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Némésis
(personnage de la mythologie grecque),
fille de Zeus et de la Nécessité
ou bien de Thémis, ou encore de l'Océan
et de la Nuit. Elle était la déesse
de la vengeance et du châtiment. On la représentait ailée,
avec des flambeaux et des serpents.
Némésis
tenant un rameau de frêne,
d'après
une gemme antique.
Cette divinité redoutable, élevée
dans les cieux, regardait du haut d'une éternité cachée
tout ce qui se passait sur la terre, veillait en ce monde à la punition
des coupables, et les châtiait dans l'autre avec la dernière
rigueur. Ses punitions étaient sévères mais équitables,
et personne n'était à l'abri de ses coups. Cette divinité,
souveraine des mortels, juge des motifs secrets qui les faisaient agir,
commandait même à l'aveugle Destin,
et faisait à son choix sortir de l'urne de ce dieu les biens ou
les maux. Elle se plaisait à courber les têtes orgueilleuses,
à humilier ceux qui manquaient de modération dans la prospérité,
ceux que la beau té et la force du corps ou les talents rendaient
trop fiers, et ceux qui désobéissaient aux ordres des personnes
qui avaient droit de leur en donner. Ministre de la justice, elle avait
une inspection spéciale sur les offenses faites aux pères
par les enfants. C'était elle enfin qui recevait les voeux secrets
de l'amour dédaigné ou trahi, et qui vengeait les amantes
malheureuses de l'infidélité de leurs amants.
A l'époque hellénistique,
elle avait, au rapport de Pline, dans le Labyrinthe,
près du lac Moeris, quinze chapelles qui lui étaient dédiées;
on ne pouvait mieux placer celte déesse distributrice des punitions
et des récompenses, que dans le Tartare
égyptien, c'est-à-dire au lieu où l'opinion publique
plaçait la demeure dernière des bons et des méchants.
Les Anciens racontaient que son culte avait
été porté en Grèce par Orphée
: on l'adorait surtout à Rhamnus (bourg de l'Attique ,
d'où sou nom de Rhamnusie), à Samos ,
à Ephèse,
à Smyrne .
L'Italie reconnut aussi sa puissance,
et la plaça au rang des divinités principales, sous le nom
grec de Némésis. A Rome,
on lui donnait le nom de Sainte, et on lui consacra un autel au
Capitole;
là, avant de partir pour les combats, les guerriers venaient lui
immoler des victimes et lui faire offrande d'un glaive. Elle présidait
à l'oreille droite, et souvent on lui en offrait la représentation
en argent. Aussi un Romain venait-il, donc l'entretien le plus familier,
à prononcer quelque parole de mauvais augure, il se taisait tout
à coup; et, après s'être baisé l'annulaire de
la main droite, il se touchait l'oreille droite, partie que l'on nommait
la place de Némésis.
On fait dériver le nom de Némésis
soit de nemein = distribuer, parce qu'elle distribuait aux humains
les châtiments et les récompenses ; soit de nemesan
= concevoir de l'indignation à la vue de la prospérité
des méchants. On lui donnait encore le nom d'Adrastée.
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Némésis
était l'expression du système de rémunération
établi pour les actes humains : de là l'air grave et sérieux
de ses simulacres; de là aussi la mesure (la coudée) placée
entre ses mains, ainsi que le frein et le joug qui lui servent d'attributs.
Certaines médailles de Smyrne la montrent avec les attributs de
la vertu, ayant quelquefois le bras gauche levé et un doigt sur
sa bouche. L'épée et le fouet placés dans ses mains
font allusion aux vengeances dont elle était l'instrument. On l'a
aussi représentée avec des ailes
et sur une roue, comme la Fortune. |
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