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La poésie lyrique

On ne pense guère à chercher aujourd'hui dans Boileau les caractères et les règles de la poésie lyrique, malgré les vers qu'il lui a consacrés dans son Art poétique, ch. II: 
L'ode, avec plus d'éclat et non moins d'énergie,
Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux,
Entretient dans ses vers commerce avec les dieux. etc.
Il ne faut pas cependant mépriser ce jugement, parce qu'il est sage et mesuré, et qu'il exprime avec calme la nature et les lois du genre le plus hardi et le plus passionné de tous. Mais nous trouverons en effet plus d'âme et de chaleur dans quelques lignes du Discours sur l'histoire universelle
"Il se faisait, dit Bossuet, des cantiques que les pères apprenaient à leurs enfants; cantiques qui, se chantant dans les fêtes et dans les assemblées, y perpétuaient la mémoire des actions les plus éclatantes des siècles passés: De là est née la poésie, changée dans la suite en plusieurs formes, dont la plus ancienne se conserve encore dans les odes et dans les cantiques employés par tous les anciens à louer la Divinité et les grands hommes. Le style de ces cantiques, hardi, extraordinaire, naturel toutefois, en ce qu'il est propre à représenter la nature dans ses transports, qui marche pour cette raison par de vives et impétueuses saillies, affranchi des liaisons ordinaires que recherche le discours uni, renfermé d'ailleurs dans des cadences nombreuses qui en augmentent la force, surprend l'oreille, saisit l'imagination, émeut le coeur, et s'imprime plus aisément dans la mémoire" (IIe partie, ch. IlI).
La poésie lyrique est là tout entière, enthousiasme religieux et guerrier, admiration de la grandeur sous toutes ses formes, éblouissements et retours de l'imagination, harmonie éclatante et musicale, puissance populaire et patriotique, tout ce qui fait l'incomparable beauté des Psaumes et des Prophètes, des Odes de Pindare et de l'éloquence de Bossuet. Il manque seulement à ce tableau un trait que le prêtre aurait jugé "peu sérieux et peu digne"; mais d'où le génie des anciens et des modernes a tiré ses plus vives et ses plus gracieuses inspirations; la passion qu'Horace appelle le "souci de la jeunesse", l'amour avec ses emportements, ses joies et ses douleurs. Ces nuances infinies de la passion, le poète lyrique les exprime en son propre nom. Il n'est plus, comme dans l'épopée, un témoin qui raconte et peint la vie humaine en se dérobant derrière ses héros; il ne prend pas, comme dans le drame, les personnages que l'histoire ou l'imagination lui fournissent pour interprètes de sa pensée. Sa poésie est toute personnelle; son âme s'ouvre et s'adresse directement à ses auditeurs, sans intermédiaire ni déguisement; de là cette liberté de mouvements, cette variété poétique, ces contrastes saisissants, ces brusques passages, où l'art n'est pas étranger, selon la remarque de Boileau, mais que l'art réduit à lui-même n'enseigne jamais; car ils naissent de la passion, avec ses inconséquences, ses contradictions et sa logique secrète.

La critique, est tombée dans une grave erreur, quand, sous le nom de "désordre pindarique", elle a imputé au plus grand des lyriques grecs les froides exclamations dont la tradition fit longtemps une règle du genre :"Que vois-je? où vais-je? où suis-je?

