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| Darwin,
Charles (1809-1882). - Naturaliste, promoteur de la théorie de l'évolution
des espèces vivantes.
Un savant qui a contribué à faire connaître en France les travaux de Darwin, le professeur Charles Martins, a énuméré quelque part les qualités dont le naturaliste a besoin : « Le talent d'observation, dit-il, l'absence d'idées préconçues, la méfiance de soi-même, la patience, la sincérité, caractérisent le naturaliste ordinaire. " Voilà ce qu'il faut à tout homme qui veut étudier la nature, au physicien, au chimiste aussi bien qu'au naturaliste, et il semble que ce soit déjà beaucoup. Mais aux novateurs, à ceux qui laisseront dans la science une trace lumineuse, il faut encore le don de rapprocher les faits et d'en découvrir les lois, l'esprit de généralisation, les hautes vues, les intuitions de génie : dans tout grand naturaliste, et Darwin mérite incontestablement ce nom, il y a quelque chose du poète. Charles-Robert Darwin, né à
Shrewsbury, le 12 février 1809, était fils d'un homme distingué,
le docteur Robert Waring Darwin, membre de la Société royale
de Londres La théorie d'après laquelle les qualités acquises s'accumuleraient d'une génération à l'autre, pénétreraient de plus en plus l'individu et lui feraient en quelque sorte une seconde nature, semblerait trouver une brillante confirmation dans ce cas particulier : petit-fils d'hommes d'un mérite réel, à l'esprit curieux et inventif, Darwin développe en lui-même et élève à un haut degré les dons intellectuels qu'il a reçus en héritage. On voudrait pouvoir présenter comme une règle ce qui n'est malheureusement qu'une exception. Darwin commença son éducation
à Shrewsbury. Il fut étudiant pendant deux ans à l'Université
d'Édimbourg A la fin de 1831, le capitaine Fitz-Roy, commandant le navire le Beagle, sur le point d'entreprendre un voyage de circumnavigation, cherchait un naturaliste qui consentit à l'accompagner. Darwin offrit de partir : il refusa toute rémunération, demandant seulement que les collections qu'il formerait pendant le voyage restassent sa propriété. Le Beagle ne revint en Angleterre qu'en 1836. Quelle école pour un jeune savant qui possédait déjà toutes les qualités de l'observateur! Dans ce tour du monde qui n'avait pas duré moins de cinq ans, Darwin avait étudié les terrains, les minerais, la flore, la faune : il rapportait des collections précieuses et de non moins précieux souvenirs. Plus tard, quand il eut à parler des différentes populations d'hommes qui peuplent le globe, des diverses espèces animales ou végétales, il en parla comme de choses et d'êtres qu'il avait vus : de là peut-être, dans ses oeuvres, tant de pages vivantes, qui frappent le lecteur le moins préparé. Darwin se maria à l'âge de
trente ans (1839). Il s'établit bientôt à Down-Beckenham,
dans le Kent Quatrefages, parlant devant l'Académie des sciences, dont Darwin était membre correspondant, a apprécié le naturaliste anglais avec la compétence et l'autorité qui lui appartiennent : « Il y a deux hommes, a-t-il dit, dans Charles Darwin : un naturaliste, observateur, expérimentateur au besoin, et un penseur théoricien. Le naturaliste est exact, sagace et patient; le penseur est original et pénétrant, souvent juste, souvent aussi trop hardi. C'est cette hardiesse qui a conduit. Darwin dans des sentiers où n'ont pu le suivre bien des savants moins aventureux. Mais devons-nous oublier pour cela que, avant de s'égarer et au milieu même de ses excursions les plus »imprudentes, il avait découvert et frayait chaque jour quelque voie nouvelle, où les hommes les plus circonspects marchent aujourd'hui à sa suite? »Pour donner une idée de la méthode de Darwin, du soin et de la patience qu'il apportait à ses observations, il suffit de rappeler son célèbre mémoire sur les pigeons. Les différentes variétés de pigeons domestiques peuvent-elles être ramenées à une même forme, à un même type initial? Telle est la question que plus d'un naturaliste s'était posée, et que Darwin se posait à son tour. -
Charles Darwin. Avant de conclure, il voulut avoir sous les yeux des spécimens de toutes les variétés de pigeons. Il en prépara lui-même les squelettes, et en fit une description minutieuse. Que supposez-vous qu'ait duré un semblable travail : quelques semaines? quelques mois? - Il n'a pas duré moins de dix ans. Darwin a reconnu ainsi plus de cent cinquante variétés de pigeons domestiques; il les a ramenées à cinq genres bien caractérisés; enfin il est arrivé à démontrer que tous les pigeons proviennent d'un même type, le biset, ou Columba livia. Un autre exemple. Dans son livre sur l'Expression des émotions, Darwin recherche jusqu'à quel point les divers changements dans les traits ou dans les gestes correspondent à certains états de l'esprit. Il ne se contente pas de lire tout ce qui a été écrit avant lui; d'observer par lui-même les enfants, les aliénés, les animaux; enfin d'étudier les grands maîtres en peinture et en sculpture, qui sont, dit-il, «des observateurs si attentifs. » II veut encore vérifier si les mêmes gestes, les mêmes expressions, se retrouvent chez d'autres sociétés, et spécialement chez celles qui ont eu peu de rapports avec les Européens. « Si les mêmes mouvements des traits ou du corps, dit Darwin, expriment les mêmes émotions dans diverses populations humaines distinctes, on peut en conclure avec beaucoup de probabilité que ces expressions sont les véritables, c'est-à-dire sont innées ou instinctives. »Que fait Darwin? Il rédige un questionnaire très détaillé, le fait imprimer, et en envoie des exemplaires aux quatre coins du monde : peu à peu, par l'intermédiaire de marins, de négociants, de consuls anglais, de médecins, etc., les réponses au questionnaire arrivent, et Darwin réunit une collection de faits, comme tout à l'heure, il réunissait une collection de squelettes de pigeons. Sans vouloir énumérer tous les travaux de Darwin, rappelons ses livres ou ses mémoires sur les sujets suivants : îles de corail, les îles volcaniques, les plantes grimpantes, les orchidées On sait ce que Darwin entend par la concurrence vitale et la sélection naturelle. Entre les espèces végétales, comme entre les espèces animales, la lutte pour l'existence est aussi ancienne que l'apparition de la vie sur le globe. Les espèces les moins bien douées tendent à disparaître. Ces vérités d'observations, qui sont généralement admises aujourd'hui, ont été le point de départ d'un système auquel le nom de Darwin reste attaché. II est arrivé à Darwin, comme à tous les novateurs, de voir parfois sa pensée exagérée par ses propres disciples. Hardi dans le domaine de la spéculation, cet homme éminent a été simple, modeste dans la vie privée. La science a été la grande passion de sa vie. (M. P., 1882).
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Darwin,
George Howard - Fils du précédent. Né à Down
(Kent), le 9 juillet 1845, avocat (1874), de la Royal Society (1879), professeur
d'astronomie à l'Université de Cambridge (1883). 207.
George Darwin. G.-H. Darwin a présenté à
la Société royale de Londres,
de 1879 à 1882, six Mémoires où il soumet au calcul
les effets des marées La théorie des surfaces et des couches de niveau est importante pour déterminer la figure des planètes. Green en 1835 et Chasles de 1837 à 1838 ont établi des théorèmes, dont les applications sont nombreuses, sur l'attraction des couches de niveau. Signalons les recherches sur la question de la forme d'équilibre de la Terre faites par Sir W. Thomson (Lord Kelvin) et par M. G.-H. Darwin. (Lebon, 1899). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.