| Dictionnaire | |
| David (personnage
de l'Ancien Testament Fils d'un certain Jessé ou Isaï,
de Bethléem Après la mort de Saül,
qui a succombé dans la lutte avec les Philistins ainsi que Jonathan,
David se transporte sur le territoire de Juda, s'établit à
Hébron et engage la lutte avec Esbaal (ou Isboseth),
fils et successeur de Saül, qui résidait à Mahanaïm
sur la rive gauche du Jourdain. Les chefs des deux armées, Joab
pour David, Abner pour Esbaal, en viennent aux mains sans que l'avantage
se dessine au profit d'un des deux rivaux. Cependant Abner se brouille
avec Esbaal et fait des propositions à David, mais Joab l'assassine
pour satisfaire une vengeance personnelle. Bientôt après,
Esbaal succombe sous les coups de deux de ses officiers, et l'ensemble
des tribus israélites reconnaît David. Celui-ci s'empare d'une
ville forte du nom de Jébus, située à la limite des
tribus de Juda et de Benjamin, restée jusqu'alors aux mains des
indigènes; cette ville s'appela désormais Jérusalem Les entreprises militaires de David visent
les voisins incommodes qui enserraient Israël à l'Ouest, au
Sud, à l'Est et au Nord : il bat et refoule successivement les Philistins,
les Edomites, les Moabites, les Ammonites et les Syriens. Le texte biblique Le règne de David fut grandement troublé par les menées d'un de ses fils, Absalon. Beau, entreprenant, sans scrupules, ce jeune homme était tombé en disgrâce pour avoir tué l'un de ses demi-frères, coupable d'un attentat odieux sur la personne de sa soeur Thamar, rentré à Jérusalem après avoir obtenu le pardon de son père, Absalon affecta le faste des cours syriennes, chercha à se rendre populaire et se proposa ouvertement de prendre la place de David vieilli. Ayant rassemblé ses partisans à Hébron, il marcha sur Jérusalem, que le roi David quitta en toute hâte pour se réfugier à Mahanaim sur la rive gauche du Jourdain. Mais les hésitations du prétendant ruinèrent sa cause; Joab eut le temps de grouper quelques troupes, à la tête desquelles il battit les rebelles; Absalon périt de sa main malgré les recommandations de David, qui ne lui pardonna pas cette exécution nécessaire. Le vieux roi ne tarda pas à rentrer vainqueur à Jérusalem; mais une nouvelle insurrection éclata dans les régions du Nord, et Joab dut pousser fort loin pour s'en rendre maître et triompher d'un homme de Benjamin, Séba, qui en était l'âme. Les dernières années du règne de David furent marquées par divers incidents; ses fils se disputaient ardemment sa succession. Salomon, bien que n'étant pas désigné par son âge, obtint l'appui du vieux roi grâce à l'adresse de sa mère Bethsabée. On disait que David avait régné sept ans à Hébron sur la seule tribu de Juda et trente-trois ans à Jérusalem sur l'ensemble de la nation israélite, ce qui donne, en tout, quarante ans. On nous le montre entouré des services essentiels d'une administration princière, ayant un harem important et possédant une garde du corps composée d'éléments étrangers. Les Chroniques ajoutent aux indications données dans les autres livres historiques des détails sur les préparatifs que David aurait faits pour la construction d'un temple fastueux et l'organisation du culte et de ses cérémonies, notamment du chant sacré, en sorte que Salomon serait réduit au simple rôle d'agent d'exécution. Cette façon de voir n'est pas acceptable, non plus que la prétention de voir dans David le père de la poésie lyrique, spécialement du chant sacré : c'est en vertu de cette fiction qu'on a mis sous son nom la plupart des Psaumes, lesquels reflètent les préoccupations et l'état d'esprit d'une époque beaucoup moins ancienne. Dans l'esquisse même que nous avons
donnée du règne de David d'après les livres de Samuel La postérité se reporta sans cesse à l'époque de David comme aux temps du plus bel essor national et, dans les siècles obscurs qui suivirent la destruction de Jérusalem, rêva volontiers de la reconstitution de l'empire du glorieux fondateur de Jérusalem sous un de ses descendants, sous la main d'un « fils de David ». Le père de Salomon passa, en même temps, pour le modèle de la piété et de l'accomplissement des devoirs religieux. Le plus grand éloge qu'on pût faire d'un monarque était de le comparer à David. Cette apothéose a eu, chez les historiens du XIXe siècle, sa contre-partie dans l'effort de quelques-un qui se sont appliqués à diminuer le rôle de David et à dénigrer son caractère. A une si grande distance des événements et en présence de textes d'une authenticité douteuse, de pareils essais sont un peu vains. David assurément a été surfait par une postérité désireuse de se grandir dans sa propre personne; mais, autant qu'on puisse en juger, il a su fonder la nationalité israélite sur des bases très solides. (Maurice Vernes). |
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