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Casanova

Carlos Casanova est un graveur et peintre espagnol, né à Ejea de los Caballeros, en Aragon, dans les premières années du XVIIIe siècle, mort à Madrid en 1762. Après avoir étudié les premiers principes de son art à Saragosse, il vint à Madrid où il obtint la charge de peintre de la Chambre sous le règne de Ferdinand Vl. Il n'a laissé qu'un petit nombre de peintures. Cean Bermudez n'en mentionne aucune, alors qu'il cite quelques-unes des gravures au burin dont Casanova est l'auteur. Il désigne entre autres et avec éloges les portraits de Ferdinand VI, du Père Miguel, de l'ordre des Trinitaires, offrant au pape Benoît XIV son ouvrage intitulé Biografia critica; une de ses meilleures productions est l'estampe qu'il grava d'après le Saint Augustin, tableau de Sébastien de Herrera, qui décorait le maître-autel du couvent des Récollets à Madrid. Il est également l'auteur des planches gravées qui accompagnent les relations de voyages de Jorge Juan et de Antonio Ulloa. Casanova eut un fils, qui fut son élève et qui se consacra aussi à la gravure au burin; puis il se fit graveur en médailles et mourut à Mexico, où il occupait l'emploi de directeur de la monnaie. (P. L.).
Giacomo Girolamo Casanova de Seintgalt  est un célèbre aventurier italien, né à Venise le 2 avril 1725, mort à Dux ou Duchcov (Bohème) en 1798 ou peut-être en 1803, après une vie des plus agitées. Ses ancêtres, originaires d'Espagne, avaient subi les vicissitudes de fortune les plus étranges. Son père, après beaucoup d'aventures, se fit comédien et épousa la fille d'un cordonnier. Lui-même, véritable Protée, pratiqua tous les métiers, vécut dans toutes les conditions, déploya souvent les qualités d'un esprit véritablement supérieur, pour retomber ensuite dans les plus louches intrigues où il aimait à dépenser son intelligence et son énergie. Ses premières années se passèrent en Italie. Il quitta successivement l'église à laquelle ses parents le destinaient, à la suite de scandales dont il donna l'exemple à Venise puis à Rome; et l'armée à cause des passe-droits dont il fut victime. Ruiné au jeu, il devient tour à tour violon dans un théâtre de Venise, secrétaire d'un riche Vénitien auprès duquel il se fait passer pour un profond magicien. Un procès le menace; il part pour Vérone et passe dans toutes les grandes villes de l'Italie du Nord. Arrivé en France en 1750, il est mis en relation avec tous les beaux esprits du temps et recommence auprès de la duchesse de Chartres les expériences de cabale et de magie qui avaient failli lui coûter la vie à Venise. Après avoir passé par Dresde, où il retrouve sa mère actrice, et par Vienne, il revient à Venise. Sa captivité sous les plombs du palais des Doges est l'épisode le plus intéressant de sa vie. Il réussit à en sortir, mais au prix de combien d'intrigues, de souffrances et d'efforts! Il en a fait le récit très émouvant dans ses Mémoires. On voit, en les lisant, de quoi Casanova était capable. 

Son évasion lui donna une réputation dont il sut profiter. Sur la recommandation de Bernis, il se fit passer auprès de Choiseul pour un grand financier. Il réussit à faire accepter de Pâris Duverney un plan de loterie royale. Au bout de peu de mois, il sollicite des missions secrètes, d'abord à Dunkerque, où il fait un relevé détaillé de l'état de la flotte, puis en Hollande, où il cherche à négocier un emprunt pour le gouvernement français. Pendant ses courts séjours à Paris, il continue de mener grand train et achève de se rendre célèbre par ses bonnes fortunes. Mais il échoue dans une spéculation d'impressions sur étoffes de soie à laquelle s'était intéressé le prince de Conti.
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Cananova, par Raphaël Mengs.
Portrait supposé de Giacomo Casanova, par Anton Raphael Mengs (ca. 1760).

