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| Prévost
(Antoine François, l'abbé), dit Prévost d'Exiles,
écrivain né à Hesdin Les bénédictins obtinrent
contre lui une lettre de cachet : il s'enfuit en Angleterre Il séjourna à Bruxelles, à Francfort et à force de suppliques obtint son pardon. Il était de retour à Paris en septembre 1742. Cette fois il parut se fixer. Ses dernières années sont fort occupées par des traductions de l'anglais, par la mise sur le chantier d'une vaste Histoire des voyages, par la fréquentation de sociétés choisies (les salons de Mme de Gréquy, de Mme Doublet, les réunions chez Mussard à Passy, où il voyait Rousseau); la direction du Journal étranger. Il avait obtenu en 1754 le prieuré de Saint-Georges-de-Gesne qui lui rapportait un assez bon revenu : il s'était d'abord établi à Chaillot, puis à Saint-Firmin près de Chantilly où il menait une vie simple et paisible, enfin rassasié d'aventures. Il mourut d'une attaque d'apoplexie, ou de la rupture d'un anévrisme, au cours d'une promenade. L'abbé Prévost a beaucoup écrit. Mais il n'est guère connu du grand public que par son roman Histoire du chevalier Desgrieux et de Manon Lescaut, paru d'abord sous forme du VIIe volume des Mémoires et aventures d'un homme de qualité qui s'est retiré du monde (1728-56, 8 vol. in-12) et qui depuis l'édition particulière d'Amsterdam (1753, 2 vol. in-12), a eu d'innombrables rééditions, dont quelques-unes fort luxueuses, parmi lesquelles nous citerons celles de Paris, Didot, 1797, 2 vol, in-18; Paris, 1818, 2 vol. in-12, avec fig. d'après Desenne; Paris, 1859, gr. in-8 av. illust, de Tony Johannot et notice de Jules Janin; Paris, 1874, 2 vol. in-16, av. eaux-fortes d'Hédouin; celle de Paris, Glady, 1875, in-8 av. grav. et préface d'Alexandre Dumas fils; celle de Lemerre, 1877, in-8, avec notice d'Anatole France, et neuf eaux-fortes: celle de Lancette, 1885, in-4, av. préface de Guy de Maupassant et illustr. de Leloir, etc.). Ce roman, écrit d'un style simple, facile, sans prétention, d'un très vif intérêt, a crée des types d'une éternelle beauté et qui ne passeront pas. Il a prêté à des critiques, à des commentaires infinis, où se sont plu les écrivains les plus illustres. Mais aucun n'a plus finement que Maupassant analysé les raisons pour lesquelles il demeurera l'un des joyaux les plus purs de l'histoire littéraire de tous les pays : « Voici Manon Lescaut, plus vraiment femme que toutes les autres, naïvement rouée, perfide, aimante, troublante, spirituelle, redoutable et charmante. En cette figure si pleine de séduction et d'instinctive perfidie, l'écrivain semble avoir incarné tout ce qu'il y a de plus gentil, de plus entraînant, et de plus infâme dans l'être féminin. Manon, c'est la femme toute entière, telle qu'elle a toujours été, telle qu'elle est et telle qu'elle sera toujours. »Les autres oeuvres de l'abbé Prévost ne manquent pourtant pas d'intérêt, bien qu'elles aient été éclipsées par Manon. Les Mémoires d'un homme de qualité, dont nous avons déjà parlé renferment des détails curieux et sur la vie de l'auteur et sur les mœurs du temps, mais ils sont noyés dans une phraséologie un peu fade et les descriptions de paysage y sont sèches et ternes. Le Doyen de Killerine (Paris, 1735, 6 vol. in-12) serait charmant si le romanesque n'était gâté par des bizarreries, des invraisemblances et une fiction par trop artificielle; l'Histoire de M. Cleveland, fils naturel de Cromwell (Utrecht |
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Prévost (Pierre),
physicien et philosophe, né à Genève en 1751, mort
à Genève en 1839. Il se fit recevoir docteur en droit et
avocat (1773), mais s'adonna par goût à l'enseignement libre,
en Hollande, puis entra comme précepteur dans la famille Delessert,
à Paris,
où il fit connaissance avec, J.-J. Rousseau.
