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| La découverte du Ciel | ||
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Jalons |
L'Antiquité
Astres ou météores?
Pour démontrer que les comètes sont des objets sublunaires, le philosophe pouvait s'appuyer sur le fait que ces objets sont imprévisibles et qu'ils ont une forme irrégulière, contrairement aux astres dont le cours est prévisible et la forme sphérique. Les comètes appartiennent donc à la TerreCette opinion fut adoptée avec enthousiasme par beaucoup. Et, en particulier par des astronomes tels que Posidonius et surtout Ptolémée. Mais il existait également des partisans de l'hypothèse cosmique. Anaxagore (470 av. J.-C.) prétendait qu'indépendamment des planètes connues, il en existait beaucoup d'autres très petites, dont quelques-unes, en se rencontrant, se réunissaient et formaient une comète. C'était également l'avis de Démocrite (410 av. J.-C.). Hippocrate (100 av. J.-C.) y voyait des planètes et dans leurs queues il croyait trouver des vapeurs aqueuses attirées par le corps de la comète et capables de réfléchir la lumière du Soleil. Strabon (288 av. J.-C.) regardait une comète comme la lumière de quelque astre enfermé dans un nuage, au travers duquel passaient les rayons de cette lumière, comme une bougie brille dans une lanterne. Sénèque, en l'an 32 de l'ère chrétienne, défendait lui aussi dans ses Questions naturelles l'idée selon laquelle les comètes étaient comparables aux planètes, et pouvaient comme elles être sujettes à des cycles. « Pourquoi donc, écrit-il, nous étonner que des comètes, dont le monde nous offre si rarement le spectacle, ne soient pas encore soumises à des lois fixes, que nous ne sachions pas où commence et jusqu'où va une course dont le retour ne se fait qu'à d'immenses intervalles? [...] Le temps viendra où une étude attentive et poursuivie pendant des siècles fera le jour sur ces phénomènes de la nature. Soyons satisfaits de ce que l'on a déjà découvert et permettons à nos descendants d'apporter aussi leur contribution à la connaissance de la vérité. »Il parla aussi d'une comète « anxieusement observée par tout ce qu'il y avait d'yeux au monde, à cause de la grande catastrophe qu'elle amena dès qu'elle parut, la submersion de Bura et d'Hélice, deux villes d'Achaïe. »C'est que malgré le caractère apparemment avant-gardiste de certaines de ses idées, Sénèque continuait toujours de voir dans les comètes des dépositaires des "lois de l'Univers" (entendez celles de l'astrologie). |
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| Les
comètes et destin des Romains.
On trouve dans Pline l'Ancien un curieux passage sur l'influence des comètes dans l'Antiquité, et plus particulièrement à Rome. Mais d'autres auteurs abordent la même thème. Ainsi, Lucain, dans la Pharsale « Le ciel menaçant couvrit de prodiges les terres, l'éther, la mer. Les nuits obscures virent des astres inconnus, le pôle embrasé et des torches volant obliquement du ciel à travers le vide, la queue d'un astre redoutable, la comète qui sur terre bouleverse les royaumes... »Quatre ans plus tard, au cours de la semaine de septembre 44 avant notre ère, où l'on commémore la mort de Jules César assassiné en mars, un autre comète est observée. Ovide imaginera dans les Métamorphoses qu'il s'agissait de l'âme du dictateur. « Vénus |
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| Le
Moyen Âge
Phénomènes
physiques...
Un peu plus tard, Robert Grosseteste (1175-1253), en Angleterre, met en oeuvre sa "méthode de falsification" (qui consiste simplement à éliminer les hypothèses qui conduisent à des conclusions fausses) pour démontrer - on reprend ici la présentation qu'en a faite faite G. Beaujouan - que la queue des comète n'est due ni à la réflexion par l'astre d'un faisceau de rayons solaires, ni à l'inflammation de fumées, ni à un agglomérat d'étoiles comme la Voie Lactée, ni même à des feux sublunaires s'allumant spontanément. La conclusion à laquelle il aboutit n'en est pas pour autant très claire : "La comète, écrit l'évêque de Lincoln, est un feu sublimé séparé de la nature terrestre et assimilé à la nature céleste, spécialement à celle des sept planètes" [a]. ... ou présages?