Quelle docte et sainte ivresse,
Aujourd'hui me fait la loi?
Pindare n'est pas responsable de ces figures ambitieuses, non plus que de l'Ode sur la prise de Namur, dont nous venons de citer le début, et la sereine majesté de sa poésie ne connaît pas ce fracas puéril. Si l'ode est impétueuse, c'est qu'elle est une effusion de l'âme fortement émue : 
D'où sort la strophe, ouvrant ses ailes dans les cieux. (V. Hugo).
C'est l'expression la plus éclatante et la plus harmonieuse de la foi, du patriotisme, de l'amour, de l'espérance, de la crainte, de la douleur; à elle appartiennent tous les sentiments, toutes les passions qui enlèvent l'homme à lui-même et le transportent dans les sublimes régions de l'idéal, 
Sur ces ailes de feu qui ravissent une âme
Au céleste séjour. (J.-B. Rousseau).
La poésie lyrique est peut-être à la pensée ce que le chant est à la parole; et, par l'ampleur, la variété et l'éclat du rythme et des sons, elle tient de près à la musique, cette traduction enivrante et sensuelle de la passion et de la rêverie. Les deux arts ne faisaient qu'un chez les Hébreux et chez les Grecs. La harpe et la lyre n'étaient pas des emblèmes, comme chez les modernes; c'était une partie de la poésie elle-même. Quatre mille chanteurs, appartenant à la tribu de Lévi, attachés au service du temple et divisés en vingt-quatre classes, faisaient retentir les cantiques sacrés dans Jérusalem; et les poésies de Pindare, comme les choeurs de la tragédie grecque, étaient accompagnés par les instruments, et quelquefois même figurées par la danse. La civilisation moderne a changé ces conditions, en multipliant à l'infini le nombre et les ressources de ces instruments, qui se réduisaient dans l'origine aux "notes rares et sévères", dont parle Horace. Elle a fait de la musique un art savant et complique, qui a ses effets comme ses limites, et atteint parfois à un degré de puissance extraordinaire, surtout lorsqu'il emprunte un sens à la parole humaine, et qu'il en seconde et développe les intentions et les idées. Mais la poésie tout entière, et surtout la poésie lyrique, fidèle à son origine, en a gardé son caractère musical, la richesse et la variété des rythmes, la séduction du nombre et de la mélodie; c'est par là, comme par la sublimité de ses inspirations, qu'elle a mérité le nom de "langage des dieux".

La poésie lyrique apparaît aux premiers jours des sociétés, et elle a le privilège de convenir à toutes les époques de leur existence, à leur vieillesse même, lorsqu'elles ont conservé du génie et du style, parce que la poésie lyrique est l'homme même. Née au milieu des dogmes et des croyances de l'Orient, nous l'avons vue, de nos jours, remuer profondément les générations modernes que le doute dévore, et puiser des inspirations jusque dans ce douloureux état moral, qui semble la négation de la poésie, puisqu'il est celle de la croyance.

Nous ne pouvons rien dire de la poésie lyrique des Indiens, malgré l'importance qu'ils ont prise aux yeux de la critique, et peut-être de la mode. II semble seulement que, les hymnes des Védas, enfantées dans une brûlante et sensuelle atmosphère, ne contiennent que le culte de la matière, de la puissance et de la fécondité, et que l'activité de l'école s'endorme dans leur immobilité mystique et leur splendeur monotone. C'est dans les Psaumes de David et dans les Prophètes qu'il faut chercher les magnifiques images de la divinité, la piété ardente, les cris douloureux de la misère humaine, le sentiment profond des prospérités et des malheurs de la patrie, et jusqu'aux douces peintures de la paix et du bonheur. Au XVIIe siècle, on n'osait pas parler du sublime des livres saints à propos de "choses si profanes" que la littérature; et Rollin s'excusait d'analyser les beautés de ces cantiques où s'était si souvent inspiré Bossuet. Après les méchantes plaisanteries de Voltaire et de son école, fort insensibles d'ailleurs à la poésie lyrique, même profane, la foi est devenue plus hardie, et a cessé de craindre que sa pureté ne s'altérât à louer les sublimes accents de David et d'Isaïe.

