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Les
Grecs
avaient un grand nombre de fêtes, tant générales
que locales; le nombre s'en accrut successivement depuis l'époque
homérique jusqu'à l'époque romaine, à tel point
que, dans certaines cités telles que Tarente ,
le nombre des jours fériés excédait celui des jours
de travail. Sur les temps homériques nous sommes peu renseignés;
il est question dans l'Odyssée
de la fête mensuelle de la nouvelle lune; dans l'Iliade ,
de celle de la moisson; les Travaux et les Jours
d'Hésiode et les hymnes
dits homériques nous fournissent de précieux renseignements.
D'autre
part, l'Iliade parle d'une fête annuelle en l'honneur d'Erechtée
qui avait lieu en Attique .
Non moins que les fêtes liées aux cycle annuel se développèrent
les fêtes des dieux et des demi-dieux, les commémorations
de grands événements historiques ou légendaires. Chaque
ville, chaque dème avait ses fêtes locales, parfois splendides,
ses usages propres; nous pourrions dresser la liste d'un millier de fêtes
grecques et encore cette liste serait-elle forcément très
incomplète.
Les événements
de la vie domestique donnaient également lieu à des fêtes
privées, qui s'ajoutaient aux fêtes publiques. Pour celles-ci
nous donnerons simplement un bref aperçu de celles du calendrier
athénien le mieux connu. Il comportait cinquante à soixante
jours où toute la vie publique chômait; chaque mois avait
sa part dans ces fêtes sacrées. Celui de Gamélion (janvier),
les Gamélies; celui d'Anthestérion,
les Anthesteria en l'honneur de Dionysos;
elles duraient trois jours; les Diasia, en l'honneur de Zeus,
et les Petites Eleusinies; celui d'Elaphébolion,
les Pandia, fête de Zeus, les Elaphebolia,
fête d'Artémis, et les Grandes
Dionysies;
celui de Munychion, les Munychia, fête lunaire en l'honneur d'Artémis,
les Delphinia, en l'honneur d'Apollon; celui
de Thargélion, les Thargelia, consacrées
à Apollon, les Plynteria et les Callynteria
à Athéna; celui de Skirophorion,
les Diipolia, fête de Zeus, et les Skirophoria,
fête d'Athéna; celui d'Hékatombaion, les hécatombes
offertes à Apollon, les Kronia, fête de Kronos,
et les Panathénées, fête
d'Athéna; celui de Métageitnion, les Metageitnia, en l'honneur
d'Apollon; celui de Boédromion, les Boedromia,
en l'honneur d'Apollon, les Nemeseia ou Nekusia, fêtes des morts,
et les Grandes Eleusinies; celui de Pyanepsion, les Pyanepsia, fête
d'Apollon, les Oschophoria, consacrées probablement à Dionysos,
les Chalkeia, à Athéna, les Thesmophories,
à Déméter et les Apaturies;
celui de Maimaktérion, les Maimaktéries, fête de Zeus;
celui de Poseidon (décembre), les dernières
Dionysies.
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Les principales
fêtes grecques
A la liste des fêtes
nationales, il convient d'ajouter les grandes fêtes religieuses internationales,
ou panégyries, marquées par les jeux
Olympiens, Pythiens, Néméens
et Isthmiques. C'étaient des solennités
d'une extrême importance dans la vie hellénique. D'une manière
générale, les fêtes domestiques n'ont que peu ou pas
le caractère religieux; les fêtes publiques l'ont très
accusé. Ce fait, comme bien d'autres, contredit directement les
théories développées par Fustel de Coulanges. Dans
les fêtes publiques on offre des sacrifices, suivis de banquets;
on organise des processions, accompagnées de chants,
de musique, de danses.
On sait que l'idée de représenter les faits de la mythologie
qui étaient liés à la fête qu'on célébrait
a conduit à l'organisation des représentations scéniques
et fut l'origine du théâtre.
Ce sont principalement les fêtes des divinités chtoniennes
Dionysos
(Bacchus) et Déméter, qui donnent
lieu à ces représentations théâtrales. Observons
d'ailleurs que l'invention n'en revient pas aux Athéniens,
elle existait déjà, notamment, chez les Egyptiens
qui fêtaient ainsi Osiris, Isis,
etc. Les spectacles scéniques devinrent une partie essentielle des
fêtes grecques et leur constituèrent une originalité.
Ils déployaient une pompe encore plus grande dans les processions
ou souvent l'on promenait l'image du dieu. Les fêtes enthousiastes
à la manière des Orientaux, particulièrement des Phrygiens,
étaient assez nombreuses dans le culte des dieux chtoniens; toutefois,
elles se maintenaient dans des limites plus décentes. La mythologie
des Grecs est bien plus élégante
et modérée que celles des Phrygiens ou des Syriens. On ne
saurait s'exagérer la place que tinrent les fêtes dans la
vie des populations grecques. Elles développèrent leur sociabilité,
leur esthétique, le goût des exercices athlétiques
et des beautés artistiques. Il ne faut pas oublier que, du fait
de ma pratique de l'esclavage ou du servage, les citoyens avaient beaucoup
de loisirs; les fêtes les occupaient autant que la politique, la
guerre ou leurs affaires. |
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