Victime de vols importants, de procès dangereux, emprisonné pendant quelque temps à For-l'Evêque et menacé d'une autre incarcération en Hollande, il quitte Paris pour l'Allemagne et la Suisse (1759), offense Voltaire par sa suffisance et ses contradictions, mêlant partout l'amour aux affaires et à l'intrigue. Il paraît en quelques mois en Italie, en France et en Allemagne, extorque de l'argent à la trop confiante marquise d'Urfé, sa dupe ordinaire, à laquelle il faisait espérer de la régénérer sous la forme d'un beau jeune homme, se fait chasser de Londres pour avoir escompté une fausse traite qu'il n'avait d'ailleurs pas fabriquée. A Tournay, il rencontre le prétendu comte de Saint-Germain qui faisait comme lui-même à ses moments perdus le métier de thaumaturge; à Berlin, il refuse, après une entrevue avec Frédéric II, le poste trop sédentaire d'instituteur des grenadiers de Potsdam; il parcourt la Russie, qu'il ne connaissait pas encore; il gagne la faveur du roi Pologne; mais se fait chasser de ce pays à la suite d'un duel où il avait cruellement blessé le grand chambellan Branicki et au moment où peut-être le roi Stanislas allait lui confier un poste élevé. Il se fit chasser de même presque aussitôt de Vienne et de Paris comme de Venise, de Florence, d'Angleterre et de Varsovie auparavant. 

« Je ne sais quelle fatalité me poursuivait à travers les capitales de l'Europe. »
Comment s'en étonner s'il provoquait partout les puissants, suscitait à tous de mauvaises querelles et ne laissait après lui que dettes et procès? En Espagne, il mêle aux aventures tragiques les intrigues galantes et pendant quatorze ans il vit alternativement en France et en Italie, toujours à la recherche de la fortune qu'il croit souvent tenir et qui lui échappe à cause de son, caractère aventureux et de son défaut de suite (1768-1774). 
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Le Casanova de Fellini (affiche du film).
Le Casanova de Fellini, affiche du film réalisé en 1976.

Ici cessent les mémoires de Casanova, et les renseignements sur ses dernières années sont fournis par la correspondance du prince de Ligne. Il les passa en Bohême, au château de Dux, comme bibliothécaire du comte de Waldstein. Casanova vieilli, las de courir les grands chemins dans le décousu d'une vie d'aventures, avait compris la nécessité de se fixer. Il y vécut dans un désordre d'idées voisin de la folie, tantôt accablant son bienfaiteur de récriminations aussi violentes qu'imméritées, tantôt lui prodiguant les plus touchantes protestations de repentir. 

« J'ai vécu en philosophe (il aurait dû dire en charlatan de la philosophie); je meurs en chrétien, dit-il à ses derniers moments ». 
Il est probable qu'il est mort à Dux le 4 juin 1798. 

Outre ces Mémoires qui donnent l'histoire détaillée de toutes ses aventures jusqu'en 1774, Casanova est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels il faut citer : Confutazione della storia del governo Veneto d'Amelot de la Houssaye (Amsterdam, 1769, in-4); Istoria delle turbulente della Polonia (1762-1774; Goritz, 1774, in-8); l'Iliade d'Homère en octaves (Venise, 1778, 4 vol. in-4); Icosameron (Prague, 1788-1800, 5 vol. in-8); Solution du problème déliaque (Dresde, 1790, in-4).  (H. Vast).



Casanova, Histoire de ma fuite des prisons de Venise qu'on appelle les Plombs, Grand Caractère, 2007. - Casanova (1725-1798) relate dans ces pages étonnantes sa plus extraordinaire aventure : sa fuite des prisons de Venise, exploit que l'on tenait pour impossible. Sur ordre des Inquisiteurs qui le suspectent d'alchimie - n'est-il pas en possession de la Cabale, de La Clavicule de Salomon et du Picatrix? -, Casanova est arrêté à Venise le 26 juillet 1755 ; il a 30 ans. Il est alors enfermé dans la terrible prison dite des Plombs, car située sous les toits en plomb du Palais des doges. Ignorant le motif exact et la durée de sa peine, il y séjourne quinze mois avant de parvenir à s'en évader, le 1er novembre 1756. Cette évasion incroyable le rend célèbre dans l'Europe entière. En un récit non dénué d'humour, Casanova décrit les conditions éprouvantes de sa détention, le cortège de tourments physiques et moraux qui l'accompagnent, ainsi que les trésors de patience et d'ingéniosité dont il doit faire preuve pour survivre, d'abord, puis s'échapper enfin. (couv.).