Entre la légende immortelle d'Orphée et les Odes de Pindare, la Grèce compte bien des poètes lyriques dont nous pouvons à peine entrevoir le génie dans quelques vers mutilés, conservés par hasard chez les grammairiens. Mais qu'elle était merveilleuse et puissante, cette imagination qui créait dans le même temps, et pour la même nature d'inspiration, deux formes également belles, la poésie mélique ou éolienne, et la poésie chorique ou dorienne, inventait, pour servir la variété infinie du sentiment, des rythmes variés presque à l'infini, remplissait l'esprit et l'oreille charmés d'hymnes; religieux et patriotiques, de chants de gloire ou d'amour, et souvent unissait l'amour et la religion dans l'histoire et l'éloge des dieux! Des innombrables monuments de cette poésie, il ne nous reste guère que des ruines, des parcelles; et cependant, telle est la vie attachée à cette poétique poussière, "reste des ans et des barbares", que les noms d'Alcée, de Sappho, d'Anacréon, sont demeurés immortels, et que nous pouvons répéter, après Horace, leur élève glorieux :

"L'amour respire encore, avec les ardeurs confiées à la lyre de la jeune éolienne."


La grande renommée de Pindare, admiré des anciens et contesté de quelques modernes, a été dignement appréciée dans l'éloquente et poétique étude que lui a consacrée l'un des maîtres de la critique à la fin du XIXe siècle (Villemain, Étude sur le génie de Pindare). Quand on se représente ces mobiles et ingénieuses populations de la Grèce, et leur passion pour les palmes de la lutte et de la course des chars, on rit des impertinences de Voltaire contre Pindare, qu'il appelle "un chantre des combats à coups de poing", et l'on retrouve sans peine dans les strophes harmonieuses des Olympiques, des Néméennes, des Pythiques, le profond sentiment de la gloire, de la grandeur et de la vertu. Encore les quatre livres qui nous restent de lui ne sont-ils que la moindre partie de ses ouvrages, comme il arrive si souvent avec ces grands maîtres de l'Antiquité.

La verve lyrique des Grecs jette également un éclat incomparable dans les choeurs de la tragédie, qui avait pris son origine dans le dithyrambe et le culte mystérieux de Dionysos. Horace, dans son Art poétique, ne présente le choeur que comme un personnage du drame. Pour en donner l'idée complète, il aurait dû le montrer tour à tour pathétique, splendide, effrayant dans Eschyle, plein de fraîcheur, de majesté, de richesse dans Sophocle et dans Euripide, idéal et brillant même dans Aristophane, quand il laisse apparaître la beauté pure et sérieuse au milieu des satires et des bouffonneries. Toute cette poésie "bouillonne comme celle de Pindare, et s'échappe à grands flots de ces bouches profondes," pour emprunter le magnifique langage d'Horace.

Et cependant, c'étaient, sur le sol de la Grèce, les derniers accents de la grande inspiration lyrique: au siècle d'Alexandre, l'hymne succède à l'ode, et la gravité du philosophe à l'enthousiasme du poète, dans l'hommage sublime que Cléanthe adresse au dieu souverain.

II faut se transporter à Rome pour retrouver le génie hellénique dans les exquises imitations d'Horace. Trop épicurien pour ressentir profondément la passion et la foi du poète lyrique, le spirituel ami d'Auguste et de Virgile est, dans la forme et le style, un artiste merveilleux; de plus, il est pour nous le miroir inestimable de la poésie grecque, qui lui a servi de modèle. Au reste, quoiqu'il se dérobe à l'émotion et ramène volontiers l'enthousiasme au ton du badinage, il est toujours sincère et sublime, quand il chante la grandeur de Rome ou la vanité des joies humaines et jamais le plaisir et "la liberté du vin" n'ont trouvé un interprète plus charmant. 

Le christianisme proscrivit les chants profanes de la Grèce et de Rome; il avait les cantiques des Hébreux et les hymnes de l'Église. St Grégoire de Nazianze et Synésius enseignèrent à la muse dorienne une langue nouvelle, celle du dogme et des vérités abstraites et métaphysiques, mêlées aux épanchements d'une foi ardente et à ces images gracieuses dont la poésie grecque ne pouvait se priver tout à fait.

