrits de cette seconde période, aux faits dont ils sont partout nourris, au soin avec lequel l'auteur évite de se perdre dans les systèmes fondés sur l'abus des termes abstraits, le philosophe entré dans la métaphysique par le chemin de l'observation. »Bonnet prit pour guides, dans ses nouveaux travaux, Malebranche et surtout Leibniz, mais aussi Locke et Hartley. Avec Malebranche il admet la préexistence des germes, qu'il place dans les femelles, et les idées qu'il développe à ce sujet dans les Considérations sur les corps organisés sont acceptées et appuyées par Spallanzani et Haller. Dès 1748, il lit la Théodicée Dans la Contemplation de la nature (1764-65, 2 vol.), un des livres éminemment propres, selon Cuvier, à inspirer aux jeunes gens le goût de l'étude et le respect pour la Providence, Bonnet s'attache à la proposition de Leibniz que tout est lié et que la nature ne fait point de sauts, il l'applique non seulement aux événements successifs, mais encore aux formes des êtres, à la gradation de leur nature physique et morale. Ramenant tous les êtres terrestres à quatre classes, les êtres bruts ou inorganisés, les êtres organisés et inanimés, les êtres organisés et animés, les êtres organisés, animés et raisonnables, il ne voit aucun caractère distinctif, d'une valeur absolue, entre l'animal et le végétal, entre le chat et le rosier; il indique dans une échelle fameuse, l'orang-outang et le singe, l'autruche et les poissons volants, les serpents d'eau et les limaçons, les teignes, les sensitives et les ardoises, comme les degrés qui nous permettent de passer de l'homme aux quadrupèdes, de ceux-ci aux oiseaux, puis aux poissons, aux serpents, aux coquillages, aux insectes, aux plantes et aux pierres. Peut-être y a-t-il des mondes où il n'existe que des êtres inorganisés et inanimés, peut-être y en a-t-il où les rochers sont organisés, où les plantes sentent, où les animaux raisonnent, où les hommes sont des anges, « Quelle est donc, dit Bonnet allant de la philosophie à la théologie, l'excellence de la JérusalemAvant d'aborder la philosophie des sciences, Bonnet avait publié un Essai de psychologie (1754), qu'il compléta six ans plus tard par un Essai analytique sur les facultés de l'âme, dans lequel il imaginait, comme Condillac l'avait fait dans le Traité des sensations dès 1754, une statue qu'il animait par degrés, afin de montrer comment l'homme, par l'exercice des sens et la réflexion, acquiert les idées les plus simples et crée les idées les plus abstraites, même celle de Dieu Il y a des germes
invisibles et indestructibles, presque aussi compliqués que les
animaux adultes qui, créés tous ensemble, ont été
enfermés dans des corps vivants où ils sont emballés
les uns dans les autres en attendant leur tour de croître et de se
développer : l'apparition d'un nouvel être vivant n'est donc
pas le produit dune génération, mais celui de l'évolution
d'un germe préexistant, Les animaux qui ont précédé
la révolution décrite dans la Genèse Bonnet a eu, comme
philosophe, des disciples et des successeurs, Lesage,
Prévost,
Dumont, Bodmer, qui ont conservé ses doctrines
en tout en partie;
Cabanis
le proclamait un grand naturaliste et un grand métaphysicien, M.
de Biran l'étudiait et l'admirait. Son nom restera, dans l'histoire
de la philosophie, celui d'un émule de Condillac, d'un des précurseurs
de la psychologie physiologique et des théories transformistes,
mais d'un transformisme à part, mêlé de leibnizianisme
et de christianisme
|
||||
| Bonnet
(Pierre Ossian). - Mathématicien né en 1819, ancien
élève de l'École polytechnique, ancien répétiteur
et ancien directeur des études à la même école,
professeur à la Sorbonne |
||||
| Bonnet (Théophile).
- Médecin de Genève |
|
© Serge Jodra, 2004 - 2006. - Reproduction interdite.