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Les
interventions anglaises
Pendant l'anarchie,
Balkh
(l'ancienne Bactres ,
près de l'actuelle Mazar-i-Sharif) fut saisi par l'émir de
Boukhara, le Déradjat par Roundjet-Sing et le Sind devint indépendant.
En 1807,
comme Napoléon Ier,
s'était assuré l'appui de la Perse contre l'Inde ,
l'Angleterre s'assura l'alliance de l'émir afghan. Mais la dynastie
douranie fut ruinée peu après par des révoltes et
finit par disparaître en 1823;
Hérat
se plaça sous la suzeraineté de la Perse et le rajah des
Sikhs entama, à l'Ouest, les terres afghanes. Peu après,
cependant, Dost-Mohammed (Doust Mohammed), frère du grand vizir
du dernier des Douranis, devint enfin seul souverain de ce royaume affaibli
et régna à Kaboul ;
Après s'être rapproché de la Russie, il provoqua le
mécontentement des Anglais (1838)
qui résolurent de rétablir son adversaire Choudja. Les Anglais
s'emparèrent aisément de Kaboul, Kandahar
et Ghazni, et placèrent Choudja sur le trône; mais, la guerre
à peine terminée, une révolte éclata (1841).
Choudja fut assassiné et la garnison anglaise massacrée,
ce qui amena une nouvelle expédition des Anglais en 1842.
Cette fois, après avoir obtenu satisfaction, les Anglais laissèrent
les Afghans à eux-mêmes et Dost-Mohammed remonta sur le trône.
En 1856,
Dost-Mohammed avait dû livrer Hérat à la Perse; il
reprit cette ville en 1863
après dix mois de siège et mourut peu après; ses fils
et d'autres membres de sa famille se disputèrent dans le sang le
trône et le royaume fut de nouveau divisé. Chir-Ali, l'un
des fils, resta maître de Hérat et entra à Kaboul en
1868
et progressivement finit par venir à bout des révoltes.
Les sympathies avouées
du nouvel émir pour la Russie et la réception, à Kaboul,
d'une ambassade envoyée par le tsar, suscitèrent une seconde
fois les méfiances des Anglais. Lord Lytton, étant devenu
vice-roi des Indes
britanniques, chercha querelle (1878)
à l'émir et bientôt les troupes anglaises envahirent
l'Afghanistan pour établir une « frontière scientifique
» (c'est-à-dire dessinée selon des considérations
militaires afin de transformer le pays en région tampon entre l'empire
Russe et l'empire Britannique). Les Anglais entrèrent à Kandahar
(1879)
puis, devenus maîtres de Kaboul ,
ils placèrent sur le trône Ayoub-Khan tenu prisonnier par
son père Chir-Ali, depuis 1874,
et Chir-Ali se réfugia dans le Turkestan .
Ensuite, ils imposèrent à Ayoub, le traité de Gaudamak,
qui leur donnait les trois passes de Khodjak, Païvar et Kaïber,
ainsi que le droit d'entretenir un représentant à Kaboul
(5 mai).
Mais, bientôt,
la population afghane massacrait la légation anglaise à Kaboul,
ce qui amena une nouvelle expédition. Dès le 12 octobre 1879,
le général Roberts faisait à Kaboul une entrée
triomphale. Ayoub-khan, fils de Chir-Ali, soupçonné
de complicité, fut écarté et l'Angleterre se déclara
alors pour le prétendant Abd-er-Rhaman-khan, petit-fils de Dost-Mohammed,
qui vivait, depuis 1869,
sur territoire russe, à Samarcande .
Ayoub se prétendit lésé par ce choix, se souleva et
mit en déroute le général anglais Barrows ; mais il
fut écrasé, près de Kandahar ,
par le général Roberts, fut emmené en Inde ,
où il resta prisonnier.
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Afghans
d'hier et d'aujourd'hui.
L'Angleterre ne tarda
pas à retirer ses troupes (1881)
et le pays retomba dans l'anarchie, plusieurs princes se disputèrent
la couronne; mais enfin, Abd-er-Rahman, d'abord maître de Kaboul ,
réussit à se faire reconnaître par tout le pays, après
avoir battu tous ses adversaires. L'Angleterre, deux ans après,
inscrivit au budget de l'Inde
un subside annuel de 3 millions (qui sera doublé en 1895)
en faveur d'Abd-er-Rhaman. La Russie avait fait, de son côté,
des progrès vers les hautes terres afghanes et occupé Merv,
Vol-Otan, Saraks. Elle se mit d'accord avec l'Angleterre pour la nomination
d'une commission mixte, chargée de concilier les intérêts
des deux nations rivales (mai 1884).
Le gouvernement russe, cependant, chercha, par de lentes négociations,
à gagner du temps, tout en faisant avancer en secret ses troupes.
En 1885,
des contestations au sujet de pâturages réclamés à
la fois par les Turkmènes-Tekkès ,
devenus protégés russes, et les Afghans ont failli faire
éclater la guerre anglo-russe que l'on prédisait depuis un
demi-siècle. En avril, les Russes attaquèrent et prirent
les positions des forces afghanes sur le Kousch et installèrent
une administration provisoire à Pendjeh, sur le territoire revendiqué
par l'émir.
Un arrangement intervint
enfin, grâce à l'entremise de l'Allemagne, et agréée
par les deux parties, fixant la frontière sur la ligne du Mourgab
: Pendjeh était attribué à la Russie, qui se trouvait
ainsi amenée au pied de la passe de Zoulficar, restée
afghane, à moins de 400 kilomètres de Hérat ,
tandis que Merontchak restait à l'Afghanistan. Pour la délimitation
sur le Heri-Roud, des délégués furent nommés,
qui procédèrent à leurs travaux en 1885
et 1886.
Mais l'Afghanistan n'était pas encore arrivé à une
situation tranquille, comme l'ont prouvé des révoltes (1886,
1888
et
1889)
de peu d'importance. Quant aux Anglais, adaptant leurs théories
aux circonstances, ils renoncèrent quelque temps à défendre
sur l'Hindou-Koush les approches de l'Inde
et se bornèrent à en fortifier la frontière immédiate.
Puis, très vite, en 1907,
lorsque les Russes, accaparés par d'autres soucis (guerre russo-japonaise
(1904-1905),
révolution de 1905),
détournèrent le regard, un protectorat Britannique fut imposé
à l'Afghanistan. Il durera jusqu'à la fin de la première
Guerre mondiale. |
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