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Sélim
Ier
Selim
Ier,
surnommé Yavouz (= le Cruel), né à Amassia
en 1467,
était le fils de Bayézid IIIl. Il fut un hmme de guerre sans
pitié pour ses proches parents et pour ses ministres; il aimait
les exercices violents, passait les journées à chasser, donnait
peu d'heures au sommeil, mais aussi, suivant un paradoxe que cultivèrent
volontiers les sultans ottomans, il aimait et protégeait arts. Il
lisait la nuit des ouvrages d'histoire ou des poésies persanes et
il a même laissé un recueil d'odes composées par lui
dans cette dernière langue. Avant cela, Sélim fut, du vivant
de son père, chargé du gouvernement de la province de Trébizonde,
et profita de la désignation de son frère Ahmed comme héritier
présomptif pour se rendre à Andrinople
avec une suite nombreuse solliciter un gouvernement en Europe (1511).
Son père, qui lui avait interdit de venir le trouver, céda
à ses menaces, et lui donna la province de Semendria; mais Sélim
n'en avait pas encore pris possession qu'il marcha contre les troupes de
Bayézid et fut complètement défait près de
Tchorlou; il se réfugia auprès du khan des Tatars de Crimée.
La faveur des janissaires ramena Sélim
à Constantinople
et obligea son père à abdiquer (25 avril 1512).
Son règne
débuta par le massacre de cinq de ses neveux (en particulier d'Ala-ed-din
qui s'était emparé de Brousse )
et par la défaite de ses deux frères, Korkoud et Ahmed (1513).
Korkoud, qui fut chassé de Magnésie et Ahmed, qui fut défait
à Yeni-Chéhir, près de Brousse. Comme Chah-Ismaïl,
fondateur de la dynastie des Çatavides (Séfévis) en
Perse ,
avait pris le parti d'Ahmed et accueilli ses fils Sélim, pour entraver
l'influence de sa puissance et couper court à l'envahissement des
doctrines chiites ,
officiellement professées en Perse; fit égorger ou
emprisonner pour la vie 40 000 chiites qui habitaient ses Etats. Il marcha
ensuite contre la Perse à la tête d'une armée de 140
000 hommes et 60 000 chameaux qu'il passa en revue à Sivas. Il atteignit
Ismaïl dans la plaine de Tchaldyran (23 août 1514)
et le défit complètement grâce à son artillerie;
le camp tout entier, dans lequel on trouva le trône orné de
perles
qui sera conservé comme trophée dans le Trésor impérial,
tomba aux mains des Ottomans; ceux-ci entrèrent à Tabriz ,
mais n'y séjournèrent que huit jours et se retirèrent,
contraints par les murmures des janissaires qui convainquirent Sélim
de retourner en Asie Mineure.
En 1515,
il conquit Koumakh, battit les princes de la dynastie de Zou'I-Kadrie,
punit les janissaires indisciplinés dans la personne de plusieurs
de leurs chefs, réforma leur hiérarchie, créa la charge
d'agha et celle de kulkiaya, fit établir un arsenal
pour la marine sur le conseil de son vizir, Piri pacha, pendant que le
général Biyklu-Mohammed réunissait à l'empire
les provinces de Diarbékir, d'Orfa (Urfa) et de Mossoul .
Au total, vingt-cinq beys du Kurdistan se soumirent à son
autorité.
En 1516,
Kansou
el-Ghauri, sultan d'Égypte, voulant tirer vengeance du traitement
ignominieux réservé à son ambassadeur, marcha à
la rencontre des Ottomans et fut complètement défait à
Merdj-Dâbik (24 août), près d'Alep .
Alep et toute la Syrie passèrent au pouvoir de Sélim, qui
passa l'hiver à Damas, d'où il fit envoyer une délégation
auprès du sultan mamelouk Touman Bey pour lui offrir la paix. Mais
le meurtre de ses deux ambassadeurs fit échouer les pourparlers,
et la bataille de Ridania, sous les murs du Caire
(22 janvier 1517)
fit passer l'Égypte au pouvoir des Turcs. L'énergique résistance
du brave Touman Bey ne différa que de quelques ,jours l'occupation
de la nouvelle province de l'Empire. Sélim s'empara du Caire et
en fit massacrer les habitants qui s'y révoltèrent.
A la suite de cette conquête, le chérif de la Mecque ,
Mohammed Abou'l Bérékat, lui fit remettre les clefs des deux
villes saintes Médine et la Mecque dont il devint le protecteur.
