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| Dictionnaire | |
| Humanisme.
- Les érudits allemands ont accoutumé de désigner
par le nom d'humanisme la résurrection de la culture antique, qui
fut un des éléments essentiels de la Renaissance. Le système
d'éducation, propagé par Pétrarque
et les lettrés italiens, eut en effet un rôle décisif
dans cette évolution. Les érudits allemands prirent ce titre
d'humanistes et le mirent à la mode. On l'emploie aujourd'hui pour
désigner plus spécialement le côté littéraire
et critique de la Renaissance.
Le terme a également un arrière-plan
qui appartient au domaine de la pédagogie. Ce sont les Latins qui
les premiers ont employé le mot humanité (humanitas)
pour désigner les études qui font l'humain. « L'humanité,
disait Aulu-Gelle, c'est l'étude
des arts libéraux (institutio in bonas artes)". Au XVIe
siècle « les humanistes » furent les lettrés
qui se consacraient à l'étude de l'antiquité, au culte
des chefs-d'oeuvre grecs et romains, épris du beau langage et de
l'élégance de la forme. A la même époque, dans
les collèges des jésuites Par suite, le mot « humanisme » est consacré dans le langage technique des pédagogues pour désigner l'école pédagogique qui considère la culture littéraire comme la base d'une éducation humaine. A l'humanisme s'oppose ce qu'on a appelé le «réalisme», c.-à-d. l'école des pédagogues qui, dans leurs théories ou dans leurs programmes d'instruction, donnent la préférence à la culture scientifique. Comme toujours l'esprit de système s'est emparé de ces deux tendances contraires et l'on a vu les humanistes et les réalistes tomber les uns dans la superstition de la forme, organiser un enseignement purement verbal en négligeant l'étude des faits, les autres dans la préoccupation exclusive de l'acquisition des connaissances, en dédaignant l'étude des langues. (Gabriel Compayré). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.