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L'archéologie
L'archéologie est une science auxiliaire de l'histoire qui étudie les objets anciens tels que monuments, monnaies, édifices, oeuvres de la statuaire, vases, manuscrits, etc. La philologie, l'épigraphie, la numismatique, la glyptique, l'iconographie, la paléographie, lui fournissent des lumières indispensables.

L'archéologie a fait et fait tous les jours d'immenses progrès, parce qu'au lieu de se borner à des rapprochements philologiques, elle s'applique avant tout à la comparaison et à l'étude des objets eux-mêmes. Elle est arrivée par là à constater plus sûrement l'authenticité des monuments, base essentielle et première condition de l'utilité de ses recherches et de ses travaux. Elle tend, par le moyen des informations que lui fournissent les vestiges et objets de toutes sortes qu'elle rassemble et conserve dans les collections publiques et privées, à suppléer quelquefois au silence de l'histoire. La simple comparaison des cylindres babyloniens et des sculptures monumentales de Persépolis a montré, par exemple, la connexion qui existe entre la civilisation sur les bords de l'Euphrate et dans les montagnes de la Perside; de là on peut suivre la trace de l'influence intellectuelle de la Babylonie sur l'Arménie, la Phénicie et l'Asie Mineure, d'où elle passe, en se modifiant, dans les Cyclades, en Grèce et en Italie

Les Anciens ne connurent pas l'archéologie comme science. Rome n'emporta de la Grèce des objets de prix, de l'Égypte quelques obélisques et quelques statues que comme butin et non comme objets d'étude. Sans doute Pausanias a décrit soigneusement les monuments de la Grèce, mais il ne systématise pas leur étude. Denys d'Halicarnasse et Josèphe furent, ainsi que lui, appelés archéologues; mais ce nom s'appliquait proprement à ceux qui recherchaient les origines historiques, les souvenirs les plus anciens d'un pays ou d'un peuple 

La science archéologique ne date que de la Renaissance des lettres en Europe. Dante et Pétrarque, en cherchant de vieux manuscrits, recueillirent aussi de vieilles inscriptions; le dernier s'occupa également des médailles; les restes de la peinture et de la sculpture antiques que l'on découvrit firent naître les discussions sur la théorie de l'art. Laurent de Médicis établit à Florence le premier enseignement public d'archéologie. 

Au XVIIe siècle, Louis XIV fonda l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de France; les voyageurs commencèrent à exhumer les monuments de la Grèce; Graevius, Gronovius, Gruter, Muratori, Montfaucon, Kircher, Dom Martin, Baxter, etc., publièrent leurs savants ouvrages. 

Le XVIIIe siècle fit des progrès immenses dans l'archéologie : les conjectures téméraires et les explications simplistes furent discréditées; les musées se multiplièrent, et le goût des collections particulières se répandit; la science fut sérieusement abordée par Winckelmann, Caylus, Morcelli, Eckhel, Rasche, Vaillant, Passeri, Dempster, Lanzi, Zoega, Ficoroni, Visconti, et, tandis que l'abbé Barthélemy réédifiait la Grèce, Herculanum et Pompéi commençaient à révéler leurs trésors. L'expédition d'Égypte de l'armée du général Bonaparte ouvrit encore de nouvelles voies à l'archéologie, qui fut professée pour la première fois à la Bibliothèque nationale de Paris en 1799. 

Le XIXe siècle a produit de célèbres archéologues : en France, Mongez, Millin, Seroux d'Agincourt,  Taylor, Quatremère de Quincy, Letronne, Lenoir, Raoul-Rochette, De Saulcy, Lenormant, Du Sommerard, De Caumont, Didron, les deux Champollion; en Italie, Rossi, Carcani, Fea, Testa, Vermiglioli, Orioli, Micali, Cattaneo, Nibby, Rossellini, Malaspina, Peyron, Napione, Borghesi; en Allemagne, Ottfried Müller, Boettiger; en Angleterre, Young, Boeck, Milner, Britton, Cotman, Kosegarten, etc. (B.).

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