La barbarie marchait plus vite en Occident qu'à Constantinople et à Ptolémaïs. La langue latine, destinée à devenir la langue de l'Église, passa des hymnes de Prudence, et de ses vers si touchants sur les innocentes victimes d'Hérode le Grand, aux proses rimées du moyen âge, naïve et puissante expression d'une foi profonde, servie par un idiome altéré. Les langues modernes, dans le travail de leur formation, s'essayaient à la poésie lyrique dans les chants des troubadours, dans les canzoni de Dante et de Pétrarque, oeuvres souvent plus savantes et plus ingénieuses qu'enthousiastes. Au XVIe siècle, l'Espagne admire dans Louis de Léon la piété passionnée de Ste Thérèse, et la France applaudit dans Ronsard une froide et pénible imitation de l'Antiquité, dont quelques vers gracieux ne rachètent pas l'invincible ennui. Le vrai sentiment, la vraie révélation lyrique appartiennent au génie lent et laborieux de Malherbe. Sans doute, l'inspiration, dans ses vers, est inégale, rude, un peu sèche; mais,où elle est réelle, elle est irrésistible. La langue et les formes du genre sont fixées, et le poète peut dire avec fierté : 

Ce que Malherbe écrit dure éternellement.
Le XVIIe siècle ne chercha pas d'autre gloire lyrique. Les sages emportements de Malherbe suffisaient à son goût pratique et solide. II semble avoir tenu en médiocre estime les vers des opéras de Quinault, où ne manquaient cependant ni l'éclat, ni l'harmonie, ni la grandeur et la richesse des images. Un mot de Boileau, plus sévère que juste, 
Sur tous ces lieux communs de morale lubrique,
avait été reçu comme un arrêt irrévocable. Voltaire et La Harpe furent plus équitables, et rendirent à Quinault une place honorable parmi les bons écrivains, et même un rang, modeste il est vrai, parmi les poètes lyriques. Mais la véritable et puissante inspiration lyrique du siècle de Louis XIV n'était pas là : il eût fallu la chercher dans la prose sublime de Bossuet dans l'incomparable mélodie des vers de Racine : les Elévations à Dieu sur les mystères, les Oraisons funèbres, sont pleines de beautés égales à celles des Psaumes ou les Odes de Pindare; et le seul rôle de Phèdre témoigne, aussi bien que les choeurs d'Esther et d'Athalie, ou les admirables cantiques écrits pour Saint-Cyr, que Racine aurait été le premier poète lyrique de notre langue, si son génie et sa vocation n'en avaient fait le rival de Corneille. Le malheureux essai de Boileau, qui ne compte que pour mémoire, témoigne que l'on attachait alors plus d'importance à la forme qu'au fond de la poésie lyrique. Nous en avons une preuve meilleure dans la gloire traditionnelle de J.-B. Rousseau, qui composait des odes sacrées et des odes pindariques sans y porter d'autre sentiment que la complaisance d'un habile écrivain pour son talent. Une critique mieux éclairée a replacé l'auteur de l'Ode au comte du Luc et de l'Ode à la Fortune parmi ces auteurs de réputation moyenne qui n'excitent plus ni sympathie ni colère. L'époque où il a vécu n'était pas favorable à la poésie lyrique; la société philosophique et littéraire se moquait des lueurs trop rares échappées à Gilbert ou à Le Franc de Pompignan.

Il a fallu les enseignements terribles des révolutions pour ramener l'esprit français aux idées fortes et sérieuses, aux problèmes de la destinée humaine et des sociétés, matière inépuisable des réflexions du philosophe et des émotions du poète. Non que la mélancolie et la douleur ne soient pas des sentiments communs aux écrivains de tous les temps, aussi bien que l'enthousiasme de la patrie et de la gloire. Mais le monde moderne, "remué de toutes parts, devenu incapable de consistance, et plus agité que les mers," pour emprunter les grandes images de Bossuet, était appelé particulièrement à rendre en vers éloquents et pathétiques l'impression de tant de secousses. Au commencement du XIXe siècle, l'Allemagne répétait les inspirations tour à tour mélancoliques ou brillantes de Goethe, de Schiller, de Schlegel de Bürger; elle s'enivrait des chants guerriers d'Arndt et de Kastner, où éclatait l'indignation et l'ardeur de la liberté. Nous n'avions encore, en France, après la redoutable chanson de Rouget de l'Isle, après les hymnes patriotiques d'André Chénier, où la parole était restée au-dessous de la musique ou de l'intention du poète, que quelques essais inégaux de Le Brun, mélange singulier d'idées fortes et de grandes images avec les formes, les tours convenus, et la mythologie consacrée de l'école de J.-B. Rousseau.