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[a] G. Beaujouan, La science dans l'occident médiéval chrétien, in R. Taton, La science antique et médiévale (1957). | |
| D'Ambroise
Paré à Molière
Épée de feu, croix sanglantes, poignards enflammés, lances, dragons, gueules, et autres dénominations du même genre, leur sont données au Moyen âge et à la Renaissance. Et la croyance au caractère néfaste des comètes se perpétue sur des bases similaires à celles des époques précédentes. Ambroise Paré, par exemple, rapporte, dans un texte consacré aux Monstres Célestes, la terreur inspirée par la comète de 1528 : « Cette comète étoit si horrible et si espouvantable et elle engendroit si grand terreur au vulgaire; qu'il eu mourut aucuns de peur; les autres tombèrent malades. Elle apparoissoit estre de longueur excessive? et si estoit de couleur de sang; à la sommité d'icelle, on voyoit la figure d'un bras courbé, tenant une grande espée en la main, commel s'il eust voulu frapper. Au bout de la pointe, il y avait trois estoiles. Aux deux costés des rayons de cette comète, il se voyoit grand nombre de haches, cousteaux, espées colorées de sang, parmi lesquels il y avoit grand nombre de faces humaines hideuses, avec les barbes et les cheveux hérissez. »Mais, d'un autre côté, les astronomes se préoccupent aussi de ces objets avec leurs propres outils et leurs propres questionnements. Fracastor (Homocentrica, 1538) revient à l'hypothèse astronomique. Et tente d'expliquer le mouvement des comètes à partir de celui des sphères auxquelles sont supposés être accrochés les astres. Jérôme Cardan (1501- 1576) est le premier à proposer d'utiliser la parallaxe des comètes pour connaître leur distance. Mais bien que Cardan ait également reconnu l'absence d'une telle parallaxe, signifiant que les comètes devaient être des astres lointains, plus distants que la Lune, c'est aux mesures de la parallaxe de la comète de 1577 par Tycho Brahé et, indépendamment par Maestlin, dont la qualité était autrement plus convaincante, que l'on fait généralement remonter cette conclusion. Les ralliements à la thèse astronomique seront relativement nombreux à partir de cet instant, mais pas unanimes. A propos des comètes, Galilée, par exemple, est resté prisonnier de la conception aristotélicienne. Et contre l'opinion qui désormais était celle de l'Église, continua d'affirmer que les comètes sont des phénomènes atmosphériques. Kepler (1571 - 1630) hésita. D'abord, il trouva raisonnable que, comme la mer a ses baleines et ses monstres, l'air eût aussi les siens. Ces monstres étaient les comètes, et il s'essaya à expliquer comment elles devaient être engendrées de l'excrément de l'air par une faculté animale. Mais, ralliant finalement l'opinion la plus généralement admise désormais, L'astronome entreprit ensuite de spéculer sur la nature de ces objets qu'il ne considérait plus que comme de simples astres. Il les considérait formés de la matière céleste, dont quelques parties se détachent, s'arrondissent, reflètent la lumière du Soleil, se promènent et se dissipent. Snellius (1591 -1626) en faisait de petits éclats de Soleil, Gassendi (1592-1655) croyait qu'elles peuvent être des planètes. Descartes (Principes de Philosophie, 1644) pensait que ce sont des soleils qui s'éteignent; n'ayant plus la force de conserver le centre de leurs propres tourbillons, ils tombent dans les tourbillons voisins; là ils errent au hasard jusqu'à ce qu'ils se rallument et redeviennent Soleils. Cette dérive supposée d'un tourbillon à un autre rendait possibles les collisions entre les astres et fit songer un temps à la possibilité des pires catastrophes. On s'en moqua cependant assez vite, à l'instar de Molière, qui, au début de la scène III du quatrième acte des Femmes savantes (1672), fait dire à un imbécile : « Je viens vous annoncer une grande nouvelle :Pour les amateurs de désastres annoncés, ce n'était que partie remise. |
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