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Colonna

Colonna. - Famille illustre d'Italie, originaire du bourg de Colonna, près de Rome, et fameuse par sa lutte contre les Orsini, a fourni plusieurs personnages célèbres, entre autres un pape, Martin V (Othon Colonna). Les plus connus sont :
Colonna (Aegidius), ou Gilles de Rome, surnommé doctor fundatissimus et theologorum princeps, né à Rome en 1247, mort en 1316. Disciple de Saint Thomas, il enseigna avec éclat dans l'université de Paris, devint général des Augustins et archevêque da Bourges en 1295. Il fut chargé en 1278 de l'éducation de Philippe le Bel, et composa pour ce prince le traité De regimine principum, Rome, 1492. Il ne s'en montra pas moins attaché au Saint-Siège dans la querelle du roi et de Boniface VIII; c'est même à lui qu'on attribue la rédaction de la bulle Unam sanctam, ainsi qu'un traité De ecclesiastica potestate. Il a laissé plusieurs ouvrages de philosophie et de théologie. Il était zélé thomiste et réaliste.

Colonna (Jacques), créé cardinal par Nicolas III, fut comblé de faveurs par Nicolas IV, proscrit avec toute sa famille par Boniface VIII, à l'élection duquel il s'était opposé, et réintégré dans ses dignités en 1305 par Clément V, à l'intercession de Philippe le Bel. Il mourut en 1318.

Son frère, Sciarra Colonna, qui commandait à Palestrina, fut comme lui proscrit par Boniface VIII, et ne dut également son salut qu'à Philippe le Bel. Celui-ci l'associa à Guillaume de Nogaret pour aller enlever le pontife, dont Sciarra avait eu lui-même à se plaindre : c'est lui qui souffleta Boniface VIII de son gantelet de fer dans Anagni, 1303.

Colonna (Étienne), frère des précédents, créé comte de Romagne par Nicolas IV en 1290, se rattacha au parti des Guelfes, qu'avait combattu sa famille, et en fut le chef à Rome jusqu'en 1347, époque à laquelle il fut chassé de cette ville par Rienzi.

Son fils, Jacques Colonna, évêque de Lombez, fut l'ami et le protecteur de Pétrarque.

Colonna (Prospero), arrière-neveu du pape Martin V (Othon Colonna), s'acquit une réputation de grand général dans la guerre contre Charles VIII, roi de France, qui avait envahi le royaume de Naples, 1495, et seconda Gonsalve. Entré depuis au service du duc de Milan, il fut battu et pris par les Français à Villafranca en Piémont, 1515; mais il les battit à son tour à la Bicoque et prit Gênes, 1522.

Colonna (Marc Antoine), duc de Palliano, commandait 12 galères pontificales à la bataille de Lépante (1571), où l'Espagne, Venise et Rome luttèrent contre les Turcs. Il fut ensuite vice-roi de Sicile pour Philippe II. Il mourut en 1584.

Colonna (Vittoria), marquise de Pescaire, fille de Fabrice Colonna, grand connétable de Naples, née en 1490, morte en 1547, épousa François d'Avalos, marquis de Pescaire, général de Charles-Quint. Elle cultiva la poésie avec succès et se plaça au rang des plus heureux imitateurs de Pétrarque. Elle ne se rendit pas moins célèbre par son amour conjugal : devenue veuve, elle déplora dans ses vers la mort de son époux. Ses oeuvres ont été réunies à Parme, 1538, et à Rome, 1840 (par P. E. Visconti).

Colonna (Francesco Maria Pompeo), philosophe hermétique, né en Italie vers 1649, mort à Paris en 1726. L'un des plus savants alchimistes de son temps, il fut de ceux qui, tout en cherchant la pierre philosophale et l'élixir de longue vie, préparèrent l'avènement de la chimie moderne. 

Ses ouvrages, très nombreux, forment comme une encyclopédie des sciences occultes. Voici les principaux : Introduction à la philosophie des Anciens (1698); les Secrets les plus cachés de la philosophie des anciens découverts et expliqués, sous le pseudonyme de Crosset de Haumeric (1722); Abrégé de la doctrine de Paracelse et ses archidoxes, avec une explication de la nature des principes de la chimie (1724); les Principes de la nature selon les opinions des anciens philosophes, ou Abrégé de leurs sentiments sur la décomposition des corps (1725); Nouveau Miroir de la Fortune, ou Abrégé de géomancie (1726); Principes de la nature et de la génération des choses (1731); Histoire naturelle de l'univers, dans laquelle on rapporte les raisons physiques sur les effets les plus curieux et les plus extraordinaires de la nature (1734, 4 vol.) ouvrage publié, comme le précédent, par son disciple, Gosmond. 

On attribue encore à Francesco Colonna les ouvrages suivants parus sous le nom d'Alexandre Lecrom : Plusieurs Expériences utiles sur la médecine (1719); Vade-mecum philosophique (1749); Suite des Expériences utiles (1725). (R. G.).

Colonna (Fabio), Fabius Columna, botaniste né à Naples en 1567, mort en 1650 (La botanique au XVIIe siècle). Epileptique depuis son enfance, il étudia les anciens auteurs pour y découvrir quelque remède propre à guérir sa maladie. Il tomba sur le Phy de Dioscoride, le prit pour la valériane officinale, et finit, en l'employant, par se débarrasser de ces accès d'épilepsie. La maladie avait fait de lui un botaniste et devait en faire un peintre et un graveur. En effet, il dessina lui-même ses plantes, et en fit la description dans un ouvrage qu'il publia à 25 ans, sous le titre de Plantarum aliquot antiquorum delineationibus magis respondentium Historia (Naples 1692), avec 36 planches, qui passent à tort pour les premières qui aient été gravées sur cuivre; une nouvelle édition parut à Milan en 1744, avec des annotations de Plancus, professeur à Sienne. Cet ouvrage du jeune auteur, qui était membre de l'Académie des Lyncei, est un des meilleurs commentaires de Théophraste, de Dioscoride et de Pline. On a aussi de Colonna d'autres traités de botanique où plusieurs plantes sont décrites pour la première fois, et il s'est également intéressé à la zoologie et aux fossiles (La géologie au XVIIe siècle).
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