Après avoir
encore combattu en Asie Mineure le novateur Djélali (1519),
Sélim s'apprêtait à partir en guerre contre les chevaliers
de Saint-Jean de Jérusalem
établis dans l'île de Rhodes
lorsqu'il mourut d'un bubon à l'aine, sur la route de Constantinople
à Andrinople
(22 septembre 1520),
âgé de cinquante-quatre ans.
Soliman
Surnommé le
Magnifique
et le Législateur, appelé parfois Soliman II, Soliman
(Suleïman) a été appelé Soliman Ier
par les historiographes ottomans qui ne considéraient le fils de
Bayézid Ier, son homonyme, que comme
un prétendant. Né en 1495, il était fils de Sélim
Ier
et gouvernait la Magnésie lorsque la mort de son père le
rappela brusquement à Constantinople
(1520)
où il fit élever à sa mémoire la mosquée
Sélimyié. Son avénement fut le signal de la
révolte du gouverneur de la Syrie, l'ancien bey mamelouk Djanberdi-Ghazali,
qui échoua devant Alep ,
et fut tué près de Damas (1521).
Délivré de tout souci de ce côté, Suleïman
déclara la guerre à la Hongrie pour venger la mort de son
ambassadeur Behram-Tchaouch. Prenant en personne la direction des opérations,
il conquit Sabacz (8 juillet) et Belgrade
(29 août). Il assiégea ensuite Rhodes à la tête
de 100 000 hommes et d'une flotte de 300 voiles et en obtint la capitulation
au bout de cinq mois (25 décembre
1522).
L'affaire à peine réglée, il eut encore à lutter
contre son ministre Ahmed-pacha qui, nommé au gouvernement de l'Égypte,
voulut s'y rendre indépendant, mais fut trahi par Mohammed-bey et
livré par les Bédouins chez lesquels il s'était réfugié
(1523).
En 1526,
la guerre reprit avec la Hongrie; Soliman défit complètement
le roi Louis près du bourg de Mohacz. Le roi Louis étant
mort, il s'empara d'un butin immense. Le trésor royal et la bibliothèque
de Mathias Corvin tombèrent entre les mains
des vainqueurs, entrés par capitulation dans Bude
(10 septembre). Soliman y établit pour roi de Hongrie un homme de
paille, Jean Zapolya. Cependant, ces succès considérables
n'empêchèrent pas des troubles de se produire en Asie Mineure,
où les vexations du fisc amenèrent au soulèvement
des Turcomans du Itch-Il, puis la révolte de la Karamanie, où
un derviche nommé Kalender-oghlou, descendant du chéikh Hadji-Bektach,
qui avait réuni, autour de lui une foule de moines mendiants et
battu à Tokat
les troupes impériales, fut enfin défait et pris par le grand
vizir Ibrahim en personne.
La défaite
de Zapolya (1528),
vaincu par le frère de Charles-Quint,
Ferdinand, ramena les Ottomans en Hongrie; Bude fut prise de nouveau (1529),
Vienne assiégée, mais en vain; voyant ses soldats découragés
par l'héroïque défense des Impériaux, Soliman
leva le siège (14 octobre). En 1532,
il rentra en campagne, envahit la Styrie
et la dévasta. Il arriva devant Gratz et ne put s'en emparer, non
plus que de Marbourg sur la Drave; aussi il consentit bientôt à
une trêve avec Ferdinand (1533).
Le sultan se sentit alors libre de songer à la guerre de Perse ,
car il voulait enlever Bagdad
à cette puissance. Pendant que son grand vizir prenait Tabriz
(13 juillet 1534),
Soliman marchait sur la capitale des califes,
où il entra sans difficulté (31 décembre), le gouverneur
persan s'étant enfui avec toutes ses troupes. Le grand vizir Ibrahim
étant devenu trop puissant, Soliman, qui craignait une entreprise
de son commensal et favori, le fit étrangler subitement (5 mars
1536).
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Soliman
II le Magnifique.
Au retour, fut conclu
le premier traité de commerce avec la France, et cette même
année 1536,
le corsaire Khaïr-ed-dîn, surnommé Barberousse,
devenu amiral de la flotte, enleva Corfou ,
qui avait été prise par Andrea Doria, et mit fin, par l'occupation
de Tunis ,
où régnait Mouley-Hassan, à la dynastie des Beni-Hafs;
seulement cette dernière conquête ne dura que quelques mois.
