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Les
arts du dessin
L'architecture.
L'Inde, jusqu'aux environs du IIIe
siecle avant J.-C., n'a construit qu'en bois; rien n'est demeuré
de ces édifices, palais ou temples, aussi prompts à se démolir
qu'à s'élever. Mais les premières constructions en
pierre reproduisent avec gaucherie le type antérieur d'architecture,
jusqu'aux détails de la charpente. C'est avec Açoka
et l'épanouissement du bouddhisme, que l'architecture
indienne "en dur" commence véritablement.
L'architecture
bouddhique.
Les influences hellénique
et perse
concoururent à la formation de l'art nouveau qui se développa
sous l'action du bouddhisme. L'architecture
bouddhique nous donne les lats, les chaitya et les viharas
:
Les lats, piliers surmontés
d'une image symbolique, les stoupas (stupas) ou topes, élevés
sur un endroit consacré par la légende ou sur de saintes
reliques
: Bhilsa, Bhopal ,
Sanchi, Bhojpour, Sarnath, dans le Pendjab, Et de l'Afganistan ,
Selalabad. etc.;
Les chaityas, lieux d'assemblée
ou de prière établis dans des excavations pratiquées
dans les rochers : on en rencontre un groupe très considérable
dans la région de Bombay ,
Nasik et Karli. Le chaitya comporte une façade ouvrée
dans le roc, une nef flanquée d'ailes
et bordée de colonnes. et, comme une
sorte de choeur, un dagoba, sorte de
stoupa, où sont déposées des reliques .
Une large fenêtre percée au-dessus
du porche éclaire le dagoba,
tout en laissant dans l'ombre le reste du monument.
Les viharas ou monastères
se composent d'une cour entourée de cellules, souvent accompagnées
de galeries ornées de riches sculptures
: ils étaient édifiés presque toujours à côté
de chaityas. Les monastères se distinguent par les sculptures
et les fresques; dans le nord-ouest, on remarque
une forte empreinte de l'art occidental; il est évident que l'Inde ,
de 150 av. J: C. à 600 apr. J.-C.. a été en rapports
constants avec les rois grecs de Bactriane
et les princes arsacides de Perse ,
et que, par la voie des caravanes, il se fit un grand mélange de
peuples et un échange d'influences.
L'architecture
jaïnique.
Après la disparition du bouddhisme,
le jaïnisme vint donner de nouvelles formes
et de nouveaux motifs à l'art décoratif.
Cette architecture est très pittoresque. Les temples du mont Abou
et de Parisnath s'élèvent dans des sites riants; certains
sont groupés sur le flanc des collines, comme ceux de Palitana.
Dans l'Inde
du Sud, il y a deux sortes d'édifices affectés au culte jaïniste
: les bettus, vastes cours à ciel ouvert, renfermant la statue
d'un personnage, tel que le colosse de Sravana Belgola (Mysore), qui rappelle
les statues égyptiennes
et les bastis, pareils aux temples du Nord, mais modifiés
par le contact avec l'art dravidien.
L'architecture
hindoue.
L'architecture hindoue
se divise en trois styles : dravidien, chaloukya, style
septentrional.
Les temples dravidiens se composent en général,
de quatre parties :
1° le temple principal ou
vimana,
qui contient la cella, où se trouve
la statue du dieu ou son emblème ;
2° le porche,
mandapa;
3° les portes
pyramidales, gopoura;
4° les salles à piliers, chauderie,
qui servent d'asile aux pèlerins, etc.
Le temple est toujours entouré de réservoirs,
d'étangs, de dépendances ou loge le personnel. On peut suivre,
depuis les monolithes de Mahabalipour (Madras), jusqu'au grand temple d'Ellora ,
les efforts des artistes avant d'arriver à produite une merveille
comme le temple de Tanjaour, dont le vimana dresse son dôme monolithe,
sur une pyramide de treize étages, à une hauteur de 63 mètres.
Les temples de Bangalore, de Tritchinapaly, de Burramahl et de Maïssour
ne sont pas moins importants. Mais une des plus complets est celui de Chalembroum,
sur la côte de Coromandel. Les temples en plein air se terminent
par une coupole renflée sur les côtés, ou par un dôme
écrasé; elles ont des plafonds voûtés et des
façades fermées; le caprice a présidé à
leur construction : on en voit qui reposent sur le dos de gigantesques
éléphants.
