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| Frères
arvales. - Célèbre confrérie ( La confrérie avait son centre religieux dans le bois sacré de Dea Dia, situé sur la rive droite du Tibre, à cinq milles et en aval de Rome; dans ce bois sacré, occupé aujourd'hui par des plantations de vignes, les Arvales avaient construit le temple de leur divinité, un cirque et différents petits édifices, un entre autres destiné à honorer les empereurs, le Caesareum; car le culte des princes s'ajouta sous l'Empire à leur culte traditionnel. C'est sur les parois de ces différents édifices que les Arvales faisaient graver les procès-verbaux détaillés de leurs différentes réunions. Dès 1570 on a commencé à trouver quelquesuns de ces actes; on en avait trouvé 67 à la fin du XVIIIe siècle; plusieurs dizaines d'autres s'y sont ajoutés par la suite, le plus ancien remontant à l'année 14 ap. J: C., la dernière du règne d'Auguste, le moins ancien descendant à l'année 241, sous le règne de Gordien III. Tout ce que l'on sait sur les Arvales et sur le cérémonial de leur culte est dû aux renseignements authentiques donnés par ces archives de pierre. On ne sait rien de l'histoire de la confrérie pendant la République; Auguste la réorganisa, comme il le fit pour toutes les corporations religieuses de Rome, et dès lors la condition et le cérémonial des Arvales ne changèrent pas jusqu'au jour de leur disparition. Les douze frères Arvales se recrutaient par « cooptation » suivant l'expression technique des Romains, que les membres en fonction élisaient au scrutin leur nouveau collègue; ce mode de nomination s'était conservé sous l'Empire, mais pour la forme seulement, car le prince désignait aux Arvales le nouveau membre qu'ils devaient nommer. En dehors des douze « frères », lesquels sont toujours de grands personnages, en général patriciens, le collège des Arvales comprend quatre enfants de choeur, pueri, qui assistaient les « frères » dans les sacrifices, et un grand nombre de fonctionnaires subalternes, sacristains, scribes, etc. On évalue à une soixantaine le nombre des personnes qui se rattachaient à un titre quelconque à la corporation. Le collège était présidé par un magister, élu annuellement ; ces fonctions étaient souvent données à l'empereur qui se faisait suppléer par un promagister; un flamine élu était chargé d'offrir les sacrifices. Les Arvales avaient deux insignes caractéristiques pendant l'accomplissement de leurs cérémonies, la toge prétexte et sur la tête une couronne d'épis de blé avec des bandelettes de laine blanche. La fête des Arvales, destinée
à
rendre un culte à Dea Dia, revenait annuellement
au mois de mai, à une date qui était
fixée à l'avance chaque année au mois de janvier par
le magister de la confrérie. La fête durait trois jours, mais
le premier et le deuxième non consécutifs, au milieu d'une
complication incroyable de cérémonies archaïques. Le
premier jour, la réunion de la confrérie avait lieu à
Rome; elle s'ouvrait par un sacrifice en l'honneur de Dea Dia, c. -à-d.
par l'offrande à cette divinité agricole de fruits Ce chant nous est parvenu par un procès-verbal
du mois de mai 218 sous le règne d'Elagabal. il se compose de six
versets dont les cinq premiers étaient répétés
trois fois et dont le dernier Triumpe, « Sautez », était
répété cinq fois; c'est une sorte de litanie dans
laquelle on invoque pour la prospérité de la campagne les
dieux agricoles de l'Italie primitive : les Lares,
Marmar ou Mamers le dieu osque, le Mars latin Berber
et les Semones ou dieux des Semailles. Le texte que nous possédons
de ce chant religieux ( Les Arvales répétaient les paroles archaïques de leur litanie sans les comprendre, ce qui est bien conforme au caractère de la religion romaine dans laquelle on ne tient compte que de la lettre même de la prière et des formes extérieures du culte. Après l'exécution du chant et des danses, les Arvales nomment le magister et le flamen qui doivent figurer aux cérémonies de la prochaine année; puis ils se livrent à des exercices équestres dans le cirque voisin du bois sacré; enfin ils rentrent à Rome pour prendre part à un nouveau banquet et à une nouvelle distribution de sportules et de couronnes. Le troisième jour de la fête, qui était le lendemain du deuxième, se passait à Rome, et était la répétition à peu près identique du premier jour. En dehors de leur grande fête annuelle,
les Arvales avaient encore de fréquentes réunions. Ainsi
dès qu'il s'agissait de couper la moindre branche dans le bois sacré
de Dea Dia, de remplacer les arbres
détruits par la foudre Tous les empereurs, bien entendu, ont été l'objet de cérémonies de la part des Arvales. En 69 ils ont offert trois sacrifices à quelques semaines d'intervalle, le premier pour Galba, le deuxième pour Othon, le troisième pour Vitellius. Ils se réunissaient encore quand il y avait des cooptations à faire dans leur confrérie. De la sorte leurs réunions finissaient par être assez fréquentes dans tout le courant de l'année; mais il ne faut pas oublier que la réunion de beaucoup la plus importante, la seule qui était intimement liée à l'existence même du collège des Arvales, était la réunion de trois jours au mois de mai pour rendre un culte à Dea Dia Les Arvales, qui se rattachaient au fonds primitif de la religion latine, ont dû exister jusqu'aux derniers jours de cette religion, c. -à-d. jusqu'à la fin du IVe siècle, jusqu'à l'époque de Théodose où le culte disparut tout entier; cependant certains auteurs, frappés de ce fait caractéristique que l'on n'a plus la moindre mention des Arvales ni dans les textes ni dans les inscriptions postérieurs à la première moitié du IIIe siècle, ont supposé que les frères Arvales avaient dû disparaître, pour une raison que l'on ignore, vers le milieu du IIIe siècle. (G. L.-G.). |
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