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Barnave
(Antoine P.-J.-Marie), né à Grenoble
en 1761 de parents protestants, était
avocat dans cette ville lorsque la Révolution
éclata. Il en adopta les principes avec chaleur, et fut nommé
député aux états généraux. Il rivalisa
d'audace oratoire avec Mirabeau en plusieurs
circonstances. A l'indignation que souleva dans l'Assemblée le meurtre
de Foulon et de Bertier, il répondit en s'écriant :
«
Le sang qui coule est-il donc si pur! »
Il fonda la Société des amis
de la Constitution, qui devint le club
des Jacobins. L'ambition de jouer le rôle de rival de Mirabeau
alimentait l'exaltation de ses idées : elle se calma à la
mort du géant de la tribune, en 1791. Après l'arrestation
de la famille royale à Varennes ,
Barnave fut un des commissaires envoyés à sa rencontre pour
la ramener à Paris .
La vue de la dignité que le roi et la reine gardaient dans le malheur
fit du jeune tribun un défenseur de la royauté. Il perdit
aussitôt la faveur populaire.
Après la session de l'Assemblée
constituante, Barnave se retira à Grenoble. Mais, la correspondance
qu'il avait entretenue avec la cour avant été saisie aux
Tuileries
le 10 août 1792, il
fut arrêté, conduit à Paris, et condamné à
mort en novembre 1793 par le tribunal
révolutionnaire. |
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