Charles-Quint
rétablit bientôt le prince détrôné en
laissant une garnison espagnole à la Goulette. En 1537,
Soliman fit une campagne peu heureuse dans l'Adriatique; Khaïr-eddin
ravagea les eûtes de la Pouille, mais assiégea en vain Corfou;
Nauplie
résista également; les Ottomans ne réussirent qu'à
occuper une dizaine d'îles de l'archipel appartenant aux Vénitiens,
telles que Paros, Tipos, Yaxos. Le prince de Moldavie ,
Rarech, ayant donné des motifs de plainte à la Porte, Soliman
envahit ses États, prit Jassy et installa à la place de Rarech
son frère Étienne. L'année suivante, Soliman
envoya une flotte sur les cotes de l'Arabie, sous le commandement de Khadim-Suleïman-pacha,
gouverneur d'Égypte; cette armée navale envahit le territoire
d'Aden et, poussant jusque sur les cotes de l'Inde, enleva aux Portugais
Din pour la rendre à Béhadir-chah, prince du Guzerat.
En 1541
reprit la guerre contre l'Autriche .
Profitant de la mort de Zapolya, et tout en promettant de rendre le royaume
de Hongrie
à son fils Sigismond dès qu'il aurait atteint sa majorité,
Soliman annexa Bude (2 septembre) et Gran. Le gouverneur de l'Égypte,
Khadim-Suléïman Pacha, équipa une flotte de 70 voiles
qui enleva aux Portugais Diu ,
dans le Goudjérat. Khaïr-ed-dîn s'empara du château
de Messine, rejoignit à Marseille
la flotte française du duc d'Enghien pour aller, de concert, prendre
Nice
(20 août 1543).
D'un autre côté, les lieutenants du sultan reconquéraient
les villes de Hongrie tombées au pouvoir de Ferdinand (1544),
campagne qui se termina par une trêve de cinq ans (19 juin 1547).
Les gurres se porsuivront
encore sur tous les fronts pendant près de dix ans. Sous le prétexte
de défendre les droits du prince Séfévi Elkas-Mirza,
Suleïman recommença la guerre avec la Perse
et prit Van et Tabriz
(1548).
La Hongrie ne resta pas longtemps tranquille : le beylerbey Mohammed prit
plusieurs châteaux, mais échoua devant Temesvar (1551),
tandis que le Persan Oulama capitulait à Lippa (5 décembre);
Szegedin, surprise et pillée par les Impériaux, fut reprise
(1552),
Temesvar fut conquise par le vizir Ahmed-pacha; son gouverneur, Losonczy,
ne voulut pas survivre à sa défaite. D'autres généraux
prirent villes et châteaux, mais échouèrent devant
Erlau (Éger), dont Ahmed-pacha dut lever, le siège (18 octobre).
Après des alternatives de succès et de revers, la paix avait
été signée avec la Perse (29 mai 1555).
Le grand-amiral Pialé, qui avait succédé à
Barberousse,
conquit l'île de Djerba en Tunisie
(1564)
mais échoua complètement devant Malte
(1565).
Soliman voulut encore
diriger en personne le siège de Szigeth; sa marche avait été
pénible à cause de son grand âge (soixante-quatorze
ans); il expira le 5 septembre 1566.
Sa mort resta cachée pendant trois semaines; grâce à
ce délai, ses ministres purent pousser avec vigueur le siège
de la ville, s'en emparer (8 septembre) et permettre à son fils
Sélim, d'accourir de Kutahia à Istanbul pour son avènement
(24 septembre ). Le règne de Suleïman aura marqué le
point culminant de la puissance ottomane, mais avec lui, le régime
commence à se miner de l'intérieur. Les sultans, après
lui, de plus en plus s'isolés; ignoreront de plus en plus le monde
extérieur, et, livrés aux intrigues du palais et du harem,
laisseront les charges du pouvoir au grand vizir. Les successions devindront
incertaines, dépendant des caprices des ulémas et des janissaires.
Dès cette époque aussi, est déjà en place le
système déplorable de la vénalité des charges
publiques, introduit dans les moeurs publiques par le grand vizir Roustèm-pacha,
créature de la sultane Khourrèm (Roxelane). Il produira tout
son effet sous ses successeurs et amenera l'inexorable décadence
de l'empire ottoman.