Ce fut au lendemain de la grande ruine du premier Empire que la France entendit avec ivresse la voix nouvelle des poètes lyriques. Le premier dans l'ordre des temps, Béranger a eu le privilège d'une popularité presque universelle. Écrivain supérieur, mais plus habile qu inspiré, il a dû sa gloire de circonstance à la satire, son originalité la plus complète et sa gloire la plus durable à la chanson plaisante, joviale, entraînante, où le ton bourgeois remplace trop souvent la grâce idéale de l'Antiquité. Toutefois, il y a dans ses oeuvres quelques compositions vraiment élevées et touchantes, dont I'éclat s'est répandu sur l'homme et sur le poète. A la même époque, un écrivain trop dédaigné de nos jours, Casimir Delavigne, touchait vivement les âmes en chantant "les gloires et les malheurs de son pays". Mais l'auteur des Messéniennes avait le goût du théâtre, plus que de l'ode ou de l'élégie; et la grande poésie lyrique devait trouver ses interprètes les plus complets, les plus sérieux, les plus dignes, dans Lamartine et Victor Hugo. Le charme exquis des Méditations et des Harmonies poétiques vivra autant que notre langue; et, quelques réserves que le goût fasse contre les abus et les étrangetés où se complaît le talent qui a dicté les Orientales et les Contemplations, il serait puérile de lui dénier la hardiesse, l'éclat, la vigueur, l'abondance, la sonorité, toutes les qualités, surtout extérieures, du génie lyrique, portées au plus haut degré. Le prestige des belles choses et de la nouveauté, si puissant sur la jeunesse, et celui même des bizarreries, ont donné aux deux poètes un grand nombre d'élèves et d'imitateurs; l'école lyrique moderne a compté des réputations brillantes, et multiplié malheureusement les vocations avortées et incomprises. Les vers, et la composition elle-même, ont livré à tout le monde leurs secrets et leurs procédés, devenus une sorte de mécanisme : mais l'originalité des maîtres ne doit pas souffrir des erreurs ou des sottises qui se sont autorisées de leur nom, et la postérité se chargera de régler les parts.

Quel sera maintenant l'avenir de la poésie lyrique, dans une société qu'épuisent les agitations politiques, et que dévore ce qu'Horace nommait à Rome "la rouille des soucis d'argent?" L'auteur des Méditations, emporté dans le tourbillon de la vie publique, à laquelle il a tant sacrifié, a cherché "les destinées de la poésie", et il a interdit l'avenir à la muse. II l'a condamnée au silence et à la mort. Mais il est permis d'en appeler d'une sentence si rigoureuse, et de croire que le poète, ingrat pour sa gloire première, a perdu ce don de prophétie que l'Antiquité attribuait à ses pareils. Née avec l'homme, la poésie lyrique doit durer autant que lui, à moins que, destitué de conscience et incapable d'émotions, il ne se réduise à l'intelligente régularité des machines dont le bruit l'assourdit et dont la fumée l'aveugle. Jusque-là, nous pourrons adresser aux chantres inspirés de la passion, aux hommes que la tradition mythologique aurait appelés autrefois les fils de Calliope, ces vers du plus mélodieux de tous : 

Mais les siècles auront passé sur ta poussière,
Poète, et tu vivras toujours. (Lamartine).
(A. Didier).
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