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Les
arts
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Les métiers d'art |
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entre les grands arts - les beaux-arts - et les arts décoratifs
est toute moderne. Cette division est plus conventionnelle que réelle
et il serait difficile, dans beaucoup de cas, de savoir où finit
le grand art et où commence l'art de l'ornement. Toute oeuvre n'est
véritablement artistique qu'à la condition de constituer
une création originale, et il existe parfois plus de talent dans
la composition d'un meuble, d'une faïence
ou d'une tapisserie que dans l'exécution
médiocre d'une statue ou d'un tableau.
Quoi qu'il en soit, on est habitué à ranger l'architecture En France L'établissement de l'Académie
des beaux-arts qui, dans les premières années du XIXe
siècle, vint remplacer l'ancienne Académie royale, consacra
définitivement la séparation entre l'art et l'industrie.
La faveur publique s'éloignait alors de tout ce qui rappelait les
chefs-d'oeuvre de l'art national, pour adopter un style néo-grec.
Tous les objets empreints de la grâce exquise des derniers temps
étaient méprisés et remplacés par des imitations
bâtardes de l'Antiquité
Masque en faïence. © Elsa Soucasse. Un très vif mouvement de réaction
s'est produit dans la seconde moitié du XIXe
contre le dédain injustifiable de cet art national. Le réveil
des études historiques fit mieux connaître le véritable
esprit des civilisations qui s'étaient succédé, et
il a poussé les amateurs et les curieux à en recueillir les
débris. De nombreuses expositions rétrospectives permirent
d'établir des comparaisons entre la composition harmonieuse des
oeuvres anciennes et le manque de style qui caractérisait trop souvent
celles de l'époque moderne. On a reconnu que pour ressusciter la
tradition de la fabrication française il fallait retrouver les anciens
procédés oubliés, et que la condition primordiale
pour relever la production industrielle était de l'enlever aux mains
ignorantes qui la dirigeaient, pour la confier à des artistes connaissant
les principes spéciaux de l'ornementation. Ces préoccupations
nouvelles ont donné naissance à l'art décoratif moderne
dont le développement a exercé une influence capitale sur
la situation économique des contrées manufacturières
de l'Europe L'art décoratif tel qu'on le comprend à partir de ce moment est distinct de la peinture, de la sculpture, de la gravure et de l'architecture; il embrasse tout ce qui ressort de l'industrie (ou de l'artisanat) et contribue à l'ornementation extérieure et intérieure de l'habitation, à l'ameublement et au vêtement. Ce vaste programme se sectionne en plusieurs subdivisions générales dont les plus importantes sont : la peinture décorative, l'ébénisterie, la céramique, la verrerie, l'émaillerie, la ciselure, l'industrie des tissus et des étoffes (à laquelle on joindra la tapisserie, la broderie, etc.), l'orfèvrerie et les arts du corps (la bijouterie, l'habillement, l'art des parfums, la cosmétique, le tatouage, etc.). Les règles
de l'art décoratif retrouvées.
Un des principes fondamentaux de l'art décoratif est que la forme et la matière d'un objet doivent s'accorder à la chose à laquelle il est destiné, tout en ne se confondant pas avec la seule fonction technique de l'objet. En un mot, l'adéquation de l'objet à son usage ne suffit pas; pour parler d'art, il faut également qu'il y ait du style. Il faut aussi rechercher des dispositions simples et en rapport avec la nature des objets, sans donner, par exemple, à un motif d'ameublement, les lignes architecturales d'un monument grandiose. Les artistes doivent également comprendre que la matière elle-même a ses exigences et qu'il est imprudent d'imiter en fer une forme qui a été conçue pour le bois et réciproquement. Ce sont des lois immuables que les anciens peuples ont observées. Il existe assurément des exceptions à cette règle, mais l'artiste doit toujours s'efforcer d'y revenir s'il veut rester dans le vrai et produire de véritables chefs-d'oeuvre. Chaque composition doit présenter un tout harmonieux de style et de proportion qui soit en rapport direct avec la richesse de la décoration, sans que ce suprême complément tende à absorber le double caractère de la forme et de la destination. Chacune des périodes successives de l'histoire de l'art a eu son style particulier dont les moindres traditions sont soigneusement relevées par les archéologues. Une étude trop minutieuse en serait dangereuse pour les artistes industriels qui y perdraient bien vite leur originalité en ne produisant que des imitations inférieures. Ils y puisent tous, au contraire, un grand élément de succès s'ils étudient les ouvrages du passé, dans le seul but de se rendre compte des procédés de fabrication de ces objets et s'ils savent s'en inspirer pour inventer des compositions répondant aux besoins nouveaux de leurs contemporains. Les arts décoratifs, étant une application de l'art à nos usages actuels avec toutes les ressources de la science et des procédés du métier, ont, comme les beaux-arts, besoin d'architectes, de peintres et de sculpteurs qui viennent surélever les travaux des ouvriers artistes dans chaque branche de la fabrication. L'étude de ces spécialités distinctes se trouvait souvent confondue dans les ateliers du Moyen âge et de la Renaissance d'où sortaient des personnalités artistiques assez vigoureuses pour entreprendre la construction et la décoration complète d'un édifice. Aujourd'hui, les spécialités sont trop nettement accusées pour qu'on puisse ressusciter ces artistes universels, mais les artisans ont compris de nos jours qu'il est indispensable de lutter contre cette subdivision abusive du travail qui s'est introduite dans les ateliers au grand détriment de la qualité de l'exécution. Il est bien préférable, en effet, qu'un ciseleur sache monter la pièce qu'il a habilement burinée, qu'un sculpteur puisse assembler le meuble dont il a entaillé les panneaux, en un mot qu'un ouvrier soit susceptible d'achever complètement l'oeuvre à laquelle il a concouru. (A. de Champeaux). |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.