 |
Clitomaque.
- Philosophe grec, de la nouvelle Académie, né à Carthage
vers 175 av. J.-C. ou peut-être un peu avant, mort, probablement
de mort volontaire, aux environs de l'année 110 av. J.-C. Il s'appela
d'abord Hasdrubal. Il s'occupa d'abord de philosophie dans sa cité
d'origine, et paraît même avoir écrit un traité
dans sa langue maternelle. Puis il vint à Athènes à
l'âge de vingt-quatre ans et s'initia à toutes les doctrines
philosophiques : il est expressément attesté qu'il connut
à fond les systèmes d'Aristote,
de Zénon et d'Epicure.
Après quatre ans d'études, il s'attacha à Carnéade
dont il fut le disciple pendant onze ans, et il lui succéda dans
la direction de son école. Cependant, d'après l'Index
d'Herculanum ,
il ne fut que le troisième successeur de Carnéade.
Au moment de la ruine de Carthage ,
il écrivit une Consolation à l'adresse de ses compatriotes
: il y rapportait une discussion de Carnéade sur la question de
savoir si le sage doit éprouver de la douleur quand sa patrie est
détruite, et le philosophe se prononçait pour la négative.
C'est surtout grâce à Clitomaque
que furent connues les doctrines de Carnéade
qui n'avait rien écrit : Cicéron
déclare lui-même que ce qu'il en expose dans les Académiques
est emprunté à l'ouvrage en quatre livres de Clitomaque intitulé
De
la suspension du jugement. Cicéron vante son érudition,
son activité, la finesse et la souplesse de son esprit.
Outre les deux ouvrages que nous venons
d'indiquer, Clitomaque en avait publié un grand nombre d'autres,
plus de 400 au dire de Diogène
Laërce. Il ne paraît pas d'ailleurs avoir ajouté
rien d'essentiel ou même d'important à la doctrine de son
maître. (V. Brochard). |
|