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La part de
lumière
Soliman
fut aussi un grand constructeur. Il fit élever, à Constantinople
/ Istanbul ,
la belle et grande mosquée qui porte son nom (Suléimanyé),
chef-d'oeuvre de l'architecture ottomane, dérivé du type
de Sainte-Sophie, celle de son père Sélim,
celle du prince Djéhanquir, à Fondoukli, celles des sultanes
Mihrimah et Khasséki, l'aqueduc des Quarante-Fontaines; il orna
de somptueux mausolées les tombeaux du grand imam
Abou-Hanifa et du chéikh Abd-el Kader Guilani, à Bagdad,
du fondateur de l'ordre des derviches tourneurs Djélal-eddin Roumi,
à Konya .
Il
se livrait par ailleurs à la composition littéraire et publia
des oeuvres poétiques sous le pseudonyme de Mouhibbi; mais sa gloire
dans cet ordre d'idées fut vite effacée par celle du grand
poète lyrique Baki et même par celles des poètes d'un
rang relativement secondaire, tels que Khiali, Fouzouli, Fikri et Lamiï.
Il
avait un esprit essentiellement organisateur, et ce sont les lois et règlements
édifiés sous son règne qui lui valurent le titre de
kanouri
(législateur) il établit des règles pour l'avancement
dans le corps hiérarchique de l'Uléma, créa trois
classes de janissaires (en activité,
vétérans, invalides), réforma les abus qui s'étaient
glissés dans le régime de la cavalerie feudataire (timar
et ziamet), rendit des ordonnances classant définitivement
les diverses sortes de propriétés territoriales, en fondant
ses décisions sur les fetvas (fatwas) rendus par le
chéikh ul-Islam Abou'-s-Sooûd; ces ordonnances, réunies
en un corpus par le defterdar Mohammed Tchélébi l'année
même de la mort du sultan, forment le
Kanoun-Nâmé (= code des règlements). Il divisa
le territoire en 24 gouvernements comprennant 150 sandjaks. |
Sélim
II
Sélim,
surnommé
Mest (= l'Ivrogne), fils du sultan Soliman, était
né en 1524.
Il était chargé du gouvernement de Kutahia lorsque son père
mourut, le jour même de la prise de Szigeth (5 septembre 1566).
Prévenu par un courrier, il se rendit en hâte à Constantinople
où personne ne l'attendait; il rejoignit l'armée de Hongrie
à Belgrade et la ramena dans la capitale où il fut contraint,
à la suite d'une sédition des janissaires, de leur donner
une gratification malgré la pénurie da trésor. II
garda comme grand vizir Mohammed Sokolli que lui avait légué
Soliman. II conclut avec Maximilien, empereur d'Allemagne, une trêve
de huit ans (17 février 1568),
envoya en 1569
Mahmoud bey demander à Charles IX, roi
de France, la main de sa soeur marguerite pour le prince Sigismond de Transylvanie,
et un autre ambassadeur, Ibrahim, pour porter le traité de commerce
qui venait d'être conclu avec Claude du Bourg.
Le début du
règne de Sélim II fut surtout marqué par la conquête
du Yémen sur Moutahhar, qui appartenait à la secte hérétique
des Zéïdis ou Zéilites
(1569)
et
avait pris le titre de calife; la prise de Sanaa par Sinan Pacha et la
reddition du château de Kaukéhan (18 mai 1570)
obligèrent Moutahhar à reconnaître la suzeraineté
de la Porte.
L'île de Chypre
fut enlevée aux Vénitiens par le sérasker Lala-Moustafa
et l'amiral Pialé. En 1571,
les sièges de Nicosie et de Famagouste, placé sous le commandement
de Bragadino, furent terribles. Mais la flotte ottomane fut
entièrement détruite à Lépante par les forces
combinées de l'Espagne, de Venise
et des États du pape, commandées par Don Juan
d'Autriche (7 octobre 1571).