Le style chaloukya a laissé
quelques traces dans la région où ont régné
les princes de cette dynastie, c'est-à-dire outre le golfe Arabique
et le golfe du Bengale; il est moins connu que les autres, bien qu'on en
ait d'admirables échantillons dans les ruines d'Halebid et dans
celles de Somnathpour, de Baillour, etc., où se déploie l'imagination
la plus exubérante.
Dans le Nord, nous trouvons un contraste complet
avec le style dravidien. Là où se dresse la pyramide, c'est
le dôme qui apparaît; le temple est un simple carré,
c'est-à-dire le sanctuaire. Les temples de l'Orissa, ceux de Shiva
à Bhouvaneswar et de Vishnou à
Pouri, sont des exemples excellents de ce style.
L'architecture
musulmane de l'Inde.
Les musulmans
vinrent au Moyen âge
imposer à ces nations leur religion, leurs usages et leur goût
dans les art .
Alors on vit les mosquées et les minarets
remplacer les temples antiques de l'Inde .
Les princes seldjoukides, mongols
et persans élevèrent
un grand nombre de monuments. Ces dynasties musulmanes ont aussi donné
à l'Inde un style spécial. Une période fort intéressante
est celle du XIVe siècle, où
règne une simplicité sévère. Dans le Goudjerat,
à Ahmedabad, on constate une heureuse influence de l'art jaïnique.
Mais c'est sous les Mongols que se développa le plus bel art musulman,
Rappelons le Taj Mahal, élevé sur les bords de la Djemna
par Châh-Djihan (1648), les palais d'Akbar
à Agra, la mosquée de Fatehpour, le palais de Châh-Djihan
à Delhi, enfin les mosquées d'Agra, la Mouti Masjid et la
Jama Masjid, les tombeaux d'Houmayoum et d'Akbar.
L'architecture
européenne.
Les colonisateurs européens ont
bâti en Inde leurs chétifs et maigres monuments dans le goût
classique, qui font un étrange contraste avec les colossales constructions
des temps antérieurs. Ce qui reste de leur passage à Madras,
Bombay ,
Calcutta ,
Chandernagor rappelle les villes grecques.
La sculpture.
L'histoire de la sculpture
ne commence vraiment qu'avec le bouddhisme;
une école toute spéciale se développe qui se donnait
pour objet la représentation du maître et les événements
de sa carrière terrestre. L'influence gréco-bactrienne
effaça les inspirations purement locales et créa un art dont
les musées de Lahore ,
de Londres,
de Berlin
et de Vienne
possèdent de curieux spécimens. A cette période succéda
une nouvelle évolution, au cours de laquelle l'artiste donna libre
carrière à une imagination. De fait, les règles de
l'architecture indienne étaient
tracées dans les livres sacrés, et les architectes, revêtus
d'un caractère semi-sacerdotal, ne pouvaient s'en écarter.
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Sculpture
représentant une scène mythologique.
(Musée
national de New Delhi).
Photo
: © Serge Jodra, 2011..
Les sculpteurs, au contraire, avaient une
latitude plus grande; leur art avait aussi ses règles et ses principes,
ses types pour les divinités, mais ils avaient toute liberté
pour inspirer le respect et l'effroi aux Hindous,
en donnant aux parties architectoniques et aux décorations les formes
les plus bizarres et les plus capricieuses. Les Hindous trouvaient, dans
leur mythologie, des sujets inépuisables; mais la symbolique arbitraire
qu'y rattachaient les idées populaires rendait très difficile
une exécution artistique. Les sculpteurs indiens ont traité
le bas-relief aussi bien que la ronde bosse
et la statuaire. Leurs oeuvres ont souvent beaucoup l'expression.
La peinture.
La peinture
n'a pas pris en Inde
le même développement qu'en Occident. Elle est cependant loin
d'être négligeable. On l'a déjà noté,
que les palais étaient richement décorés et avaient
des fresques et des galeries de tableaux.
Il semble même que toute personne de bonne éducation devait
savoir peindre un portrait. Les murailles
des palais et des maisons offrent parfois encore des sujets peints avec
des couleurs à l'eau quelquefois à l'huile,
et représentant des scènes mythologiques, des batailles,
des processions, des luttes, des animaux,
etc. Les spécimens de la peinture, toutefois, sont assez rares;
nous citerons les fresques d'Ajanta (VIIe
s.). L'art pictural indien a cependant disparu et ne se retrouve
que dans les miniatures des manuscrits,
dans les dessins et les peintures du Tibet ,
de la Chine
et du Japon .