En 1780, il accepta la chaire de philosophie
et une place à l'Académie de Berlin,
que Frédéric Il lui offrit. Quatre ans après, il obtenait,
au concours, à Genève, la chaire de philosophie et, en 1840,
celle de physique générale. Il
siégea au Conseil représentatif de Genève et y défendit
les idées de progrès.
Pierre Prévost a publié de nombreux écrits : de l'Economie des anciens gouvernements comparée à celle des modernes (Berlin, 1783, in-8); de l'Origine des forces magnétiques (Genève, 1788, trad. allem., in-8); Recherches physico-mécaniques sur la chaleur (Genève, 1792, in-8); Des signes envisagés relativement à leur influence sur la formation des idées (Paris, 1800, in-8); Essais de philosophie (Genève, 1804, 2 vol. in-8); du Calorique rayonnant (Genève, 1809, in-8, fig.), etc.Il a traduit : Euripide (1778-1782); Essais d'Adam Smith (1797, 2 vol. in-8); Essai sur le principe de la population de Malthus (1809, 3 vol. in-8), etc. (J. Lourbet). |
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| Prévost (Louis
Constant),
géologue né à Paris le 4 juin 1787, mort à
Paris
le 14 août 1856. Il s'adonna, de bonne heure, à l'étude
des sciences naturelles, fut l'élève d'Alexandre
Brongniart, mais quitta en 1815 la France pour accompagner en Autriche
Philippe de Girard, qui allait fonder à Hirtenberg, près
de Vienne, une grande filature et dont il devint l'associé. De retour
en 1819, il devint professeur de géologie à l'Athenaeum Partisan de la théorie des affaissements, qu'il opposait à celle des soulèvements, Constant Prévost enseignait que les montagnes sont dues, non, comme le croyaient ses contemporains, à des cataclysmes violents, éruptions ou tremblements de terre, mais à une rétraction inégale de l'écorce terrestre, accomplie d'une façon lente et incessante. Pour lui, d'ailleurs, il y avait eu, à toutes les époques géologiques, identité, synchronisme absolu entre les deux grands ordres de phénomènes ignés et sédimentaires. Outre un grand nombre de mémoires originaux et d'autres parus dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris, dans le Journal de physique, dans le Bulletin de la Société géologique, dans le Bulletin de la Société philomatique, etc., il a publié : Histoire des terrains tertiaires (Paris, s. d.) ; Traité de géographie physique, avec E. Bassano (Paris, 1836). (L. S.). |
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| Prévost (Marcel),
romancier né à Paris
le 18, mai 1862, mort le 8 avril 1841. Fils unique d'un ancien sous-directeur
des contributions indirectes, il fit de brillantes études au collège
Saint-Joseph- de-Tivoli dirigé par les jésuites En 1881, le Clairon publia sa première
oeuvre, Conserard Chambergeot, signée du pseudonyme de Schlem;
puis suivirent d'autres nouvelles : l'Ingénue de mon oncle,
les
Pommes d'api, le Prince Max. Son premier roman fut publié dans
le Matin (le Scorpion, 1887); il fut remarqué par
le public et les littérateurs pour la finesse des analyses psychologiques,
la simplicité du style et l'intérêt du récit.
En 1888 parurent Chonchette, en 1889 Mademoiselle Jauffre,
en 1890 Cousine Laura, étude de moeurs de théâtre,
en 1891 la Confession Marcel Prévost a aussi abordé la scène avec l'Abbé Pierre (un acte), joué au Théâtre Libre et tiré du Scorpion, et avec les Demi-Vierges, comédie en trois actes pour le Gymnase. On s'accorde à reconnaître à Marcel Prévost un grand talent de conteur; il a par là sa place bien marquée dans la littérature contemporaine. On lui a reproché parfois de flatter le goût du public par des sujets un peu libertins, mais il reste ainsi dans la tradition de son genre. Et si ses livres manquent parfois de profondeur et de portée philosophique, ils constituent d'amusantes ébauches d'études des moeurs contemporaines. (Ph. B.). |
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