Les Mémoires de Casanova ont d'abord été publiés de 1826 à 1838 par la célèbre maison Brockhaus de Leipzig, malheureusement avec de nombreuses retouches dues à l'éditeur Jean Laforgue. On les a considérés d'abord comme un tissu de mensonges. Les travaux d'Ancona en Italie, d'Armand Baschet et de Charles Henry en France, ont rétabli la vérité. On sait maintenant que les erreurs de Casanova sont involontaires et portent sur des faits ou des dates sans importance. Les faits souvent étranges qu'il raconte se trouvent confirmés par toutes les contre-enquêtes auxquelles ils ont donné lieu.

Les rares altérations de la vérité sont dues le plus souvent aux maladroits arrangements de Jean Laforgue. Cependant Casanova n'a pas tout dit. D'ailleurs, ses mémoires s'arrêtent en 1774. A partir de cette date, il est forcé de se livrer pour vivre aux métiers les plus avilissants, comme celui d'espion des inquisiteurs d'Etat à Venise. Mais il a laissé des documents manuscrits qui permettent de reconstituer les dernières années de sa vie. 

Francesco Giusseppe Casanova est un peintre et graveur italien, né à Londres en 1730, mort à Brühl près Vienne (Autriche) en 1805. Frère du précédent, il vint fort jeune à Venise, dont ses parents étaient originaires, et y fit ses premières études, dirigé par Guardi et par Simonelli. Vers 1751, il partit pour Paris, où son talent déjà formé lui valut le patronage et les conseils de Parrocel et, après un fructueux voyage d'études en Allemagne, l'Académie royale de peinture lui ouvrit ses portes (1763). 

Cet artiste plein de verve, de fougue et de hardiesse, peignit principalement des combats de cavalerie, des scènes de chasse et parfois des sujets de genre ou des paysages; il reçut quantité de commandes, chèrement payées, surtout du prince de Condé et de l'impératrice Catherine II, mais la prodigalité et le faste qui étaient innés chez lui l'empêchèrent néanmoins de s'enrichir, et il dut même, pour se soustraire à ses créanciers, quitter Paris et se réfugier à Vienne.
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Casanova : Bataille de Chrétiens et de Turcs.
Bataille de cavaleries, par Fracesco Casanova.

Parmi les quatre tableaux de Casanova que possède le Louvre, deux toiles représentent les Victoires du grand Condé sur les Bavarois et les Espagnols, et les deux autres des paysages avec animaux. (Ad. T.).

Giovanni Battista Casanova est un peintre et critique italien, frère cadet des précédents, né à Venise en 1732, mort à Dresde en 1795. Peintre médiocre d'histoire et de portraits, il fit ses études à Rome, sous la direction de Raphaël Mengs, et se lia dans son atelier avec Winckelmann, dont il illustra certains ouvrages; il ne partagea cependant jamais l'admiration trop exclusive de son ami pour l'Antiquité et sut se tenir dans un sage éclectisme. Nommé directeur et professeur de l'Académie des beaux-arts à Dresde, il contribua, moins par son pinceau que par ses enseignements et ses écrits, à développer le goût artistique en Allemagne. Ses dissertations sur les monuments de l'art ancien ont longtemps autorité dans ce pays; éditées primitivement en italien, plusieurs ont été traduites en allemand (Leipzig, 1771). (Ad. T.).
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Giovanni Casanova.
Giovanni Casanova (1732-1795).
Antonio Casanova y Estorach est un peintre espagnol né à Tortosa (province de Tarragone) le 9 août 1847, mort à Paris le 22 décembre 1896. Il fut l'élève de F. de Madrazo, Carlos Ribera et de l'école des beaux-arts de Barcelone. En 1866, il prenait part à l'exposition faite dans cette ville avec un tableau d'histoire représentant Alphonse VIII, haranguant ses soldats avant de livrer la bataille de Las Navas, pour lequel il obtint une mention honorable. L'artiste figura à l'Exposition universelle de 1878, à Paris, avec deux tableaux de genre : l'Atelier d'un peintre et le Chocolat. Fixé à Paris, il exposa régulièrement aux Salons annuels. (P. L.).
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Casanova y Estorach : l'Audience.
L'Audience, d'Antonio Casanova y Estorach.
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Dictionnaire biographique
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