Les miniatures de l'Inde possèdent une certaine grâce, quand
elles représentent des scènes de la vie ordinaire, et, pour
la facilité du dessin et l'expression, elles l'emportent sur
les miniatures chinoises ( La
peinture orientale ).
On peut voir à la Bibliothèque nationale
de Paris
une belle collection d'oeuvres du XVIe
siècle, rapportées par Manucci, et, en manuscrit, une Histoire
des Radjahs de l'Hindoustan, que le colonel Gentil écrivit en
1772 et fit orner de miniatures par un artiste indien.
Les arts décoratifs.
Les métiers d'art ont joui en Inde
d'une renommée méritée; la joaillerie,
les tissus, le mobilier furent fameux dans le monde entier. L'organisation
de la société en castes a beaucoup contribué à
établir cette réputation. Les métiers, transmis de
père en fils, assuraient aux ouvriers une expérience et une
habileté qui compensaient la perte le leur indépendance.
La
musique
La musique
indienne compte 84 modes, dont on n'emploie ordinairement que 36, et qui
ont chacun une expression particulière destinée à
agir sur tel sentiment ou telle affection. Ces modes empruntent leurs noms
aux saisons de l'année, aux heures du jour et de la nuit, et sont
censés posséder chacun quelque qualité appropriée
au temps d'où il a pris son nom. Les airs hindous se ressemblent
presque tous, et sont remarquablement doux et plaintifs : l'exécution
la plus favorable est celle à une seule voix, accompagnée
par la vîna, instrument qu'on appelle la lyre indienne; mais
le plus souvent on accompagne avec des instruments à cordes et des
tambours, et les chanteurs ne dominent tout ce bruit qu'en poussant des
cris déchirants. La gamme des Indiens procède par octaves,
comme celle des Occidentaux; mais ils ne connaissent pas l'harmonie.
Parmi les instruments qui sont particuliers
à l'Inde ,
nous citerons : le song, buccin dans lequel les Brahmanes
soufflent de toutes leurs forces pour appeler le peuple; le gautha,
petite cloche de bronze, ornée d'une
tête et de deux ailes, qu'ils sonnent soir et matin dans les vestibules
des temples avant de commencer les sacrifices; le capliu ou bin,
composé de deux calebasses d'inégale grosseur, jointes par
un Iong tube de bois sur lequel sont tendues plusieurs cordes de
fil de coton gommées et deux cordes d'acier; le tamboura,
dont le corps est formé d'une gourde avec un long manche, et qui
est monté de trois cordes qu'on frappe avec un plectre; le sarangui,
qui a du rapport avec le violoncelle, bien que plus petit et monté
d'un plus grand nombre de cordes; le sarinda, violon grossier dont
les cordes sont en coton; l'omerti, espèce de timbale formée
d'une noix de coco qu'on a recouverte d'une peau très mince, et
sur laquelle sont tendues quelques cordes; l'urni, instrument du
même genre, mais à une seule corde; le hauk, énorme
tambour orné de plumes et de crin, dont on fait usage dans certaines
fêtes,
moyennant une permission de l'autorité, et le payement d'une certaine
somme; l'hula, tambour plus petit dont on bat avec la main; le mirdeng
ou khole, tambour dont le corps est en terre cuite; le domp,
grand tambour de forme octogonale; le thobla, composé de deux tambours,
l'un de terre et l'autre de bois; le tikora, formé aussi
de deux tambours, mais d'inégale grandeur; le djugo ou djumpa,
cylindre de terre cuite, sur lequel on a tendu une peau, et dont on tire
une espèce de bourdonnement par le frottement d'un archet sur cette
peau; le surmonglah, formé de longs morceaux de bambou unis
par de petites cordes qui les traversent; le ramsinga, grande trompette
composée de quatre tubes de métal très mince qui entrent
les uns dans les autres; le
baunk, qu'on peut comparer à
la trompette pour la forme et pour la qualité du son; le sunaraé,
sorte de clarinette; le tabri, qui ressemble à la cornemuse;
le bansy, flûte à bec, et le crishma, sorte
de flageolet, qu'on insuffle avec le nez. (E. L.). |
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