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Théogonie
(du grec théos, Dieu, et gonos, génération),
tout système imaginé pour expliquer l'origine et la filiation
des dieux. Chez les anciens Grecs, Musée, Orphée
et quelques autres avaient composé des théogonies; elles
ont péri. II ne nous en est parvenu qu'une seule, sous le nom d'Hésiode,
et quelques critiques l'ont attribuée à un certain Cynéthus
de Chio .
Ce n'est pas qu'Hésiode ait créé la mythologie grecque ,
ainsi que le croit Hérodote : il n'appartient
pas à un seul homme d'imposer ses croyances à tout un peuple;
c'est là une oeuvre éminemment populaire, qui, ébauchée
par l'instinct religieux et poétique des nations, ne peut s'achever
que par le travail de plusieurs siècles. Mais ce que peut faire
le génie d'un homme, c'est de rassembler et de concilier ces croyances
populaires qui jusque-là étaient incertaines et flottantes,
et de leur donner une forme double.
Tel a été le travail d'Hésiode
sur la vieille mythologie
des hellènes; après avoir recueilli toutes les traditions
éparses, il les a constituées en un corps de doctrine. L'idée
fondamentale de la Théogonie est la succession des générations
divines représentant symboliquement les grandes phases de la formation
du monde dans l'espace et dans le temps : on y reconnaît les efforts
de l'imagination populaire pour peindre le chaos des vieux âges et
peupler le vide de ces siècles dont toute trace avait disparu. Ce
qui semble appartenir au siècle d'Hésiode, ce sont quelques
mythes semés çà et là à travers son
épopée divine; par exemple, celui de Prométhée ,
où apparaît la première révolte de l'intelligence
humaine contre son Créateur, qui n'inspire déjà plus
cet invincible effroi que l'homme dut éprouver d'abord à
là vue de la Nature; ou bien celui de Pandore ,
gracieuse, mais satirique allégorie de l'origine du mal sur la Terre.
Ce qui appartient au poète lui-même, c'est l'explication qu'il
donne de certaines traditions, et les étymologies par lesquelles
il essaye de justifier ces fables grossières aux yeux de la raison;
on reconnaît là les premiers tâtonnements de la critique.
La Théogonie d'Hésiode jouit
d'une grande autorité dans la Grèce, et les croyances qu'il
n'avait pu accorder restèrent désormais reléguées
dans l'obscurité des cultes locaux. Elle ne nous est point parvenue
intacte; on y reconnaît du désordre et des interpolations.
(B.).
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En
bibliothèque - Guigniaut,
De la Théogonie d'Hésiode, Paris, 1835.
En
librairie - Hésiode, Théogonie
et autres poèmes (suivi des Hymnes homériques),
Gallimard (Folio), 2001;
Théogonie, la naissance des dieux
(prés. J.P. Vernant), Rivages, 1993,
Théogonie, Les Travaux
et les jours, Le Bouclier (prés. Paul Mazon), Les Belles Lettres,
1986. |
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