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La bataille
de Lépante
Même
si le déclin de l'empire Ottoman ne s'amorcera véritablement
qu'à partir du XVIIe siècle, la bataille de Lépante,
en mettant fin au prestige des armes ottomanes, qui perdirent la supériorité
sur mer, en est déjà la préfiguration. C'est dès
l'aube ensoleillée du 7 octobre 1571, au large du cap Schrophia,
entre Lépante et Ithaque ,
qu'elle fut livrée. La flotte chrétienne équipée
par l'Espagne, le pape Pie V et Venise ,
commandée par don Juan d'Autriche,
comptait 250 navires montés par Antonio Colonna,
Andrea Doria, Barberigo, Sch. Veniero, etc. Côté turc, le
capoudan-pacha Mouezzin-Zadé-Ali en comptait un nombre beaucoup
plus grand; il attendit l'attaque le long de la côte de Morée;
on se battit avec acharnement, à l'abordage : la mort du capoudan-pacha
et la prise de son vaisseau décidèrent la victoire des alliés;
ils perdirent 15 galères et 8000 hommes et eurent quantité
de blessés, parmi lesquels le futur auteur de Don Quichotte ,
Cervantès,
qui perdit un bras. Mais il n'échappa que 40 galères musulmanes,
30 000 Turcs périrent dans ce carnage. 4 500 esclaves chrétiens
attachés à la chiourme furent délivrés. L'effet
moral de ce succès fut immense chez les Chrétiens, même
si, concrètement, les effets immédiats furent minimes. Lépante
fut repris aux Turcs qui ne l'enlevèrent tout à fait aux
Vénitiens qu'en 1699. Le 27 mars 1829, les Grecs en
prirent possession.
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Lépante
a été la dernière bataille navale impliquant des galères
à rames.
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Sélim signa
finalement la paix avec Venise
(7 mars 1573)
et reprit Tunis et la Goulette sur les Espagnols (1574).
Ayant été saisi par l'humidité des murs en visitant
une salle de bains qu'il faisait construire dans son palais, il but un
flacon de vin de Chypre, pour lequel il avait un goût immodéré,
et tomba; pris d'une fièvre violente, il mourut à cinquante
ans (12 décembre 1574).
Les succès de ce prince incapable sont dus au grand vizir Mohammed
Sokolli, lequel continua, au début du règne suivant, d'être
le vrai maître de l'Empire jusqu'en 1579,
date à laquelle il fut assassiné sur l'ordre du sultan en
titre Mourad III.
Mourad
III
Fils aîné
et successeur de Sélim lI, Mourad
était né en
1546.
Parvenu au trône dès 1574,
il fit d'abord périr ses cinq frères, renouvela les traités
avec les puissances européennes, puis se débarrassa comme
on vient de le dire su fameux grand vizir Mohammed Sokolli, qui était
depuis quatorze ans le vrai chef de l'empire. Il se plongea ensuite dans
les plaisirs du harem, surtout préoccupé d'amasser des trésors.
Se seront donc ses lieutenants qui menèrent les campagnes militaires
qui marqu-rent son règne. Ceux -ci soumirent les Maronites du Liban,
le khan rebelle de Crimée, et soutinrent la grande guerre de Perse
(1576-90).
Cette entreprise conduisit les troupes ottomanes jusqu'en Géorgie;
une bataille acharnée qui dura pendant toute une nuit porte le nom
de bataille des torches (1583).
Osman Pacha, nommé grand vizir et généralissime, envahit
une partie de l'Azerbaïdjan, avec l'appui des tribus nomades d'origine
turque établies sur le territoire persan; la prise de Ghendja décida
le chah à conclure une paix qui laissait aux Ottomans Tabriz
et le Chirvan
(1590).
L'altération
des monnaies provoqua une insurrection des janissaires
qui, pour avoir obtenu l'exécution du trésorier et du commandant
militaire, leur inspira la plus grande confiance en eux-mêmes et
les convainquit de l'étendue de leur pouvoir; aussi, à partir
de ce moment, la désorganisation se met dans l'Empire, et des révoltes
continuelles éclatent. Pour occuper les troupes, on reprit donc
la guerre avec la Hongrie, mais les armes ottomanes n'éprouvèrent
que des désastres. Le gouverneur de Bosnie, Hassan, fut battu et
tué devant Sissek, sur la Koulpa, le pacha de Bude battu à
Stuhlveissenburg; le grand vizir Sinan échoua devant Komoru; la
détection des voïvodes de Valachie
et de Moldavie
et de Transylvanie
compléta l'échec des Turcs dont le règne de Mourad
III commença la décadence.
Le sultan mourut
de mélancolie le 16 janvier 1595.
Sous son règne, l'ambassadeur Jacques de Germiny avait obtenu le
renouvellement des capitulations avec la France (1581).
(Cl.
Huart / A.-M. B.).
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En
librairie - André Clot,
Soliman le Magnifique, Fayard, 1983. - Willy Sperco, Roxelane, épouse
de soliman le magnifique, Nouvelles éditions latines. - Robert
Mantran, Istanbul au temps de Soliman le Magnifique, Hachette, 1994.
Frédéric
Tinquely, L'Ecriture du Levant à la Renaissance, enquête
sur les voyageurs français dans l'empire de Soliman le Magnifique,
Droz, 2000.
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